18 octobre 2009
Porcupine Tree, Olympia, 13/10/2009

J'ai le sentiment d'avoir tout dit sur le groupe, car les concerts n'ont pas manqué ces dernières années dans notre belle capitale (Elysée-Montmartre en 2006, Cigale puis Olympia en 2007).
Le plaisir de les retrouver pour la deuxième fois à l'Olympia semblait partagé puisque Steven Wilson s'est encore fendu d'un petit speech sur l'honneur que cela représente pour son groupe de jouer dans une salle si mythique ; par ailleurs la présence de ses parents aux place n°1 et 2 du premier rang de la mezzanine en disait long sur l'importance donnée à ce concert. Côté VIP, on a pu aussi apercevoir les membres de Marillion, qui devaient jouer le lendemain au Bataclan.
Le concert était composé de deux sets séparés par un entracte de 10 minutes. Le premier set était sans surprise constitué de l'intégralité du cycle de 55 minutes The Incident, composé de 14 titres à la base enchaînés sur album, mais ponctués ici de courtes pauses, changement d'instruments oblige. Le gros problème de ce cycle est le déséquilibre majeur entre ses différentes pistes, une part beaucoup trop importante affichant entre 1 et 2 minutes, ce qui donne l'impression d'idées non achevées. C'est frustrant, et au final sur 14 pistes il n'y a que 6 pistes qui ressemblent à de vraies chansons (d'une durée supérieure à 4 minutes). De surcroît, elles sont loin d'être toutes aussi inspirées que les œuvres passées de Porcupine Tree. Tout cela reste plaisant à écouter (Drawing The Line et son refrain particulier passant ainsi mieux en live), mais le seul véritable grand moment, sur disque comme sur scène, reste le plat de résistance Time Flies, avec son rythme très entraînant et hypnotique, son break hyper floydien et ses paroles délicieusement nostalgiques.
Le deuxième set fut heureusement parfait de bout en bout (accentuant ainsi au passage la différence de niveau entre les nouvelles compositions et les anciennes...), brassant intelligemment albums, classiques et raretés. Une pépite de Deadwing a ainsi été exhumée (The Start Of Something Beautiful) avec délice. Deux morceaux très longs, Russia On Ice (plus joué depuis combien d'années ?) et Anesthetize (devenu un véritable classique remportant la première place à l'applaudimètre) ont été raccourcis intelligemment et enchaînés avec goût. Strip The Soul, choix solide tiré de In Absentia, n'avait plus été joué depuis la tournée supportant l'album. Grosse surprise et gros succès aussi avec Normal, jamais joué sur la tournée précédente avec tout le groupe. Cette fantastique variation sur les paroles et la mélodie principale de Sentimental, disponible sur l'EP Nil Recurring sorti peu de temps après Fear Of A Blank Planet, a largement remporté l'adhésion du public. The Incident, c'est aussi un double album et Wilson a eu la bonne idée de jouer sur cette tournée le titre le plus solide du deuxième CD, à savoir le dynamique et intrigant Bonnie The Cat, qui nous a offert encore une superbe démonstration de bon goût du monstrueux batteur Gavin Harrison.
Les inamovibles Lazarus et Trains sont devenus des hymnes rituels, mais dont on ne lasse pas tellement ils sont gorgés d'émotion. Finalement, chaque euro dépensé dans ce cher Olympia valait encore le coup, ne serait-ce que pour ce deuxième set qui restera longtemps dans les mémoires.
Setlist:
Set 1
The Incident
Set2
The Start of Something Beautiful
Russia on Ice
Anesthetize
Lazarus
Strip the Soul
.3
Normal
Bonnie The Cat
Rappels:
The Sound of Muzak
Trains
11:36 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, porcupine tree, olympia
12 juillet 2009
Dave Matthews Band, Olympia, 01/07/2009

(c) photo : FromTheNorth
Le dernier concert en France du groupe américain Dave Matthews Band (DMB) remontait au 3 mars 1995 à l'Arapaho (!). C'était aussi, pour l'anecdote, leur tout premier sur notre sol. Cela veut dire que le groupe avait joué une seule fois en France jusqu'alors, dans une salle sans aucune mesure avec le succès de DMB aux USA, qui joue dans les stades et les plus grosses salles indoors de son pays, quand il ne crée pas l'événement à Central Park (121 000 spectateurs en 2003). Les 5 derniers albums du DMB se sont classés directement n°1 du Billboard à leur sortie, et le groupe a écoulé plus de 31 millions d'albums aux USA. En France, voire en Europe, c'est à peine si on trouve leurs disques puisqu'ils ne sont disponibles qu'en import. Voilà pourquoi il aura fallu attendre si longtemps afin d'avoir enfin une véritable tournée européenne, à guichets fermés tout de même, ce qui prouve qu'il y a bien un public underground pour DMB dans notre vieux continent.
Cette dichotomie entre succès public aux USA et relative confidentialité en Europe est surprenante, car le groupe n'a rien à voir avec un phénomène culturel américain comme The Grateful Dead ou The Flaming Lips. Sur scène, DMB se compose de sept musiciens : l'ensemble classique basse-guitare-batterie, un trompettiste, un saxophoniste, un violoniste, et le leader Dave Matthews, au chant et à la guitare acoustique. Musicalement, le rock idiosyncratique de DMB propose une fusion au sens propre du terme, avec de la pop, du funk, du jazz, de la soul, de la world music... Le niveau technique de chaque musicien est fort élevé (n'importe quel batteur connaît le nom de Carter Beauford et ses vidéos pédagogiques), mais la particularité de DMB est de ne jamais se retrouver pris au piège par cette technique. Elle reste au service de mélodies très catchy (d'où le succès grand public), avec une énergie et un swing d'enfer, propulsées par une section rythmique redoutable. DMB sait également proposer des compositions de longueur raisonnables (majorité en 4 et 6 minutes), mais qui offrent évidemment un potentiel élevé (et exploité) d'improvisation sur scène. Enfin, DMB est imperméable aux modes musicales, et semble même totalement anti-tendances.
