12 mai 2008
Soirée Bushmills, 11/04/08
Compte-rendu et notes de dégustation par Arnaud
Ce 11 avril 2008, le Club de la Maison du Whisky nous invitait dans le cadre du centre culturel irlandais pour une soirée spéciale Bushmills 1608 que nous avions eu la chance de pouvoir tester lors du Whisky Live 2007, ce qui ne fut pas le cas de tous le monde d'après Jean-Marc (quantités fort limitées pour cette version présentée alors plus de six mois avant sa sortie !).
Le lieu était vraiment agréable, accompagné d'un temps clément qui nous a permis de prendre un peu l'air entre chaque verre. Hé oui, car il n'y avait pas que le 1608 comme je le pensais... La configuration de la dégustation se présentait sous la forme de quatre stands tenus par du personnel de chez Diageo. Voici donc les whisky proposés :
- Bushmills 12 ans 40% : vieilli en fût de xeres, en vente exclusive au Visitor Center de Bushmills. La dégustation débutait donc par ce 12 ans que j'ai trouvé assez fermé comme nez, très marqué par la céréale et une présence de grain en bouche avec une finale courte. Pas vraiment emballé, assez standard. En discutant lors de la dégustation, j'ai découvert que bon nombre de personne ont voté pour ce whisky comme le meilleur de la soirée ! Suis-je encore passé à côté du premier whisky dégusté ? J'ai donc décidé de faire une deuxième dégustation et il m'a paru beaucoup plus ouvert avec une belle finesse en bouche. Rien à voir à la première ! Ma deuxième dégustation ayant eu lieu après le dernier whisky à 53 %, elle ne peut être complète mais je pense que c'est un whisky a découvrir à l'occasion.
- Bushmills 16 ans 40%, port finish, que nous connaissons déjà (cf. soirée rugby juin 2007). Ce Bushmills est un mélange de sherry cask et de bourbon cask qui vieillit 6 mois dans un fût de porto. Une version que j'apprécie et je ne suis pas le seul, n'est ce pas Seb ! A comparer avec le 1608 pour le rapport/qualité prix.
- Bushmills 1608 46% : la star de la soirée (on est là pour lui après tout !). Voici la description qui en est faite sur le site de LMDW : cette version commémorative s’apparente davantage à un pure pot still whiskey élaboré à partir d'orge maltée et d'orge non maltée, produit en Irlande du Sud qu'à un single malt d’Irlande du Nord distillé trois fois. Ajoutez à cela qu'elle flirte avec les notes boisées-vanillées de l’American whiskey. N'est-ce pas là l'archétype même du whiskey irlandais ! A noter qu'entre dans sa composition 30% de cristal malt, un malt séché de manière rapide à la façon du whisky de grain. Cette deuxième dégustation ne m'a pas déçu contrairement à Bertrand. Nez : fruit rouge, abricot. Bouche : expressive, moelleuse, gourmande, caramel, fruit rouge, vanille. Finale : désolé, je n'ai rien noté.
- Bushmills 1989 53 %, single cask, rhum finish : ne se trouve quasiment plus. Je n'ai rien noté sur celui-ci car croyant l'avoir déjà gouté mais il semble que ce n'était pas le même fût que lors de la dégustation du 14/03/06.
- Bushmills Millenium 1975 43% (mis en bouteille en 2000) : ce whisky était la surprise de la soirée, non prévu au programme... en principe la cerise sur le gateau. Hé bien, bof bof. Un nez citron verveine plaisant, une bouche fine mais sans plus ; pas une grande découverte.
Une soirée agréable, avec une confirmation pour le 1608 et le 1989.
16:20 Publié dans Whisky | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Whisky, alcool, Bushmills
08 mai 2008
Dégustation du 15/04/08 - Bruichladdich, Bowmore, Caol Ila
Qu'il fait bon de revenir au Auld Alliance ! Voilà un peu plus de deux ans jour pour jour que le Club de la Maison du Whisky ne s'était plus réuni dans le seul pub 100% écossais de Paris, pourtant si en phase avec notre passion, avec ses superbes rayonnages alignant d'alléchants single malts... Succès du club oblige, nous devions arriver à nous entasser dans le pub avec le double de participants qu'auparavant, autant dire que nous n'eûmes pas vraiment froid. Les drams de la soirée étaient tous dégustés en aveugle, leur identité n'ayant été révélée qu'après le tout dernier verre. Pourquoi ? Parce qu'il s'agissait d'une thématique Islay, et que le premier a permis d'en tromper plus d'un...
Bruichladdich 1989, 17 ans, 46%
Islay, single cask, non filtré à froid, mis en bouteille par Signatory Vintage.
- Nez: fin bien qu'assez discret, il est légèrement floral et assez malté, évoquant par cet aspect un Speyside avec des notes de fruits jaunes.
- Bouche: le floral fait place à du végétal, apportant une jolie fraîcheur. L'ensemble est assez mono-saveur, avec une amertume très bien équilibrée.
- Finale: assez longues, les notes salées dominent, ce qui apporte un prolongement intéressant avec la bouche qui ne ne l'était pour ainsi dire pas du tout.
Evidemment, sans aucune trace de tourbe ou d'iode, on ne pense pas à Islay, et pourtant... Bruichladdich est la seule distillerie de l'île à produire des single malts dont toute trace de tourbe peut être absolument absente, ce qui est bien le cas de ce fût. Les seuls points communs avec les autres Islay sont plus à chercher du côté des notes salées et herbacées. A 53€, c'est une bouteille d'un très bon rapport qualité-prix, idéale pour amener de la variété et de l'originalité dans sa cave, et bien entendu redoutable pour piéger ses amis au blind-test !
Bowmore 1988, 17 ans, 46%
Cette bouteille n'étant pas encore en vente, je n'ai pas plus d'informations que celles-ci : Islay, mis en bouteille par Gordon & MacPhail
- Nez: d'un très bel équilibre, c'est l'iode et lègèrement la tourbe qui déploient leur séduction, avec des notes mentholées en arrière-plan. C'est fin, c'est superbe.
- Bouche: modérément salée, ce sont les notes florales, en particulier de violette, qui trahissent immédiatement un Bowmore.
- Finale: plutôt longue, elle est suave et d'une très grande élégance. L'iode et le sel, se mélangeant de façon harmonieuses, confirment à 100% un Islay et bien entendu un Bowmore.
Contrairement au Bruichladdich ci-dessus, il ne faut pas plus d'une gorfée pour reconnaître Bowmore, grâce à ces notes de violette si caractéristiques. Un très bon Bowmore, mais difficile à caractériser ; on a presque envie de dire "un Bowmore de plus". Personnellement, je préfère les Bowmore brut de fût, non réduits.
Caol Ila 1996, 11 ans, 46%
Islay, single malt, mis en bouteille par Gordon & MacPhail.
- Nez: dense ! Mélange de tourbe, herbe coupée, iode, poivre.
- Bouche: puissante, elle est néanmoins sèche, déployant une fougue épicée du plus bel effet. Place est faite ensuite à des notes d'agrumes.
- Finale: Longue et grasse ! Voilà de quoi "mâcher"... de superbes notes salées se mélangent à une tourbe fougueuse qui transportent directement en bord de mer.
Voilà le type de single malt d'Islay (cela ne faisait aucun doute) qui nous rappelle immédiatement pourquoi cette île est le Graal des amateurs de whisky... Au jeu du blind-test, j'étais parti sur un Ardbeg ; c'est en fait un Caol Ila plutôt costaud pour son degré en fait modeste. Au prix de 58€, c'est une bouteille au rapport qualité-prix imbattable. Encore un superbe tour de force d'un embouteilleur indépendant.
La soirée de dégustation d'avril 2008 fut donc vraiment à la hauteur et c'est avec grand plaisir que nous avons terminé sur une belle assiette de haggis, nips and tatties !
14:14 Publié dans Whisky | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Whisky, Bruichladdich, Bowmore, Caol Ila
01 mars 2008
Soirée Nikka - 27/02/08

