28 juin 2008
Björk, Olympia, 25/06/2008

L'une des artistes contemporaines les plus abouties est enfin revenue sur scène à Paris (où ses derniers concerts remontaient au 16 et 17 juin 2003 à Bercy). Concert évènementiel : annoncé seulement deux semaines avant, les places se sont arrachées en quelques dizaines de secondes sur le site web de la Fnac qui les proposait en exclusivité, et tout ça pour quoi ? Parce que Björk a choisi d'enregistrer son nouveau DVD à l'Olympia. Immense cadeau ainsi offert aux fans français !
Un concert filmé garantit en général une ambiance survoltée (un minimum pour un Volta Tour !), ce qui s'est bien vérifié encore une fois (rappel nostalgique de Mika à l'Olympia presque un an auparavant). Après un début en fanfare avec Earth Intruders, Björk n'a pas joué la carte de la facilité car hormis une toute petite poignée de tubes, elle a exploré son répertoire écartant les grands classiques (un tiers exactement de la setlist provenant de Medùlla, l'autre tiers de Volta, le reste réparti ensuite respectivement entre Homogenic, Post et et Vespertine, Debut étant totalement ignoré). Néanmoins, Björk s'est toujours démarqué par une liberté insolente où aucune chanson ne reste à jamais gravée dans sa version studio (cf. l'indispensable Live Box sortie en 2003 avec entre autres l'album Debut entièrement ré-arrangé en acoustique).
Sur cette tournée, Björk a délaissé harpistes et ensemble à cordes pour s'entourer du Wonder Brass, un ensemble de pas moins de 10 musiciennes islandaises aux cuivres ! Les cordes, éléments d'orchestration favori de Björk sur nombre d'albums, ont en effet été remplacées sur Volta par des cuivres ; c'est en toute logique que la tournée propose donc de revisiter son répertoire antérieur avec ces mêmes instruments, et la transformation est spectaculaire, en particulier pour les titres issus de Medùlla.
La petite fée islandaise, toujours aussi excentrique dans ses tenues (une robe improbable aux couleurs péruviennes et une autre ressemblant à un sac de survie bouffant), semblait être totalement heureuse d'être là, et le public le lui a bien rendu, en exprimant bruyamment sa satisfaction entre chaque titre, voire pendant les vocalises les plus acrobatiques. I See Who You Are, issu de Volta, a particulièrement marqué les esprits, touchés par cette grâce divine.
Dans la deuxième partie du concert (après son changement de robe, pendant lequel nous eûmes droit à une version instrumentale d'Oceania !), Björk a tout simplement transformé l'Olympia en rave party, satisfaisant ainsi tous ceux à qui manquent trop l'énergie des trois premiers albums, et qu'on retrouve en partie sur Volta. Ce dernier opus constitue d'ailleurs une synthèse quasi-parfaite de sa discographie, et Björk en a défendu à l'Olympia pas moins de six titres, soit la moitié, ce qui est remarquable. La confiance en son dernier album étant totale, l'unique rappel a conclu le concert sur l'ébouriffant Declare Independance, qui a achevé de mettre tout le public en transe. Ferveur primale qui devrait transparaitre avec classe sur le DVD, les moyens techniques déployés, bien que discrets, étant vraiment à la hauteur (ceux qui comme moi ont pu regarder en direct les plans sur les moniteurs vidéo des ingénieurs son et lumière situés en mezzanine auront ainsi eu un aperçu de la qualité des rushes).
Quelques points intéressants à noter en vrac :
- les sons de boîtes à rythmes et de percussions provenaient d'une batterie triggée, ce qui offrait donc un rendu rythmique original, avec sons électroniques mais exécutés humainement par Chris Corsano (Sonic Youth). Pour en savoir plus sur les innovations proposées par Björk sur scène, cf. cet excellent article en français sur le site d'Apple ;
- Collaborateur de longue date avec Björk, Mark Bell, une des figures emblématiques de la musique électronique et producteur recherché, était bien présent sur scène ;
- Jónas Sen, le claviériste, disposait également d'un magnifique clavecin ;
- Damian Taylor, programmeur de génie, disposait d'une Reactable (deux exemplaires au monde, et il n'y a que Björk qui en propose pour l'instant une utilisation en concert) : nouvel outil musical, il s'agit d’une table à musique électro-acoustique développée par l’Université Pompeu Fabra de Barcelone qui permet à plusieurs utilisateurs de déplacer des objets sur une surface translucide créant ainsi différents types de son interférant entre eux. Le concert fut une brillante démonstration que la Reactable est loin d'être un gadget et le DVD devrait permettre de donner un bon aperçu du rendu de cet instrument ;
- Enfin, la scénographie était magnifique, accompagnée de quelques effets pyrotechniques et lâchers de confettis brillants, à des moments parfaitement en adéquation avec le climax des chansons.
ps : pour l'anecdote, le concert a terminé quinze minutes avant la fin de la demi-finale de l'Euro 2008 opposant l'Allemagne à la Turquie. Sortis dans la rue Caumartin pour regarder la fin du match dans le premier bar jouxtant la sortie des artistes, nous eûmes la surprise de voir débarquer Damian Taylor et Jónas Sen venus profiter des dix dernières minutes... et voir ainsi les deux derniers buts du match !