Quant au charismatique leader, Dave Matthews, il ne possède pas une tessiture exceptionnelle, mais un timbre de voix caractéristique dont il exploite toutes les possibilités, avec des dictions particulières et hauteurs variées qui forment finalement une palette très expressive. Mais l'atout n°1 de Matthews, et du groupe, est bel et bien la maîtrise absolue de la performance scénique, et au vu du concert de l'Olympia, on comprend mieux pourquoi DMB est catégorisé aux USA dans les "stage bands", les grands groupes de scène, et pourquoi il y a tant d'albums live du groupe.
Les jams sont en effet une de leur spécialité, mais sans en abuser (il n'y en aura "que" trois, d'une durée totale de 30mn, sur 2h10 de concert). Le concert a d'ailleurs débuté avec une pièce de choix, Bartender (Busted Stuff, 2002), étirée sur près de 15 minutes, sans une minute d'ennui. Matthews assure le show, avec ses mimiques sans pareilles et son humour sarcastique. Une autre de leur spécialité est le réarrangement de leurs chansons, en général en les améliorant encore par rapport à leur version studio, ce qui fut flagrant pour You Might Die Trying, par exemple. Dynamique et musclé de par le feu d'artifices des instrumentistes, le concert a de surcroît été littéralement porté par le public trop heureux de voir enfin le groupe dans nos contrées ; à ce sujet, je suis resté abasourdi d'entendre les spectateurs reprendre les refrains des chansons. Il y avait par ailleurs un nombre significatif d'étrangers anglophones dans la salle, a priori ayant fait exprès le déplacement. Il faut dire que le groupe change considérablement sa setlist tous les soirs, ce qui renforce l'intérêt de les suivre.
DMB ne pouvait pas faire l'impasse sur le décès d'un de leurs membres fondateurs, le saxophoniste LeRoi Moore, survenu en août 2008 aux prémices de l'enregistrement du nouvel album. Avec une émotion palpable, Matthews a simplement prononcé quelques mots chaudement applaudis par le public. Big Whiskey and the GrooGrux King, leur dernier album dédié à Moore, montre que le groupe a su faire face à l'adversité car c'est clairement un des meilleurs de toute leur carrière. Le concert était plus qu'à la hauteur. Pourvu qu'ils ne mettent pas 14 ans à revenir dans notre pays !
Setlist:
Bartender
Shake Me Like a Monkey
You Might Die Trying
Spaceman
Cornbread
Everyday
Seven
Grey Street
Alligator Pie
Funny The Way It Is
Crush
So Damn Lucky
Lying In the Hands of God
Jimi Thing
Ants Marching
Rappel:
Rye Whiskey (Tex Ritter cover)
Tim Reynolds solo
Don't Drink the Water
Why I Am
19:57 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, olympia, dave matthews band
02 juillet 2009
Chickenfoot, Olympia, 29/06/2009

(c) photo : Jérôme
Annoncé l'an dernier, le projet du super-groupe Chickenfoot ressemblait à un fantasme de la scène rock américaine : Joe Satriani, le maître Jedi absolu de la 6-cordes électrique ; Sammy Hagar, ex-chanteur de Van Halen ; Michael Anthony, (ex?) bassiste de Van Halen ; et enfin Chad Smith, batteur des Red Hot Chili Peppers, maître d'ouvrage de cette formation hors norme, sans précédent.
L'album, sorti en juin, a montré que le groupe avait pour but de prendre du bon temps, et certainement pas de prétendre à révolutionner le rock. L'album est une collection de titres de big rock testostéronés qui fleurent bon de toute part le style de Van Halen. Entré directement en 4e place du top albums US, Chickenfoot voit son coup d'essai plébiscité par le public, il y aura donc très probablement une suite, avec cette fois un objectif d'album peut-être un peu moins convenu.
Néanmoins, l'album est très plaisant à écouter car si les compositions ne sont pas très originales, elles sont fort accrocheuses grâce au talent de ces vieux briscards. L'intérêt principal de ce genre de formation réside en général in fine dans l'interprétation proposée sur scène. Difficile donc de résister à la tentation d'aller voir ce line-up sur scène, en particulier à l'Olympia, dont Sammy Hagar a souligné lui-même en cours de route l'incroyable qualité sonore, aussi bien pour eux sur scène que pour nous dans la salle.
Le concert a confirmé que c'est bien en live que réside tout l'intérêt de Chickenfoot. Les compositions mettent facilement le feu au public, et les refrains téléphonés genre "Oh, yeah" relèvent du divertissement auquel on se prête volontiers. De surcroît, ces musiciens sont tous un régal visuel tant ils sont doués dans leurs instruments respectifs. Sammy Hagar, à 61 ans, reste un frontman de premier ordre ; l'ex-entertainer de Van Halen est d'une aisance déconcertante aussi bien dans ses vocalises que dans son jeu de scène, ou encore dans son rapport avec le public. Michael Anthony, comme dans Van Halen, assure des fondations en béton à la rythmique (jeu très habile aux doigts ou au mediator, selon la puissance requise), et se charge de tous les chœurs aigus comme à la grande époque de Van Halen. Et sa basse en forme de bouteille de Jack Daniel's, issue de la grande période Van Halen, est un toujours un must de bon goût...