Cette première soirée du Club de la Maison du Whisky intégralement consacrée au Japon couronne en quelque sorte une évolution des goûts et des préjugés. Premier producteur (en volume) de whisky au monde, devant l'Ecosse, le Japon produit certes des blends totalement copiés sur l'Ecosse (avec parfois des malts écossais dedans !), mais sur le plan des single malt, les distilleries japonaises n'ont plus grand-chose à démontrer. Et cela commence à furieusement se faire savoir chez les initiés et au-delà.
Certains single malt japonais obtiennent même de meilleures notes que les écossais lors de dégustation à l’aveugle, comme le Yoichi 10 ans, élu best of the best par Whisky Magazine en juin 2001.

Yoichi est justement l'une des deux distilleries du producteur Nikka. Construite en 1934 et située sur l'île d'Hokkaido, Yoichi propose probablement la crème de la crème des single malt japonais, en général tourbés, et demeure la perle du Nikka. L'autre distillerie japonaise due Nikka, Miyagikyo (construite en 1969), se situe sur l'île principale de Honshū, et produit des whiskies de malt (non tourbés) ainsi que des whiskies de grain.
Le whisky de grain est apparu en 1830 après le perfectionnement par Aeneas Coffey de l'alambic à colonne (patent still, à distillation continue). Initialement, le grain utilisé était de l'orge non maltée, mais il a été progressivement remplacée par un mélange de céréales à forte proportion de maïs, plus de l’orge, de l’orge maltée, du seigle et du blé. Le whisky de grain n'est quasiment jamais embouteillé tel quel, mais est utilisé pour l'assemblage de blends. Ses caractéristiques (goût neutre) sont utilisées pour "lisser" les single malts. Mais... il arrive parfois que certains single grain vieillis valent la peine d'être d'embouteillés et non pas mélangés aux single malt ; ils peuvent alors rivalisent avec les meilleurs single malt. C'est ce que propose le groupe Nikka grâce à Miyagikyo, et là encore le Japon se démarque face à l'Ecosse, qui ne compte plus que sept distilleries produisant du whisky de grain, la plupart n'en vendant pas aux particuliers mais uniquement à d'autres distilleries pour fabriquer leurs blends.

La soirée avait lieu chez Noriem, un magasin de mode de la rue Saint Honoré qui propose des objets (prêt-à-porter et décoration) sophistiqués, fusions de tradition et modernité japonaises. Tout en appréciant la démarche de proposer un endroit thématiquement relié au Japon, on peut toutefois regretter le manque de convivialité d'un magasin de mode chic (lignes épurées, disposition pas adaptée à recevoir un large public, etc.), et les problèmes fonctionnels qui vont avec (pas de toilettes...).
Certains linéaires avaient toutefois été vidés pour accueillir des dizaines de bouteilles de Yoichi et de Miyagikyo, avec nombre de single cask désormais épuisés mais qui avaient fait sensation aux derniers Whisky Live ! Néanmoins, les whiskies proposés à la dégustation, pas moins de cinq (plus deux cocktails différents à base du produit d'entré de gamme de chez Nikka, le blend From the barrel), étaient très alléchants.

Il s'agissait en effet de déguster les quatre whiskies (dans de belles bouteilles sérigraphiées) composant le coffret 70e anniversaire de Nikka : un single malt 12 ans de chez Yoichi, idem de chez Miyagikyo, un single grain, et un blend des trois. Enfin, le cinquième whisky était une nouveauté, une curiosité, mise sur le marché en novembre 2007 : un single coffey malt, limité à 3027 bouteilles pour le monde.
Concernant le détail des commentaires de dégustation, j'invite à reporter à la note complète postée sur le blog de la Maison du Whisky. Tout était d'un très bon niveau, rien de décevant comme d'habitude avec Nikka. Je me contente pour ma part de noter relativement sur 5 ces cinq whiskies :
Coffret 70th anniversary Nikka:
- Blend Nikka 12 ans, 58%: 3,5/5
- Single coffey grain Nikka 12 ans, 58%: 3/5
- Single malt Miyagikyo 12 ans, 58% : 4/5
- Single malt Yoichi 12 ans, 58% : 4,5/5
Single coffey malt 55% : 4/5
Ce "single coffey malt" est donc une véritable curiosité, puisqu'à l'instar des single grains, ce single malt a été distillé dans un alambic à colonne. Une originalité qui permettait donc d'avoir en une seule soirée la totalité des grands types de whiskies, et avec de l'innovation... ce qui met une fois de plus au whisky japonais de se distinguer. En tout cas, ce coffey malt est une réussite insolente, au juste prix par rapport à sa qualité.
Le représentant de Nikka en France, toujours aussi sympathique
Le whisky japonais, dont le fer de lance est incontestablement le producteur Nikka, a de beaux jours devant lui. En continuant d'aligner de telles réussites, il est impossible que la réputation du whisky japonais ne dépasse le cercle des amateurs passionnés. Il y a en tout cas des axes de communication possibles, comme inviter à déguster les classiques des restaurants japonais, tels sushis et makis, avec certains malts iodés de Yoichi, qui se marient très bien avec. Dommage d'ailleurs que cette soirée Nikka ne proposait d'ailleurs pas d'association de ce type, les rares sushis distribués ayant été à la fois bien trop peu nombreux par rapport à l'affluence, et pas servis aux bons stands.

Jacky et Jérôme, le maître Jedi et le padawan de l'art de la force de vente

Je veux ce single cask Yoichi 1990 à 60% !