(c) photo : Metal Traveller
Joe Satriani est au firmament de son talent, car il exploite ici parfaitement son jeu si goûteux en rock/blues. Il sert parfaitement le groupe et c'est un soulagement de le voir enfin au service d'un ensemble plutôt que comme soliste. Sa prestation m'a rappelé son passage éclair impeccable de bon goût lorsqu'il avait remplacé au pied levé Richie Blackmore dans Deep Purple en 1994. Il n'avait pas rejoué dans un vrai groupe depuis ! Puisse-t-il s'investir à fond dans Chickenfoot désormais.
Enfin, Chad Smith, le monsieur groove des Red Hot, semble bien être le chef d'orchestre du quatuor. Totalement déjanté, le bonhomme semble vivre avec facilité le break à durée indéterminée de son groupe principal. Il en profite d'ailleurs pour distiller un jeu redoutable de puissance, moins funky que dans les Red Hot bien sûr, mais très incisif, voire tribal (cf. Avenida Revolution). C'est vraiment un de mes batteurs préférés, et c'était très agréable de le voir dans un contexte plus intimiste qu'un concert à Bercy des Red Hot.
A noter que Chickenfoot a délibérément choisi ne pas interpréter sur scène des titres issus des répertoires de leur groupes d'origine, mais Satriani a fait une petite exception en jouant le court Midnight en tapping. Enfin, l'ultime rappel a été pioché dans le premier groupe de Sammy Hagar, Montrose, qui avait joué en 1975 à l'Olympia ! Hagar nous a narré avec une petite émotion ce souvenir. Il n'avait pas remis les pieds dans la salle depuis... espérons qu'il les remettra beaucoup plus vite désormais.
Setlist:
Avenida Revolution
Soap On A Rope
Sexy Little Thing
Oh Yeah!
Runnin’ Out
Get It Up
Down The Drain
Bitten By The Wolf
My Kinda Girl
Learning To Fall
Midnight (Joe Satriani)
Turnin’ Left
Rappel:
Future In The Past
Bad Motor Scooter (Montrose)
15:15 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, olympia, chickenfoot
30 juin 2009
The Mars Volta, Olympia, 28/06/2009

(c) photo : Lorène Lenoir
Il fallait bien que ça arrive. A force de placer la barre très haut, The Mars Volta ne pouvait que prendre le risque de décevoir un jour, avec un effet levier important, à la moindre baisse de régime. Après 4 albums monumentaux en l'espace de 5 ans, leur nouvel et cinquième album, Octahedron, marque un peu le pas. Comme l'avait déclaré le chanteur Cedric Bixler-Zavala à Spin Magazine, "This is not an acoustic album ! There's electricity throughout it ! But it's our version. That's what our band does - celebrate mutations. It's our version of what we consider an acoustic album".
Si en effet Octahedron n'est pas du tout un album acoustique au sens strict du terme, c'est une pause certaine dans le tourbillon d'énergie qui constituait chacun de leurs précédents albums. Si le groupe avait déjà démontré son talent pour les mélodies dépouillées (The Widow, Asilos Magdalena...), c'était très épisodique. Sur Octahedron, c'est l'inverse : sur 8 titres, il n'y en a que 2 qui sont vraiment agités (Cotopaxi et Desperate Graves). The Mars Volta ne propose donc rien de nouveau en soi, mais a simplement inversé sa formule. En outre, c'est presque un EP pour le groupe ; avec ses 50 minutes au compteur, c'est un bon tiers de moins que les 3 précédents opus qui dépassaient tous les 75 minutes. Si on ajoute un album probablement un peu trop calme, un peu trop mono-dimension, et un peu trop court (comparé au "standard" The Mars Volta), Octahedron ne peut que laisser un peu sur sa faim, même si le groupe continue de survoler la première division des groupes les plus créatifs.
J'espérais que ce choix artistique assez osé allait avoir un prolongement sur scène, à savoir une différence ou une nouveauté dans la façon dont le groupe transpose son univers sur scène. C'est fut bien le cas. Comme sur l'album Octahedron, le groupe s'est dispensé sur scène de deux musiciens de moins que pour leur mémorable concert à l'Olympia l'an dernier, dont le saxophoniste Adrián Terrazas-González. Et si Octahedron est un tiers plus court que les albums précédents, ce concert fut un tiers plus court que celui de l'an dernier (1h55 contre 2h50). Alors, forcément, là aussi, ça frustre !
Surtout que le groupe est parti sans rappel, et n'a pratiquement pas communiqué avec le public, comme à son habitude. Seul Cedric a marmonné quelques phrases pour parler des fans qui semblent vénérer leurs deux premiers albums et dénigrer tout ce qui a suivi (?!). Résultat, quand le groupe s'est éclipsé, le public, incrédule, a fini par huer un peu quand il a compris que c'était vraiment terminé. Or, ce n'est jamais bon de frustrer son public.
D'un point de vue de l'interprétation, avec 6 musiciens sur scène au lieu de 8, c'était forcément un peu moins riche, mais le mix a aggravé la situation, en rendant inaudible le percussionniste et le claviériste (l'organiste était quant à lui, audible). Il y a un atout chez The Mars Volta qui est en train de devenir un problème, c'est Thomas Pridgen, le batteur. Sur scène, le bonhomme a l'air d'être rémunéré au nombre de coups portés sur sa batterie. Son jeu extrêmement impressionnant devient lassant, et il a tendance à vampiriser le groupe. L'impression d'avoir affaire en permanence à un solo de batterie en toile de fond brouille les nuances et le groove finit par être absent. Même sur les titres lents, il a du mal à se retenir. Du coup, les titres mid-tempo les plus intéressants d'Octahedron (Teflon, Luciforms) l'étaient moins sur scène.
J'ai bien conscience que mon billet sonne assez sévère, mais on n'attend hélas pas la même chose d'un groupe comme The Mars Volta que d'un groupe comme... (complétez la fin de la phrase comme vous le voulez). Il n'y a pas péril en la demeure, mais il serait peut-être temps que le duo Omar/Cedric prenne enfin un break. Depuis 2003, ils ont sorti cinq albums studio, un album live et deux EP... et Omar a sorti de son côté douze (!) albums solo depuis 2004. Quand ils ne sont pas en studio, ils sont sur la route, en tournée. Ils font le marathon... au sprint ! Fatalement, il y aura à terme des conséquences sur la qualité. Octahedron et ce concert à l'Olympia en sont peut-être les tout premiers prémices.
Setlist:
Goliath
Cotopaxi
Roulette Dares (The Haunt of)
Viscera Eyes
Halo of Nembutals
Cygnus....Vismund Cygnus
Desperate Graves
Ilyena
Teflon
Drunkship of Lanterns
Luciforms
The Widow
Wax Simulacra
20:27 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, the mars volta, olympia
19 mars 2009
Franz Ferdinand, Olympia, 17/03/2009

En moins de 6 ans et en 3 albums, Franz Ferdinand a déjà aligné un nombre impressionnant de tubes, et il est d'ailleurs très difficile de trouver un autre groupe issu du Royaume-Uni à avoir aligné autant de refrains, devenus de gros classiques, en si peu d'années.
Le groupe a su proposer un rock vitaminé, mâtiné de funk et d'énergie punk, avec des influences aussi variées que Talking Heads, The Beatles ou The Kinks. Mieux, il a su évoluer doucement, mais sûrement, au gré de ses 3 albums. Le premier ne comportait aucun temps mort, ce qui pouvait fatiguer. Le deuxième a su ralentir le tempo sur des titres bien choisis, laissant transparaitre une certaine élégance purement britannique. Enfin, le dernier album propose un ralentissement général du tempo, avec un élargissement certain du champ sonore : pour la première fois, il y a des claviers, et du meilleur effet ! "On a essayé de construire le disque selon le modèle d’une nuit de sortie : il y a d’abord une première partie de préparation, une excitation latente, puis le climax de la soirée, et enfin le retour au bercail, avec l’aube naissante et la fatigue", a déclaré le groupe à sa sortie. La présence de claviers (au son délicieusement distordu, style eighties) était indispensable pour accomplir ce but et chauffer à blanc le public sur le dancefloor.
Dancefloor, c'est d'ailleurs ce à quoi la fosse de l'Olympia a ressemblé pendant les 1h20 de concert (un peu court, mais diablement intense et épuisant). On n'était pas loin de l'ambiance de folie du fameux concert historique (gravé pour la postérité en DVD) de Mika en juin 2007.
Il faut reconnaître à Franz Ferdinand une fraîcheur et une énergie indéniables, qui permettent de passer un concert non pas inoubliable, mais extrêmement divertissant. Impossible de ne pas taper du pied, claquer des mains, chanter à tue-tête, et oublier ses soucis. Sur scène, le groupe est un mélange intéressant d'élégance de dandy (difficile de ne pas penser aux Beatles en voyant Nick McCarthy, le guitariste/claviériste), et de décontraction rock, ce qui ne les empêche pas de se déchaîner si besoin (le solo de batterie où tous les musiciens encerclent la batterie et tapent dessus). Le moment fort ? Indéniablement Lucid Dreams, morceau de près de 10 minutes tiré de leur dernier album, qui commence comme du rock psychédélique et qui se termine en orgie électro. Déjà remarquable sur disque, ce titre était évidemment taillé pour la scène ; il suscite euphorie et transe.
Dans la logique de leur intérêt artistique (leurs disques sont illustrés par des pochettes aux motifs géométriques inspirés du Bauhaus et du constructivisme, et le dernier propose un hommage au style du photographe Weegee), le groupe avait choisi des projections vidéo sur écran géant d'un pop art fort agréable.
Difficile, de nos jours, de demander plus, surtout pour 35€ (en fosse) à l'Olympia, pour un groupe de cette envergure. Donc, chapeau bas.
Setlist:
Matinée
Do You Want To?