"Inutile d'insister, il n'y a plus une goutte de Yoichi 12 ans... !"
22:45 Publié dans Whisky | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : whisky, nikka, japon, yoichi, miyagikyo
17 février 2008
Dégustation du 07/11/07 - Dalmore, Glenburgie, Arran, Laphroaig
Ayant de grandes difficultés à faire vivre ce blog, je n'ai pas pu encore couvrir la saison 2007-2008 du club de la Maison du Whisky. Après un Whisky Live en septembre 2007 de très haute tenue en ce qui concerne les whiskies présentés, la première dégustation de la saison a eu lieu en novembre 2007, sur trois soirées (petite taille du Harry's Bar oblige).
Arrivé très en retard ce soir-là, en nage et sans possibilité de s'asseoir (petite salle du sous-sol pleine comme un oeuf), j'avoue que les conditions de dégustation n'étaient pas optimales et je n'ai pas apprécié ces whiskies à leur juste valeur. Je m'abstiendrai donc de commentaires de dégustation détaillés, surtout en écrivant trois mois plus tard, surtout que pour une fois je n'avais pas pris de notes.
Je renvoie donc à la note du blog de la Maison du Whisky pour le détail et les commentaires de dégustation, que je me permets juste de nuancer de mémoire.
Le Dalmore 12 ans, 43 %, embouteillé en 1988, n'a pas impressionné grand-monde visiblement, malgré le fait que c'était un collector puisque cette version n'est plus en vente depuis longtemps.
La première star de la soirée était censée être ce Glenburgie très âgé (35 ans), de chez Gordon & MacPhail, alors encensé dans le Whisky Mag' par Martine Nouet, qui lui a décerné un 9/10 très rare, contrebalancé par un tout de même très bon 8/10 par Dave Broom. Je me souviens d'une belle finesse en bouche tirant à la fois sur les agrumes et les fruits jaunes, mais à 164€, non merci...! Evidemment il faudrait le regoûter dans de bonnes conditions, j'ai totalement conscience que je suis passé à côté de ce Glenburgie.
Le troisième whisky de la soirée était une jolie découverte de la gamme étendue d'Arran, distillerie de l'île du même nom, qui continue à se démarquer par des affinages toujours plus recherchés. Cette version à 50% provient de fûts de xèrès fino de chez Valdespino. Il n'y a pas à chipoter, Arran est un des maîtres des affinages, personnellement je ne cours pas trop après ces styles de vieillissement, mais quand c'est aussi bien fait, à un prix correct (61€), je suis convaincu.
Signatory Vintage a embouteillé en 2007 de nouveaux fûts de Laphroaig de 1991, tous à la force du fût, avec donc des degrés divers selon le fût. Déjà dégusté lors du Whisky Live 2007, mais du même fût, ces Laphroaig 16 ans, à "seulement" 83€, sont une réussite de plus pour l'embouteilleur Signatory Vintage, qui semble de toute façon relativement intouchable dans sa gamme Cask Strength. Une valeur sûre qui était déjà sur ma liste d'achat depuis le Whisky Live.
19:48 Publié dans Whisky | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Whisky, Dalmore, Glenburgie, Arran, Laphroaig
16 juillet 2007
Soirée vieux millésimes du 11/07/07 - Laphroaig, Karuizawa, Port Ellen, Glen Grant

Jean-Marc, notre maître Jedi du Club de la Maison du Whisky !
(c) La Maison du Whisky
Juillet conclut traditionnellement la saison de dégustation, au Club de la Maison du Whisky, avec une soirée (biannuelle) consacrée aux vieux millésimes. Soirée en générale hors normes par l'extrême qualité des whiskies dégustés. Juillet 2007 n'a pas fait exception.
Nous avons commencé par le mythique Laphroaig 30 ans, en voie de disparition (les derniers fûts ont été embouteillés, et Laphroaig ne pourra pas remettre sur le marché du 30 ans avant au moins 5 ans...). C'était d'ailleurs une version américaine (donc 75cl et pas 70), distillée en 1967. Considéré comme le nectar de l'île d'Islay, cette version possède un nez tellement enchanteur qu'on n'est pas du tout pressé de le boire. Très riche, on y retrouve ce caractère immanquable de Laphroaig : de l'iode, des épices, sans la tourbe. Mais il y a bien plus dans ce 30 ans : des agrumes évidents, mêlés étonnamment à un caractère floral évanescent. La bouche tient ses promesses avec une complexité - et équilibre - tout aussi remarquable. La tourbe fait son apparition, le sel aussi, contrebalancé par des notes de fruits rouges. Une grande classe, soulignée par une finale moelleuse et tourbée, très fine. Un seul petit regret : que ce 30 ans ne titre que 43%. Avec quelques degrés de plus, il apparaîtrait moins comme "whisky de soif" (de luxe certes...), ce qu'il ne peut pas être en pratique au vu de son prix (299€ la bouteille).
Dégusté à l'aveugle, ce whisky m'a évoqué un single malt complexe du Speyside, style Strathisla. Néanmoins, on sentait bien qu'il y avait un piège ; et en effet, encore une fois, c'est un japonais, qui tient la dragée haute à bien des écossais. En l'occurence, il s'agit de la distillerie de Karuizawa, récente découverte de la Maison du Whisky. Ce millésime 1988, embouteillé au degré naturel, est réellement superbe à tout point de vue. Le nez dénote des agrumes puissants (orange, citron). La bouche est très punchy (les 59,8% sont là !), mais séduisante en diable. Bien huileuse, elle offre une véritable détonation de saveurs tirant sur les fruits exotiques. Des notes herbacées font ensuite leur apparition, suivi d'une légère fumée étonnante, que l'on retrouve dans la finale qui dure, dure dure... A 95€, voilà un brut de fût qui va faire des ravages.
On revient à un vieux millésime (le Karuizawa n'était "que" une pause découverte !), avec une distillerie mythique, Port Ellen. Cette version issue de la collection Closed Distilleries, de la Part des Anges, est âgée de 24 ans (distillée en 1982, embouteillée en 2006). Ce brut de fût de 58,7% est une merveille, incontestablement pour moi la star de cette soirée. C'est un avec un sacré pincement au coeur qu'on déguste un tel bijou, en se disant évidemment à chaque dégustation qu'il s'agit d'une typicité appelée à disparaître. Port Ellen n'a jamais fait partie des Islay très tourbés, et c'est justement cette particularité qui en fait un des Islay les plus chéris. La tourbe et la fumée sont bien entendu de la partie, mais cette version exhale au nez et en bouche des fruits mûrs et un caractère empyreumatique. La finale, très élégante, rappelle le caractère marin de cette chère distillerie, avec une touche animale (cuir). A 159€ la bouteille, c'est un prix élevé, mais mérité, à peine déraisonnable vu la rareté croissante de Port Ellen.
Pour finir, nous avons dégusté un cask strength de chez Signatory Vintage, une des collections préférées de tous les amateurs qui se respectent. Glen Grant 1965, 40 ans, 56.8 %, d'un brun rougeâtre qui ne laisse aucun doute : fût de sherry ! C'est qu'en 40 ans, il a eu le temps d'être marqué par le sherry... qui est donc très présent, trop à mon goût, même si ce vieux monsieur est évidemment d'une grande classe, comme en témoigne sa grande douceur en bouche malgré son degré fort respectable. Certains parlent de porto, on ne peut en effet nier cet aspect vineux. La finale est magnifique, très longue et marquée par le boisé et une très belle amertume. Mais... comme trop souvent, à mon opinion, ces très vieux whisky sont très concentrés, trop "verticaux". En même temps, ce qu'ils ont à offrir est une finesse incomparable, mais je me demande même si on l'apprécie à sa juste valeur après 3 whiskies déjà haut de gamme... Comme l'écrit Gaël Caté au sujet de ce Glen Grant : "C'est émouvant de déguster une essence même de whisky"... en effet, mais son prix aussi est émouvant (299€). Pour l'instant, je préfère largement deux bouteilles pour ce prix là, qui me procureront chacune au moins autant de plaisir. Un jour, sans doute, je saurai me rendre aux charmes de ces très vieux millésimes !La trêve d'été est donc lancée au Club, mais septembre va voir l'événement de l'année pour tous les amateurs, avec le Salon du Whisky, qui migre pour la première fois du Palais Brongniart vers les salons de Christie's. Placé sous le signe des collectors, on en meurt littralement d'impatience, d'autant plus qu'il y aura quantité d'événements organisés en marge du salon : Whisky & Cocktail, Whisky & Wine, Rugby Live, Whisky & Women, Whisky & Food, Whisky & Cigare... Ha, si seulement j'avais le don d'ubiquité ! Encore merci à cette équipe de passionnés qui nous procure tant d'émotions.
22:00 Publié dans Whisky | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : whisky, alcool
16 juin 2007
Dégustation du 14/06/07 - Soirée The Balvenie
La soirée du Club de la Maison du Whisky de chaque mois de juin, avant-dernière de la saison, est en général exceptionnelle. L'an dernier, c'était au Mercedes-Benz Center. En 2007, autre lieu exceptionnel : la fondation Done-Thiers, qui abrite une précieuse bibliothèque consacrée à l’histoire de France au XIXe siècle, dans un élégant hôtel particulier de style Louis XVI, qui donne sur la très jolie place Saint-Georges dans les beaux quartiers du 9e arrondissement de Paris.