No You Girls
Walk Away
The Fallen
Twilight Omens
Take Me Out
Turn It On
40′
Bite Hard
Michael
Ulysses
Rappels:
What She Came For
The Outsiders
Lucid Dreams
This Fire
20:03 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, franz ferdinand, olympia
04 novembre 2008
The Musical Box, Olympia, 03/11/2008

En ce qui concerne The Musical Box (TMB), groupe canadien qui recrée à la perfection les concerts assez théâtraux des années 70 de Genesis, j'ai vu chaque re-création proposée par le groupe (tournées Foxtrot, Selling England By The Pound, et The Lamb Lies Down On Broadway) depuis qu'ils jouent en France (concerts en général sold-out). J'ai donc longuement hésité à rompre cette fidélité en ne prenant pas ma place pour ce spectacle recréant les tout premiers concerts de la tournée A Trick Of The Tail (ATOTT) de 1976, car ce fut la première tournée de Genesis après le départ de Peter Gabriel en 1975. En effet, je ne voyais pas bien comment la reconstitution de cette tournée pourrait être aussi intéressante que les shows de l'ère Gabriel. Par curiosité "historique" et par plaisir de découvrir des titres de ATOTT sur scène avec le talent des musiciens du groupe, j'ai finalement craqué.
Bien que mon pressentiment n'était tout à fait erroné, je ne le regrette pas car la perfection musicale des Canadiens est toujours de mise. Comme l'avait déclaré Phil Collins en allant voir TMB à Genève en 2005, TMB joue probablement mieux encore que Genesis à l'époque. Le feeling est époustouflant, la fidélité aussi, quant à l'authenticité des sons des instruments de l'époque, c'est toujours un tour de force dont je ne me lasse pas.
Sur cette tournée, Genesis n'avait pas osé rompre avec les ressorts qui avaient fait le succès visuel de ses tournées précédentes ; on retrouve donc en accompagnement visuel de magnifiques diapos diffusées sur trois écrans contigus. Mais l'innovation n'était pourtant pas absente pour autant en cette douce année de 1976. Genesis étrennait alors pour la première fois au monde l'utilisation d'un laser en tant qu'élément des lights (cf. photo ci-dessous).

C'est bien entendu sur la présence scénique de Phil Collins par rapport à Peter Gabriel que la différence est cruelle. Mais ça passe bien tout de même car Collins allait régulièrement derrière sa batterie pour épauler Bill Bruford, qui se mettait alors aux percussions (quand ce n'était pas un duo de batterie, époustouflant comme sur Cinema Show, ou évidemment Los Endos qui devint un gimmick sur quasiment chaque tournée, même quand Genesis se mit à jouer dans des stades).
Concernant l'imitation de Phil Collins, elle était en fait assurée par deux personnes différentes (vêtues et barbues de façon identique donc l'illusion était parfaite). C'est Denis Gagné, qui incarnait déjà Peter Gabriel, qui assurait le Phil Collins au chant. Et c'était un nouveau venu, Marc Laflamme, qui passait derrière la batterie, sans que cela se voit grâce à un astucieux relais des deux musiciens derrière le gong.
Ce show de ATOTT pèche un petit peu par rapport aux spectacles précédents uniquement par l'incarnation imparfaite de Phil Collins au chant. Si Denis Gagné faisait un Peter Gabriel extraordinaire (mimétismes physique et voix absolus), il en va autrement pour son imitation de Phil Collins. Il a certes bien étudié la gestuelle de Collins, mais physiquement il n'a pas du tout la même corpulence et son chant continue à s'approcher du timbre de Peter Gabriel.
Il est extrêmement regrettable que le batteur qui incarnait Phil Collins sur les tournées précédentes (Martin Levac) ait eu un différend avec TMB, car pour ceux qui ont vu les spectacles précédents, vous vous rappelez vraisemblablement le clonage littéral opéré par le batteur Martin Levac, que ce soit physique, et surtout (c'est ce qui compte le plus), vocal.
Cela ne remet pas en cause la pertinence globale de s'être attaqué à la re-création de la tournée ATOTT, mais cela l'empêche d'atteindre la perfection des tournées précédentes.
Je me demande par contre si TMB essaiera ensuite de reconstituer les concerts de la tournée de 1978 pour Wind & Wuthering. Personnellement, je pense cette fois hésiter beaucoup plus, sauf si Martin Levac est de retour.
Setlist :
Dance On A Volcano
The Lamb Lies Down On Broadway
Fly On A Windshield
Carpet Crawlers
Cinema Show
Robbery, Assault And Battery
White Mountain
Firth Of Fifth
Entangled
Squonk
Supper’s Ready
I Know What I Like
Los Endos
It / Watcher Of The Skies
14:57 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : olympia, the musical box, genesis, concert
07 septembre 2008
Beck, Olympia, 07/07/2008

Avant de parler du show, la chronique du dernier album de Beck, Modern Guilt (sorti le lendemain de ce concert à l'Olympia), issue de anous.fr et rédigée par Vincent Jundt, me paraît très appropriée pour introduire l'artiste et la valeur de ce douzième (déjà !) album :
"Le musicien californien Beck Hansen, symbole d'un certain chic postmoderne, a souvent péché par trop d'érudition, de références, au point de concevoir ses albums comme une suite de collages, de mosaïques.
A l'instar du cinéaste Tarantino, il s'est souvent défini dans la parodie, le clin d'œil, préférant s'amuser à reproduire une musique de genre plutôt qu'à créer un nouveau style. Révélé avec le très électro hip hop Odelay (1996), il s'est ensuite pris pour un auteur folk (le sobre et inspiré Mutations, 1998), puis s'est déguisé en chanteur funk style George Clinton (Midnite Vultures, en 1999). Beck, né à Los Angeles en 1970, aime les tenues camouflage, et il a semé une œuvre caméléonne, brouillonne, inégale, qui ne suffit pas à imposer une signature. Nous n'en attendions donc plus grand-chose... jusqu'à ce qu'il nous offre ce douzième album, le formidable Modern Guilt, produit par un sorcier appelé Danger Mouse (Brian Burton), membre de Gnarls Barkley.
Le magicien a réussi à discipliner l'artiste, à refréner son côté hybride (qui est peut-être d'ailleurs sa vraie signature). Si Beck a ressorti de son armoire le bric-à-brac psyché des années 1960 - les intonations du titre Chemtrails rappellent les Beach Boys et King Crimson -, papa Burton, au lieu de tout laisser en désordre, a rangé la chambre du jeune prodige. Grâce à lui, le sens mélodique maintient toujours l'ensemble.
Le disque, bref, rythmé et gracieux, flotte de manière légère sur les sons électro et le folk. Aucune chanson (Modern Guilt, Profanity Prayers) ne ressemble à l'autre. Le chant aérien de Beck est enfin mis en avant, et les arrangements très fouillés mais jamais excessifs nous permettent d'entrer sans difficulté dans l'univers d'un créateur qui a retrouvé sa sincérité. Une brillante réussite à la fois simple et complexe".
Avec un tel nouvel album dans la besace, le père Beck était attendu au tournant, ayant laissé par le passé le souvenir de shows mémorables et hallucinés. Cette fois, il a choisi la sobriété, avec une formation scénique très resserrée de cinq musiciens, aucune décoration particulière et des lights intimistes. Etait-ce l'imminence de son 38e anniversaire (il les fêtait le lendemain du concert) qui a entraîné Beck ce soir-là sur la pente de la déprime ? Celui-ci est resté globalement immobile derrière son micro, est arrivé sur scène sans saluer... Le Californien a démarré tête baissée par la pépite Devil's Haircut (ouverture mémorable de Odelay, 1996), puis a enchainé cinq titres sans interruption. Pressé de passer à ses nouveaux morceaux ? "Thank you", murmure Beck sans enthousiasme, après cette salve introductive pourtant musicalement très convaincante.
Le paradoxe de ce décalage entre l'attitude presque absente de Beck et le niveau général de l'interprétation a continué jusqu'au rappel, avec un E-Pro (grand titre issu du recommandé Guero, 2005) qui a sorti le public de sa passivité, pour une raison inconnue (l'imminence de la fin du concert ?). Il était hélas un peu tard, mais ce fut ensuite l'enthousiasme général pour le classique Where It's At, dont le refrain gimmick a enflammé cette fois l'Olympia.
Un concert trop court, mais une confirmation que Beck est un grand musicien, et je retournerai avec plaisir le revoir si possible, en espérant que Beck sera d'humeur moins triste, ainsi que son public.
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28 juin 2008
Björk, Olympia, 25/06/2008

L'une des artistes contemporaines les plus abouties est enfin revenue sur scène à Paris (où ses derniers concerts remontaient au 16 et 17 juin 2003 à Bercy). Concert évènementiel : annoncé seulement deux semaines avant, les places se sont arrachées en quelques dizaines de secondes sur le site web de la Fnac qui les proposait en exclusivité, et tout ça pour quoi ? Parce que Björk a choisi d'enregistrer son nouveau DVD à l'Olympia. Immense cadeau ainsi offert aux fans français !
Un concert filmé garantit en général une ambiance survoltée (un minimum pour un Volta Tour !), ce qui s'est bien vérifié encore une fois (rappel nostalgique de Mika à l'Olympia presque un an auparavant). Après un début en fanfare avec Earth Intruders, Björk n'a pas joué la carte de la facilité car hormis une toute petite poignée de tubes, elle a exploré son répertoire écartant les grands classiques (un tiers exactement de la setlist provenant de Medùlla, l'autre tiers de Volta, le reste réparti ensuite respectivement entre Homogenic, Post et et Vespertine, Debut étant totalement ignoré). Néanmoins, Björk s'est toujours démarqué par une liberté insolente où aucune chanson ne reste à jamais gravée dans sa version studio (cf. l'indispensable Live Box sortie en 2003 avec entre autres l'album Debut entièrement ré-arrangé en acoustique).
Sur cette tournée, Björk a délaissé harpistes et ensemble à cordes pour s'entourer du Wonder Brass, un ensemble de pas moins de 10 musiciennes islandaises aux cuivres ! Les cordes, éléments d'orchestration favori de Björk sur nombre d'albums, ont en effet été remplacées sur Volta par des cuivres ; c'est en toute logique que la tournée propose donc de revisiter son répertoire antérieur avec ces mêmes instruments, et la transformation est spectaculaire, en particulier pour les titres issus de Medùlla.
La petite fée islandaise, toujours aussi excentrique dans ses tenues (une robe improbable aux couleurs péruviennes et une autre ressemblant à un sac de survie bouffant), semblait être totalement heureuse d'être là, et le public le lui a bien rendu, en exprimant bruyamment sa satisfaction entre chaque titre, voire pendant les vocalises les plus acrobatiques. I See Who You Are, issu de Volta, a particulièrement marqué les esprits, touchés par cette grâce divine.