Vue sur la place St Georges depuis la fondation Done-Thiers
Au programme : une soirée spécialement consacrée à toute la gamme de The Balvenie, distillerie bien connue du Speyside, en présence de David Stewart, maître de chais de la vénérable institution produisant uniquement des single malts. Pour l'occasion, cette soirée était organisée en collaboration avec la Maison des Trois Thés sous l'égide de Yu Hui Tseng, experte en thé de renommée mondiale. Tseng et Stewart ont ainsi choisi de jouer le jeu des associations pour The Balvenie, single malt à l’élaboration artisanale dont la qualité et la palette aromatique présente des similarités marquées avec des thés d’exception choisis par la Maison des Trois Thés (thés ayant des productions n'excédant pas les 800 kg de récolte annuelle).
C'est justement par une séance de dégustation en comité restreint, dans une des salles de la bibliothèque au premier étage de la fondation, que nous avons débuté la soirée, en partant à la découverte de deux associations whisky/thé, actuellement commercialisées pour la fête des pères sous forme d'un coffret original :1. The Balvenie 10 ans Founders / Thé Gan Xiang (bleu-vert, semi-fermenté)
2. The Balvenie 14 ans Roasted Malt / Thé Yun Hong (rouge, fermenté)
Le 10 ans, aux notes de fruits mûrs (pomme, prune) et de fruits exotiques (ananas), agrémentés d’épices et de vanille, fait écho au caractère persistant du Gan Xiang, marqué par des parfums de zestes d’agrumes et de fruits jaunes équilibrés par des notes miellées.
Le 14 ans Roasted Malt, fruité (pomme, mirabelle) et miellé, évolue vers des notes chaleureuses fumées, toastées, et de fruits secs, avec un boisé bien présent, contrastant ainsi avec la fraîcheur élégante du Yun Hong, rond et doux, aux accents fruités d'abricot et de pomme mûre.
A mon avis, l'accord du 10 ans Founders avec le Gan Xiang, jouant l'alliance du fruité intense, était plus réussi. Mais contrairement aux idées reçues, le whisky n'"écrase" pas le thé si la palette aromatique n'est pas en totale discordance ; au contraire, l'un et l'autre peuvent souligner leur similitudes et leur complémentarité. Le but est simplement de montrer que la complexité de chacun de ses breuvages nécessite le même vocabulaire, évoquant des notes bien souvent identiques. En dehors de cela, il n'est pas question de mélanger l'un à l'autre...

Deux beaux accords thés/whiskies fins et élégants
Une fois de retour au rez de chaussée de la fondation, chaque version de The Balvenie était en dégustation à un stand, avec plusieurs fort agréables bonus. Passons sur le 10 ans et le 14 ans roasted, déjà dégustés avec les thés, pour se focaliser sur deux versions particulièrement intéressantes : le 15 ans Single Barrel (47,8%) et le 17 ans New Wood (40%).
Le 15 ans, disponible en quantité très limitée, puisque provenant d’un seul fût de bourbon (Single Barrel), possède un nez puissant avec de fortes notes d’écorces d’orange. La puissance se retrouve totalement bouche (les 47,8% sont bien là), mais sa rondeur et sa finale sèche en fin un whisky très facilement buvable. Le stand proposait en accompagnement une gélatine glacée au thé Gan Xiang. A 62 € la bouteille, le rapport qualité prix ne me paraît tout de même pas assez compétitif.
Néanmoins, le stand phare de la soirée était celui consacré au Balvenie New Oak 17 ans (92 € la bouteille), vieilli en fûts de chêne blanc américain, pour un single malt aux notes d’épices et de vanille. Ce single malt séjourne 4 mois dans des fûts neufs et toastés, c’est à dire sur-brûlés puis humidifiés pour activer les tannins du bois. Un exercice qui nécessite une parfaite maîtrise du processus pour que la fougue du bois de chêne neuf n’emporte pas le caractère originel du distillat.
Le point fort de ce stand était l'association avec un macaron estampillé Pierre Hermé, le célèbre pâtissier, qui avait créé pour l'occasion une recette de sa spécialité : des macarons au thé Gan Xiang. Une association sucrée qui adoucit les puissants arômes de bois de ce Balvenie New Oak. Le macaron, fin et crémeux, était une totale réussite dans lequel les notes d'agrumes et de fruits jaunes resortaient avec beaucoup d'élégance, magnifique réponse à l'amertume des agrumes du nez de ce malt. Je ne sais pas combien j'ai mangé de macarons, mais même à la fin, quand pratiquement tout le monde était parti, il en restait encore. Merci Monsieur Hermé pour la recette et merci à ceux qui ont payé la facture... !Quelques commentaires sur ce 17 ans. Son nez est assurément très fin et complexe. Il est marqué par les fruits mûrs (pomme) et l'amande. La bouche est presque huileuse. L'affinage en fût neuf est souligné par des notes de vanille et de noix et évolue vers les épices. Belle amertume. La finale est douce et marquée par les fruits secs. Un beau malt néanmoins un peu cher, quand on voit ce qu'on peut avoir pour des prix équivalents chez des embouteilleurs indépendants.
Enfin, le haut de gamme était présent aussi par l'intermédiaire du 21 ans Portwood (40%), à peine plus cher (97 €). Vieilli pendant 21 ans en fûts traditionnels, ce single malt passe quelques mois dans des fûts ayant contenu des portos prestigieux durant près de 30 ans. Cette maturation marque sensiblement ce malt, avec des notes de fruits très mûrs (pêche, abricot) typiques de l'affinage au porto. En bouche, il est d’une extrême rondeur, suave et délicat. La finale est cependant assez courte et pas spécialement mémorable. Une version brut de fût était proposée à la dégustation, ce qui était une comparaison fort intéressante puisqu'elle n'est pas commercialisée. Si cette fois on y trouvait la puissance qui me manquait, il faut bien reconnaître que la subtilité y était moindre.
The Balvenie ne produit clairement pas le type de malts prompts à me faire craquer illico presto. Je mettrais à la limite volontiers le 17 ans New Oak dans mon bar si le prix en était plus compétitif. The Balvenie est néanmoins une des grandes distilleries du Speyside, et merci au Club pour cette soirée extrêmement agréable et réservée à des chanceux, il faut le reconnaître.
13:05 Publié dans Whisky | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : whisky, balvenie, macaron, cuisine
15 juillet 2006
Dégustation du 07/07/06 - Port Ellen, Glenglassaugh, Talisker
Par manque de temps, pour une fois, je renvoie à la note du blog de la Maison du Whisky pour le détail et les commentaires de dégustation.
Ma réaction sur cette soirée :
Quelle soirée... Que dire, nous sommes gâtés !!! Je ne m'attendais pas à de tels calibres pour cette soirée "vieux millésimes".
Le Glenglassaugh était assurément la vedette de la soirée.
Un peu déçu par le Port Ellen au début, je l'ai regoûté à la fin, et... plus rien à voir ! La subtilité vantée par Jean-Marc était là, cette fois...
Le Talisker m'a semblé un peu trop vieux, ou trop marqué par le sherry. Je lui ai trouvé trop peu de complexité, mais c'était la première fois que je goûtais à un whisky de cet âge et j'ai été frappé de constater à quel point on "sent" le poids des âges, comme un vieux bordeaux ou un vieux cognac peuvent le faire. C'est indéfinissable et pourtant immanquable.
12:05 Publié dans Whisky | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
07 juin 2006
Dégustation du 01/06/06 - Glenmorangie, Bushmills, Johnnie Walker, Ardbeg, Talisker, Lagavulin

La dégustation de juin avait lieu dans un endroit prestigieux : le plus beau show room de France de Mercedes, le Mercedes-Benz Center à Rueil-Malmaison. Au programme, pas moins de 6 distilleries différentes et 8 whiskies à déguster (!), avec découvertes d'alliances gustatives des plus intéressantes...
Les plus blasés argueront que les distilleries étaient "bien connues" et n'apportaient donc nulle découverte, ce à quoi je rétorquerai immédiatement que le Club n'est pas constitué que d'experts (pour ma part, je n'avais jamais rien dégusté de 3 distilleries sur 6), et que les produits proposés par ces maisons étaient souvent loin de constituer des versions dégustées couramment.
Les 6 distilleries étaient réparties en 6 stands, disséminés dans le MBC (3 au rez-de-chaussée, 3 à l'étage), ce qui permettait de profiter des fantastiques Mercedes exposées (en dehors des voitures de luxe à vendre, dans lesquelles on pouvait même monter, il y avait des parties "musée" avec des SL300 d'exception, etc.). Mais il n'y avait pas que le lieu qui était prestigieux ; nombre de distilleries avaient choisi des versions très haut de gamme de leurs produits... Voici un petit compte-rendu, stand par stand, dont l'ordre est celui qui était suggéré par l'organisation afin de ne pas se casser le palais.
Glenmorangie : Cette distillerie est célèbre (entre autres) pour ses alambics pot still les plus hauts d’Ecosse (5m13). Ces alambics jouent un rôle prépondérant dans le caractère léger et subtil du Glenmorangie. Seules les vapeurs d’alcool les plus volatiles sont en effet récupérées. La version proposée ce soir là était l'Artisan Cask (46%), un single malt distillé en 1995, vieilli en fût de bourbon de premier remplissage. Le moins qu'on puisse dire c'est que ce whisky est surprenant : le nez est plutôt épicé avec des notes de caramel, et en bouche, il est très fin mais plutôt sucré (vanille), et la finale poivrée... un mélange fort surprenant ! Très agréable à boire, en apéritif ou en dessert j'imagine. Si j'ai bien compris, cette version sera mise prochainement en vente en France. Reste à voir le prix, car au Royaume-Uni cette version vaut à peu près 45 euros les 50 cl. (car attention, son flacon fait bien 50 et pas les traditionnels 70 cl...).
Bushmills : On ne présente plus Bushmills ! Voir au besoin la soirée spéciale Bushmills de mars 2006. Ce qui est super pour nous membres du Club, c'est que le Bushmills présenté ce soir était différent de ceux dégustés en mars ! Et toujours dans le haut de gamme : cette fois, c'est le 21 ans (40%), single malt vieilli en fûts de madère. Rien qu'au nez, on sait qu'on a bien affaire à un Bushmills (épices, miel...). En bouche, c'est d'une finesse vraiment extra, avec les notes subtiles de fruits (agrumes) et de chocolat... or justement, ce Bushmills était à déguster avec la première association de la soirée : une alliance de glace à la vanille/mandarine avec chocolat et morceau d'orange, chaque ingrédient étant censé souligner ces arômes présents dans ce whiskey. J'ai trouvé cela intéressant, sans être pour autant vraiment convaincu. Il m'a sembleé que ce Bushmills était trop fin et peut-être pas assez puissant (40% donc) pour faire face à cette bouchée (excellente par ailleurs !). Encore un Bushmills vraiment intéressant, mais au prix un peu trop élevé (environ 140 euros).
Johnnie Walker : Je vois d'ici des mauvaises langues rire sous cape. Quoi, Johnnie Walker, dont le Red Label est le whisky le plus vendu au monde, était présent à cette soirée ? Oui... Bien qu'on puisse snober les blends, JW propose plusieurs types de "labels", avec des qualités évidemment croissantes : Red, Black, Green, Gold et Blue. Je n'avais jamais rien bu au-dessus du Black, et ça tombait bien car on nous proposait du Green, et le top du top chez JW, le Blue ! Rappelons que JW est un mélange de single malts de 4 distilleries : Cragganmore et Linkwood (du Speyside), Caol Ila (île d'Islay), et Talisker (île de Skye). La bonne idée du stand était de proposer 4 whiskies de ces distilleries pour en apprécier le nez et voir comment on en retrouvait les composantes dans les blends de JW. Le Green (43 %, 15 ans - l'âge dans un blend désignant le plus jeune âge des single malts présents dans le blend) a assez peu d'intérêt à mon avis ; on retrouve ce manque de personnalité qui caractérise les blends. Par contre, avec le Blue, je comprends qu'on puisse aimer un blend. Mais à quel niveau de prix faut-il alors monter (environ 150 euros !). Même si la qualité est surprenante, ce qui me plaît le plus dans le Blue est constitué d'arômes que j'aime dans les single malts dont il est issu (Caol Ila et Linkwood notamment). Et désolé, mais à ce prix là, personnellement je préfère aller vers des single malts de ces distilleries. Mais c'était vraiment une chouette opportunité que de pouvoir enfin faire connaissance avec le Blue à l'oeil...
Un bar à cocktails était également à notre disposition, avec des produits autres que du whisky : du gin et de la vodka. Avant de monter à l'étage, je décidais de me rincer le palais avec un cocktail amer, et c'est ainsi que je pus découvrir une superbe vodka, française de surcroît (faite à Gaillac !), distillée cinq fois à base de pépins de raisin : Cîroc. On ne le trouve pas en grande surface, mais chez les cavistes, et pour environ 30 euros, voilà une belle affaire ! Découverte "dry" (même formule que pour le gin : vodka, avec un soupçon de Noilly-Prat, et une olive !), on peut dire que ce fut un surprenant et délicieux intermède !