Dans la deuxième partie du concert (après son changement de robe, pendant lequel nous eûmes droit à une version instrumentale d'Oceania !), Björk a tout simplement transformé l'Olympia en rave party, satisfaisant ainsi tous ceux à qui manquent trop l'énergie des trois premiers albums, et qu'on retrouve en partie sur Volta. Ce dernier opus constitue d'ailleurs une synthèse quasi-parfaite de sa discographie, et Björk en a défendu à l'Olympia pas moins de six titres, soit la moitié, ce qui est remarquable. La confiance en son dernier album étant totale, l'unique rappel a conclu le concert sur l'ébouriffant Declare Independance, qui a achevé de mettre tout le public en transe. Ferveur primale qui devrait transparaitre avec classe sur le DVD, les moyens techniques déployés, bien que discrets, étant vraiment à la hauteur (ceux qui comme moi ont pu regarder en direct les plans sur les moniteurs vidéo des ingénieurs son et lumière situés en mezzanine auront ainsi eu un aperçu de la qualité des rushes).
Quelques points intéressants à noter en vrac :
- les sons de boîtes à rythmes et de percussions provenaient d'une batterie triggée, ce qui offrait donc un rendu rythmique original, avec sons électroniques mais exécutés humainement par Chris Corsano (Sonic Youth). Pour en savoir plus sur les innovations proposées par Björk sur scène, cf. cet excellent article en français sur le site d'Apple ;
- Collaborateur de longue date avec Björk, Mark Bell, une des figures emblématiques de la musique électronique et producteur recherché, était bien présent sur scène ;
- Jónas Sen, le claviériste, disposait également d'un magnifique clavecin ;
- Damian Taylor, programmeur de génie, disposait d'une Reactable (deux exemplaires au monde, et il n'y a que Björk qui en propose pour l'instant une utilisation en concert) : nouvel outil musical, il s'agit d’une table à musique électro-acoustique développée par l’Université Pompeu Fabra de Barcelone qui permet à plusieurs utilisateurs de déplacer des objets sur une surface translucide créant ainsi différents types de son interférant entre eux. Le concert fut une brillante démonstration que la Reactable est loin d'être un gadget et le DVD devrait permettre de donner un bon aperçu du rendu de cet instrument ;
- Enfin, la scénographie était magnifique, accompagnée de quelques effets pyrotechniques et lâchers de confettis brillants, à des moments parfaitement en adéquation avec le climax des chansons.
ps : pour l'anecdote, le concert a terminé quinze minutes avant la fin de la demi-finale de l'Euro 2008 opposant l'Allemagne à la Turquie. Sortis dans la rue Caumartin pour regarder la fin du match dans le premier bar jouxtant la sortie des artistes, nous eûmes la surprise de voir débarquer Damian Taylor et Jónas Sen venus profiter des dix dernières minutes... et voir ainsi les deux derniers buts du match !

Setlist:
01. Earth Intruders (Volta)
02. Hunter (Homogenic)
03. Immature (Homogenic)
04. Joga (Homogenic)
05. I See Who You Are (Volta)
06. Pleasure Is All Mine (Medùlla)
07. Pagan Poetry (Vespertine)
08. Vertebrae By Vertebrae (Volta)
09. Where Is The Line (Medùlla)
10. Who Is It (Medùlla)
11. Oceania (Instrumental) (Medùlla)
12. Desired Constellation (Medùlla)
13. Army Of Me (Post)
14. Innocence (Volta)
15. Triumph Of A Heart (Medùlla)
16. Bachelorette (Homogenic)
17. Vökurö (Medùlla)
18. Wanderlust (Volta)
19. Hyperballad (Post)
20. Pluto (Homogenic)
Rappel:
21. Declare Independance (Volta)
11:05 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : concert, Björk, Olympia
24 juin 2008
Maroon 5, Olympia, 13/06/2008

Quelques mots sur la première partie assurée par Sara Bareilles, chanteuse américaine de 28 ans. Love Song, le premier single issu de son deuxième album, est un succès aux Etats-Unis (près de 2 millions de téléchargements légaux), mais aussi en Allemagne, Angleterre, Pays-Bas, Belgique, Finlande, Suisse et s'installe petit à petit sur les ondes françaises. Sa voix jazzy, ses mélodies pop et son jeu de piano la rapprochent fortement de Fiona Apple, et l'influence est un peu trop visible encore. Sur scène, il lui manque encore la confiance, la communication, même si l'interprétation est sans faille. Voilà tout de même une première partie d'une demi-heure bien agréable et d'une qualité rare.
A 21h00 précises, Maroon 5 débarque sur scène et attaque fort avec l'irréprochable Harder To Breathe, issu du premier album au succès international, qui a marqué les esprits, avec ce mariage de rythmes soul et de rock alternatif. Ceux qui ont vu le concert intégral du 13 mai 2005, immortalisé sur l'album live CD+DVD Friday The 13th, savent que sur scène, la musique de Maroon 5 prend une dimension nettement plus musclée ; le groove des versions studio est intact (le rapprochement avec l'acid-jazz de Jamiroquai est frappant), mais les guitares deviennent carrément hard rock. Adam Levine, le leader-composteur-chanteur-guitariste, arrose copieusement les compositions de généreux soli improvisés et il y a bien de peu de titres qui ne sont pas un tant soit peu ré-arrangés.
La majeure déception provient du fait que les ré-arrangements de cette tournée sont les mêmes que ceux d'avant (sauf pour les titres du deuxième album évidemment) et que le groupe délivre une prestation bien rodée, mais presque trop parfaite : il manque ce supplément d'âme, cette complicité, cette communication qui font d'un très bon concert un concert inoubliable. Adam Levine est un sacré pro, mais la façon dont il harangue le public manque de spontanéité, voire de sincérité.
Il est également difficile de digérer la durée réduite du concert : 1h15 ! soit pas une minute de plus que les concerts de la tournée du premier album. Avec désormais deux albums au compteur, c'est un petit peu scandaleux...
Setlist:
Harder to Breathe
Makes Me Wonder
If I Never See Your Face Again
The Sun
Can't Stop
Kiwi
Shiver
Wake Up Call
Sunday Morning
Won't Go Home Without You
This Love
Rappels:
Little of Your Time
She Will Be Loved
Sweetest Goodbye
10:20 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, maroon 5, olympia
11 mars 2008
The Mars Volta, Olympia, 05/03/08

En moins de cinq ans et en quatre albums, The Mars Volta a réalisé une oeuvre d'une qualité insensée, qui personnellement me sert de benchmark pour tout ce qui sort de la planète rock. Malgré la densité et la richesse de leur musique, le groupe connaît un succès improbable, succès à la fois critique (cf. l'ahurissante synthèse des notes décernées à l'album par les médias sur la page Wikipédia consacrée à l'album, par ailleurs absolument passionnante), et succès public, comme le montre l'affluence toujours plus grande à leurs concerts (Olympia complet depuis des semaines), ou encore des ventes de disques assez surprenantes (entrée de The Bedlam In Goliath directement à la 3e place des ventes d'albums aux USA).
Cependant, The Mars Volta est au moins aussi passionnant sur scène et c'est la marque des grands groupes que de transcender leur musique en concert. Mais ce n'est pas tout : The Mars Volta est le seul groupe que j'ai vu capable de déclencher des réactions allant du pogo à la transe, en passant par l'hypnose ! La qualité inouïe de leurs improvisations, tour à tour frénétiques et planantes, semblent tout droit issues d'un accouplement improbable entre Frank Zappa et King Crimson. Il faut le voir pour le croire.
J'avais vu deux fois The Mars Volta en concert précédemment, et deux fois ce fut deux moments de bonheur assez indicible. De la première fois, le 15/03/05 à l'Elysée-Montmartre à Paris, je me rappelle surtout le choc d'avoir enfin en face de moi un groupe semblant avoir intégralement hérité du talent des grandes formations des années 70, à savoir prendre la scène comme un espace de risque, de recherche, de défouloir et d'émotion. Ma deuxième rencontre avec le groupe, le 04/06/05 à Los Angeles au Greek Theater (6000 personnes...), fut placée sous la joie de voir le groupe jouer à domicile en Californie, avec un public métissé et totalement débridé.
Alors dire que j'avais de grandes attentes de la part de ce groupe hors normes, dans cet écrin parisien qu'est l'Olympia, est un euphémisme. Idéalement situé en mezzanine, correctement centré, la première satisfaction provînt d'abord du son. Il n'est pas évident de mixer correctement huit musiciens, avec des instruments allant du saxophone aux percussions en passant par un orgue, des claviers, et les instruments traditionnels du rock. Chapeau bas donc à l'ingé son façade du groupe.
La deuxième satisfaction vînt de la constatation que le groupe semble encore défier les lois de la gravité musicale, aidés en cela d'un nouveau batteur de 24 ans, Thomas Pridgen, dont le jeu très puissant et très complexe éclabousse de talent le nouvel album. The Mars Volta a toujours eu des musiciens exceptionnels, et ses précédents batteurs ne faisaient pas exception ; mais Pridgen, ce Black d'une musculature à faire pâlir les salles de gym, est tout simplement d'une autre planète (il faut que je remonte à mes concerts de Rush et à la vision de Neil Peart pour être aussi impressionné par un batteur). Comment a-t-il tenu avec un telle débauche d'énergie pendant les 2h50 de show (oui, 2h50, de la première à la dernière note, sans entracte) est un mystère. Comment le reste du groupe parvient-il à rester en rythme avec un jeu de batterie aussi débridé reste également insoluble. Mais le paradoxe est là : le groupe possède une cohésion encore plus phénomale que par le passé, qui empêche de rapprocher ses improvisations de celles du free-jazz, chose que j'entends trop souvent au sujet de The Mars Volta.
Omar Rodriguez Lopez, à la guitare, reste le chef d'orchestre de facto de cet ensemble qui ne vire jamais à la cacophonie, et qui retombe toujours sur ses pattes. Le seul bémol dans ce shot d'extase fut la performance de Cedrix Bixler Zavala au chant, pas toujours très juste, ce qui est difficile à comprendre en dehors d'un éventuel problème technique de retour, par exemple ; car les enregistrements pirates disponibles sur YouTube permettent, à tête reposée, d'entendre que Cedric a su chanter parfaitement juste aussi, à l'instar de l'intermède acoustique de Asilos Magdalena et Miranda That Ghost Just Isn't Holy Anymore. Cette pause est d'ailleurs peut-être arrivée un peu tard dans le déroulement du concert, car finalement le seul obstacle potentiel à apprécier un concert aussi long peut provenir de l'overdose de stimuli adressés par le groupe.
Reste que je ne connais absolument aucun groupe de rock capable de délivrer ça : une connexion directe sur la psyché de ses spectateurs.
Setlist:
Roulette Dares (The Haunt Of)
Viscera Eyes
Wax Simulacra
Goliath
Ouroboros
Tetragrammaton
Agadez
Cygnus....Vismund Cygnus
Aberinkula
Drunkship of Lanterns
Asilos Magdalena
Miranda That Ghost Just Isn't Holy Anymore
Day of the Baphomets

13:05 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : The Mars Volta, Olympia