Ardbeg : 4ème distillerie de la soirée, et le début des choses vraiment sérieuses ! Distillerie réputée mais uniquement auprès des connaisseurs (Ardbeg produit les single malts les plus tourbés d'Ecosse), j'avais hâte de découvrir enfin cette distillerie. Il y avait en fait deux stands Ardbeg : un où l'on pouvait déguster le single malt Still Young (56,2%, cask strength), et un autre où l'on pouvait découvrir une alliance avec des cigares (faits sur place, roulés à la main devant les amateurs ébahis) avec un autre single malt, Uigeadail (54,2%, cask strength). N'aillant découvert le stand "cigare" qu'à la fin (il était "caché" afin que la fumée ne perturbe pas la dégustation générale - excellente initiative d'ailleurs), j'avoue ne pas avoir pu me faire une idée fidèle du Uigeadail (après 7 whiskies, même avec rinçages entre chaque, le palais est à la fin quelque peu perturbé). Ce que je sais, c'est qu'il a été lancé en 2003, et créé à partir de fûts sélectionnés datant des années 1990 et certains bien plus anciens ayant contenu du sherry. Par contre, je peux parler du Still Young, qui doit son nom à ses 8 ans de maturation pour la version mise en vente en 2006 (contre 10 pour la première version portant un âge dans la gamme des Ardbeg).
Entièrement produit dans des fûts de premier remplissage, cette mise en bouteille est la deuxième d'une série annuelle provenant du même distillat. En 2004, une version 6 ans avait été mise en vente (Very Young). Chaque année, Ardbeg va sortir une version de ce distillat jusqu'à ce que ces fûts aient atteint l'age traditionnel de 10 ans.
Embouteillé à un taux d'alcool musclé de 56,2, le STill Young est très impressionnant ; ce n'est pas forcément subtil, mais il faut avouer que la séduction est quasiment immédiate. Ardbeg produit les malts les plus tourbés d'Ecosse ? Et comment ! La bouche est un feu d'artifice de tourbe, de fumée et de sel, avec une finale néanmoins herbacée, fruitée et longue, mais longue... Il y a un manque de complexité lié sans doute au jeune âge, mais pour une première rencontre avec Ardbeg, quelle rencontre ! Le prix de 49 euros en fait une sacrée affaire... Bravo !
Talisker : L'unique distillerie de l'île de Skye est bien connue. Nous avions droit ici au haut de gamme de Talisker, une version 20 ans cask strength titrant 58,8 %, vieilli en fûts de bourbon. Le whisky était ici proposé avec une alliance de saumon cru (une fine tranche roulée et fourrée de tapenade d'olive noire). Je dois dire que la fatigue des sens commençait à se faire sentir et c'est extrêmement dommage car je pense être passé à côté de ce Talisker, dont le caractère iodé s'accordait vraiment bien à mon goût avec la saumon (qui était d'une qualité irréprochable), mais j'ai eu le sentiment que c'était du whisky trop haut de gamme pour être marié ainsi à de la nourriture. Bref, à regoûter, les papilles reposées et sans accompagnement.
Lagavulin : L'exceptionnel était pour la fin, et ce n'est qu'à ce moment-là que j'ai compris notre erreur tragique. En arrivant au 6ème stand, et après avoir dégusté avant 6 whiskies, une vodka et des petits fours, même avec des rinçages réguliers, le palais n'est donc plus en état d'apprécier à sa juste valeur un whisky de la classe de celui proposé par Lagavulin ce soir là : le top du top de la distillerie, le 25 ans cask strength titrant 57,2%. Il aurait donc fallu sauter quelques stands et venir directement à celui-ci, ce qu'on fait visiblement des connaisseurs par ailleurs bien peu respectueux de leurs pairs, puisque des indélicats se sont grassement servis et re-servis, tant et si bien que de nombreuses personnes n'ont rien eu (nous avons eu les dernières gouttes de l'ultime bouteille). Carton rouges à ces égoïstes et carton jaune au stand qui aurait pu assez facilement repérer qui venait se re-servir.
Le Lagavulin 25 ans, limité à 9000 bouteilles, coûte quand même la bagatelle de 240 euros. Avec 2cl dans le verre, on nous en offrait déjà en gros 7 euros de valeur commerciale. En outre, ce Lagavulin était proposé avec une alliance curieuse mais excellente : pain d'épice avec morceau de roquefort, poire et bergamote, chaque ingrédient étant censé se retrouver dans le whisky. Cette fois, j'ai pris soin de déguster séparément le whisky. J'en ai un souvenir exceptionnel. Là encore reste la frustration de ne l'avoir évidemment pas apprécié à sa juste valeur donc je n'en parlerai pas.
Conclusion : Une soirée très bien organisée (navettes pour nous emmener au MBC depuis la Porte Maillot, navettes pour le retour avec trois horaires différents...), des distilleries pour la plupart très connues mais proposant des versions très haut de gamme, des alliances avec des produits de très belle qualité, un lieu exceptionnel... Franchement, c'était fantastique, mais peut-être... trop ! Trop de bonnes choses en trop peu de temps (les deux heures sont passées à une vitesse...), et une sensation un peu absurde de frustration, du coup ! Sensation de ne pas avoir apprécié les plus beaux whiskies proposés à l'étage, faute de temps. Personnellement, il m'a manqué évidemment l'aspect chaleureux des dégustations habituelles à l'aveugle avec les commentaires de Jean-Marc ou de Corinne, mais c'était ici impossible bien entendu ! Cela aurait été plus intéressant que les échanges avec le personnel de certains stands qui nous ont pris soit pour des novices (étaient-ils au courant que c'était une dégustation pour les membres du Club de la Maison du Whisky ?), soit pour des clients potentiels à qui il fallait vendre le produit (Johnnie Walker, hum...). C'était toujours gentil, mais pas forcément adapté au profil des membres du Club. Ce sont des détails évidemment mineurs qui ne rabaissent en rien le plaisir éprouvé lors de cette soirée, dont l'existence était une véritable chance. Encore MERCI !

16:00 Publié dans Whisky | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Alcools!, alcools, alcool, whisky
15 mai 2006
Dégustation du 09/05/06 - Redbreast, Linkwood, Bowmore
La quatrième dégustation de l'année avait lieu dans le pub irlandais O'Sullivans où nous étions de retour pour la seconde fois (cf. dégustation de mars).
Contrairement à la dégustation de mars, nous n'étions pas 130 membres du Club à être présents, mais sans doute à peine la moitié ; c'est assez étonnant vu que les vacances scolaires de la zone parisienne étaient terminées, mais c'était du coup beaucoup plus calme et grâce aux dimensions confortables de la salle, tout le monde était assis. Un GRAND merci à Corinne de la Maison du Whisky pour avoir demandé aux fumeurs d'essayer de se retenir pendant la dégustation. Le plaisir du nosing en fut décuplé !
C'est extrêmement agréable de voir un Club être aussi à l'écoute de ses membres. Ceci a en outre encore été vérifié par les prix des trois whiskies dégustés ce soir là, brossant une large gamme de prix.
Redbreast 15 ans, small batch, 46%

Pure pot still irlandais provenant de l’assemblage de quelques fûts (moins de 20), ayant contenu du bourbon et du sherry.
- Nez: puissant (alcoolisé), boisé, herbacé, quelques notes de fruits mûrs.
- Bouche: miel, épices.
- Finale: sucrée, puis légère amertume, (trop) courte.
Linkwood 1990, single cask, 45%

Single malt irlandais de Speyside, provenant d’un fût unique de sherry de premier remplissage (fût n° 6950). Cette version de négoce mise en bouteille par Gordon & MacPhail appartient à la gamme Single Cask créée par la Maison du Whisky.
- Nez: mentholé, épicé.
- Bouche: puissante, marquée par le sherry, avec des touches sucrées.
- Finale: florale.
Bowmore 1982, single cask, 54,7%
Single malt de l'île d'Islay provenant d'un fût unique de bourbon, mis en bouteille par Duncan Taylor.
- Nez: assez aigre, épicé.
- Bouche: violette très marquée en attaque, puis iode.
- Finale: très finement tourbée, poivrée.
17:45 Publié dans Whisky | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Alcools!
18 avril 2006
Dégustation du 11/04/06 - Aberfeldy, Caol Ila
La troisième dégustation de l'année était scindée en deux sessions, en raison du succès (mérité) du Club, ce qui rend impossible de faire tout le monde désormais dans le pub écossais The Auld Alliance où nous étions de retour (cf. dégustation de février).
Du coup, nous étions à peine une cinquantaine (les vacances de Pâques aidant), mais c'était plus intimiste et plus agréable : moins de brouhaha, moins de fumée (haaaa!). Par contre, pas de haggis en raison d'un "problème technique" (?), et pas de micro en raison d'un problème de sono. Pour compenser, nous eûmes le droit à la fin d'être resservi du whisky de notre choix... Classe !
Je salue le Club d'être autant à l'écoute de ses membres : cette fois, nous eûmes droit à des whiskies aux prix plus abordables (entre 40 et 70 euros), ce qui moins frustrant quand on craque pour l'un d'entre eux... et ce fut encore le cas !
Aberfeldy 1993, single cask, 46%

Single malt irlandais des Lowlands, non filtré à froid, vieilli en fût de sherry, mis en bouteille par Gordon & MacPhail.
- Nez: très alcoolisé, quelques notes de fruits type abricot. Peu inspiré pour ma part.
- Bouche: Très sèche, évoque la mirabelle, mais la pauvreté du nez est confirmée hélas en bouche à mon avis.
- Finale: très courte, ne m'a rien évoqué en particulier.
Caol Ila 1996, single cask, 57%

Single malt irlandais, cask strength, vieilli en fût de bourbon, mis en bouteille par Berry Brothers.
- Nez: épices, tourbe (en retrait), notes florales. Très joli équilibre.
- Bouche: huileuse, puissante, fumée, cendre, végétale.
- Finale: poivrée, puis sucrée.
Caol Ila 1994, small batch, 58,2%
Single malt irlandais, cask strength, vieilli en fût de bourbon, mis en bouteille par Gordon & MacPhail.
- Nez: léger mais incroyablement fin et original, mélage de fruits frais, d'agrumes et de tourbe.
- Bouche: finement épicée, magnifiquement riche et complexe. Notes herbacées, fruits mûrs...
- Finale: équilibrée et fort longue, légèrement iodée, avec toujours une persistence des fruits mûrs.
Bilan : une soirée plus relaxante, avec des whiskies plus abordables, sans sacrifier la qualité... Que demander de plus ?
11:40 Publié dans Whisky | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Alcools!
15 mars 2006
Dégustation du 14/03/06 - La gamme Bushmills
La deuxième dégustation de l'année, à trois jours de la Saint Patrick, était donc bien sûr consacrée aux... whiskeys, les whiskies irlandais ! A cette occasion, direction vers le pub irlandais O'Sullivans, boulevard de Clichy (Paris 18ème). Nous avions rien que pour nous une grand salle à part (servant apparemment de discothèque habituellement). Heureusement, car cette soirée du Club de la Maison du Whisky a battu un record d'affluence avec 130 membres présents. Nous étions ainsi moins tassés, quasiment tout le monde pouvait s'asseoir, et surtout la cigarette ne nous a cette fois pas étouffés.
Néanmoins, une petite déception fut de mise, pour moi, mais je n'étais visiblement pas le seul. La Maison du Whisky nous a fait déguster non pas un petit panel de whiskeys de différentes distilleries, mais 4 variétés provenant de la distillerie Bushmills (oui, 4 nosings au lieu des 3 habituels, ce bonus était évidemment le bienvenu !). De plus, les serveurs n'ont pas pris la peine de cacher les flacons, rendant la dégustation bien moins à l'aveugle.
Si l'exercice est en lui-même intéressant (j'y reviens), il est un peu frustrant de ne pas pouvoir profiter de l'occasion pour découvrir des whiskeys de distilleries différentes et qui méritent sans doute le détour (Connemara, Redbreast, Jameson...).
N'ayant pas pris de papier ni de stylo, et n'ayant pas été ultra séduit par les Bushmills, je ne fais pas de commentaire détaillé (nez, bouche, finale).
Bushmills Black Bush, blend, 40%

Blend irlandais à fort pourcentage de single malt.
C'est l'entrée de gamme de Bushmills, pas le premier prix, mais le deuxième. Pour un peu plus de 20 euros, voilà un whiskey fruité en bouche, léger, avec une finale très courte, qui peut justement plaire à ceux qui n'aiment pas trop les whiskies écossais charpentés et puissants. Le rapport qualité/prix est excellent, et quand on pense qu'une bouteille de Black Bush coûte le même prix qu'un Ballantine's 12 ans single malt... Après cette mise en bouche sympathique mais modeste, nous attendions le début des hostilités avec impatience.
Bushmills bourbon cask 1989, single cask, 56,5%

Single malt irlandais d'embouteillage officiel, cask strength, provenant d'un seul fût ayant contenu du bourbon.
Bushmills sherry cask 1989, single cask, 53,7%

Single malt irlandais d'embouteillage officiel, cask strength, provenant d'un seul fût ayant contenu du sherry.
Bushmills rum barrel 1989, single cask, 54,1%

Single malt irlandais d'embouteillage officiel, cask strength, provenant d'un seul fût ayant contenu du rhum.
Commentaires d'ensemble :
Epices (poivre), céréales et fruits (poire, mirabelle, agrumes) sont les dominantes générales en nez et en bouche. Le nez est quand même en général assez peu complexe, la bouche l'est bien plus, très puissante (une mince dilution fut nécessaire), et vraiment unique. Là est tout le charme du whiskey. Il nous transporte ailleurs et il se démarque totalement des géants écossais. La finale est remarquable en général, mais la version vieillie en fût de sherry se détache haut la main (superbe mélange de sucre - caramel - et d'amertume). Les "cadres" de la Maison du Whisky nous ont à chaque fois parlé de fruits rouges que je n'ai jamais trouvés !
Goûter à ces versions single casks de même âge mais de fûts différents était très intéressante pour se comprendre comment ces alcools (bourbon, sherry et rhum) influent et révèlent des notes parfois paradoxales.
La version sherry cask était normalement destinée au marché canadien, mais a priori la Maison du Whisky va donc en vendre quelques bouteilles. C'est la version la mieux équilibrée, et j'en aurais fait volontiers l'acquisition, mais la découverte des prix (de 120 à 150 euros) m'a fait changer d'avis.
Le rapport qualité/prix ne me paraît pas du tout justifié, quand on voit la qualité (supérieure) et prix (inférieur) des single malts écossais dégustés en février dernier. C'est bien dommage ! Voilà qui ne va pas développer le marché assez confidentiel des whiskeys...
15:55 Publié dans Whisky | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Alcools!
10 février 2006
Dégustation du 09/02/06 - Linkwood, Glenlossie, Yoichi
Première dégustation pour Arnaud et moi hier soir depuis notre adhésion fin janvier au Club de la Maison du Whisky !
L'adhésion annuelle (cotisation : 100 euros) est "rentabilisée" d'entrée par une bouteille d'accueil (un Caol Ila non filtré à froid très agréable et facile à boire), un abonnement d’un an à Whisky Magazine (revue remarquable par sa qualité rédactionnelle et sa mise en page), et une entrée gratuite au Whisky Live à Paris ("salon" annuel du whisky à Paris en septembre).
Les dégustations mensuelles sont donc du "bonus" mais c'est quasiment ce qui m'intéresse le plus ; pouvoir enfin déguster des whiskies avant de les acheter ! Et évidemment, faire connaissance avec d'autres passionnés, et enrichir ses connaissances à leurs côtés.
Nous ignorions néanmoins à quoi nous attendre, aussi bien pour l'organisation que la qualité des whiskies dégustés (sur lesquels les membres du Club ont une remise de 10%, dernier avantage non négligeable !).
La dégustation avait lieu dans le seul pub écossais de la capitale, The Auld Alliance. Ce pub magnifique l'est encore plus à l'intérieur où le ton est donné : des dizaines de bouteilles de whiskies trônent au dessus du bar, rangés par régions d'Ecosse. L'hôte des lieux, Steve, a tout de l'Ecossais typique convivial qu'on peut se représenter. Après un cérémonial amusant à base de cornemuse et d'éventrage de haggis (panse d'agneau farcie, le plat traditionnel écossais, qu'on peut déguster sur place), la dégustation elle-même peut commencer, après 3/4 d'heure de retard sur l'horaire prévu, mais quasiment tous les gens attendus étaient là (environ une centaine ; heureusement, le pub est grand).
Premier bon point, les whiskies sont dégustés à l'aveugle. Deuxième bon point, ce sont de vrais verres à dégustation (le contraire m'aurait étonné, mais sait-on jamais...). Troisième bon point, les quantités servies sont vraiment impeccables (4 cl environ ; avec 3 whiskies au programme, plus serait dangereux !). Quatrième bon point, un esprit amical et décontracté règne : pas de cohue pour se servir, on se fait passer les verres de manière à ce que les gens du fond n'aient pas à se déplacer. Cinquième bon point : les whiskies dégustés sont vraiment des hauts de gamme !
Premier et seul point noir de la soirée : la fumée de cigarette de soi-disant "amateurs" de whisky qui ruinent une grande partie du plaisir du whisky nosing... Incompréhensible. Ces fumeurs étaient heureusement minoritaires mais dans un espace renfermé, ils en faut peu pour nuire efficacement à la majorité.
Nous dégustons chaque whisky pendant environ 20 minutes, laissant les amateurs échanger leurs impressions et jouer aux devinettes sur l'âge, la provenance... puis Jean-Marc Bellier de la Maison du Whisky prend le micro pour nous révéler enfin l'identité du brevage, puis nous gratifie de ses commentaires avertis. Voici les miens, plus modestes, et il faudra absolument que je les écrive sur le vif dorénavant car il n'est pas évident de se remémorer précisément les sensations le lendemain !
Linkwood 1980, single cask, 46%

Single malt de Speyside, non filtré à froid, provenant d’un fût unique de second remplissage ayant contenu du sherry (fût n°8247). Une version de négoce mise en bouteille par Gordon & MacPhail.
- Nez: très agréable car fruité (abricot) et fin. Complexe, prometteur et pas écoeurant.
- Bouche: l'abricot est toujours là mais avec des agrumes. Néanmoins je trouve peu de complexité à cette bouche, me semblant écrasée par l'alcool. A l'aveugle, j'aurais parié sur un whisky assez jeune, pas encore mature.
- Finale: fruit secs, touche de vanille, mais un trop légère à mon goût.
Glenlossie 1978, single cask, 57,1%

Single malt de Speyside, cask strength, embouteillé par Signatory Vintage au degré naturel, provenant d’un fût de bourbon limité à 147 bouteilles.
- Nez: complexe (trop pour mon bagage), ample et puissant, on sent qu'on change de registre.
- Bouche: cette fois la bouche ne déçoit pas, au contraire, elle tient toutes les promesses du nez : profonde, très puissante (le degré n'y est pas pour rien !), très complexe : céréales, fruits secs, caramel, épices... Fantastique !
- Finale: évoque un vieux sauternes, tout comme sa robe d'ailleurs.
Yoichi 1987, single cask, 49%

Single malt japonais d'embouteillage officiel, provenant d’un seul fût et embouteillé au degré naturel.
- Nez: tourbé, fumé, fruité, très fin.
- Bouche: la tourbe est là, mais en retrait face à l'épice et aux fruits mûrs. Equilibre époustouflant. Ne fait pas son degré, très trompeur !
- Finale: onctueuse, légèrement marine, maltée.
Bilan : une première soirée de whisky nosing agréablement surprenante, vivement la suivante ; mais il faudra patienter un mois ! Pourquoi ne nous sommes-nous pas inscrits avant ?
14:10 Publié dans Whisky | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : Alcools!