Setlist:
01. Earth Intruders (Volta)
02. Hunter (Homogenic)
03. Immature (Homogenic)
04. Joga (Homogenic)
05. I See Who You Are (Volta)
06. Pleasure Is All Mine (Medùlla)
07. Pagan Poetry (Vespertine)
08. Vertebrae By Vertebrae (Volta)
09. Where Is The Line (Medùlla)
10. Who Is It (Medùlla)
11. Oceania (Instrumental) (Medùlla)
12. Desired Constellation (Medùlla)
13. Army Of Me (Post)
14. Innocence (Volta)
15. Triumph Of A Heart (Medùlla)
16. Bachelorette (Homogenic)
17. Vökurö (Medùlla)
18. Wanderlust (Volta)
19. Hyperballad (Post)
20. Pluto (Homogenic)
Rappel:
21. Declare Independance (Volta)
11:07 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Björk, Olympia
24 juin 2008
Maroon 5, Olympia, 13/06/2008

Quelques mots sur la première partie assurée par Sara Bareilles, chanteuse américaine de 28 ans. Love Song, le premier single issu de son deuxième album, est un succès aux Etats-Unis (près de 2 millions de téléchargements légaux), mais aussi en Allemagne, Angleterre, Pays-Bas, Belgique, Finlande, Suisse et s'installe petit à petit sur les ondes françaises. Sa voix jazzy, ses mélodies pop et son jeu de piano la rapprochent fortement de Fiona Apple, et l'influence est un peu trop visible encore. Sur scène, il lui manque encore la confiance, la communication, même si l'interprétation est sans faille. Voilà tout de même une première partie d'une demi-heure bien agréable et d'une qualité rare.
A 21h00 précises, Maroon 5 débarque sur scène et attaque fort avec l'irréprochable Harder To Breathe, issu du premier album au succès international, qui a marqué les esprits, avec ce mariage de rythmes soul et de rock alternatif. Ceux qui ont vu le concert intégral du 13 mai 2005, immortalisé sur l'album live CD+DVD Friday The 13th, savent que sur scène, la musique de Maroon 5 prend une dimension nettement plus musclée ; le groove des versions studio est intact (le rapprochement avec l'acid-jazz de Jamiroquai est frappant), mais les guitares deviennent carrément hard rock. Adam Levine, le leader-composteur-chanteur-guitariste, arrose copieusement les compositions de généreux soli improvisés et il y a bien de peu de titres qui ne sont pas un tant soit peu ré-arrangés.
La majeure déception provient du fait que les ré-arrangements de cette tournée sont les mêmes que ceux d'avant (sauf pour les titres du deuxième album évidemment) et que le groupe délivre une prestation bien rodée, mais presque trop parfaite : il manque ce supplément d'âme, cette complicité, cette communication qui font d'un très bon concert un concert inoubliable. Adam Levine est un sacré pro, mais la façon dont il harangue le public manque de spontanéité, voire de sincérité.
Il est également difficile de digérer la durée réduite du concert : 1h15 ! soit pas une minute de plus que les concerts de la tournée du premier album. Avec désormais deux albums au compteur, c'est un petit peu scandaleux...
Setlist:
Harder to Breathe
Makes Me Wonder
If I Never See Your Face Again
The Sun
Can't Stop
Kiwi
Shiver
Wake Up Call
Sunday Morning
Won't Go Home Without You
This Love
Rappels:
Little of Your Time
She Will Be Loved
Sweetest Goodbye
10:20 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, maroon 5, olympia
06 juin 2008
Rage Against The Machine, Bercy, 04/06/2008

Quelles que soient les raisons qui ont poussé Rage Against The Machine à se reformer et repartir en tournée sans nouvel album, il faut avouer que le groupe possède une rage (sans jeu de mots) intacte et que le spectateur y trouve très largement son compte.
La première partie, assurée par Saul Williams, était atrocissime, voire douloureuse, tellement le son était fort, très mal mixé, et saturé de basses ; cette prestation éliptico-électro n'a fait rire personne, au point de se faire copieusement huer, et même avec mes EP2 Muzik, à -30dB on était proche du stade où il vaut mieux quitter la salle, ce qui est vraiment scandaleux.
Le P.O.P.B. était tellement blindé que le concert de RATM a commencé très en retard, faute aux spectateurs qui, au lieu de s'asseoir dans les gradins encore libres (mais évidemment mal situés - on ne peut pas arriver à la bourre et espérer avoir des places assises bien situées), préféraient stationner debout dans les allées, ce qui est évidemment interdit car cela pose un gros souci de sécurité en cas d'évacuation. Les pompiers ont dû décider que le concert ne commencerait pas tant que le ménage ne serait pas fait, ce en quoi on ne peut pas leur donner tort, et le temps que les vigiles évacuent les allées, on se rapprochait des 22h00... pénible pour la France qui se lève tôt !
Mention spéciale aussi aux imbéciles qui confondent le message de RATM (la lutte contre les oppresseurs politiques, le fascisme, le capitalisme, etc.) et la "révolte" aveugle et stupide qui n'est ni plus ni moins qu'un manque de respect d'autrui, comme en témoignent les nombreuses cigarettes allumées au nez et à la barbe des vigiles (qui se sont fait provoquer avec bras d'honneur et doigts tendus), ou les verres de bière balancés lâchement des rangs supérieurs vers les inférieurs... je n'avais pas vu cela depuis un bon moment, même à des concerts de musique énervée. Triste et écoeurant...
Pour ceux qui aiment la musique, les festivités ont enfin commencé vers 21h45, avec "L'internationale" en musique d'intro et un backdrop affichant une immense croix rouge. Ambiance qui sans nul doute aurait ravi Marie-George Buffet qui n'était - hélas pour elle - sans doute pas parmi les spectateurs.
Pendant tout le concert, RATM a aligné avec une énergie démente des brûlots qui ont mis en transe ou en furie (c'est selon) un public vraiment très chaud, et venu visiblement pour en découdre. Le promoteur avait visiblement anticipé les ennuis car à l'entrée de la fosse on pouvait lire un avertissement disant : "Le moshing et le crowd surfing sont strictement interdits sous peine d'expulsion de la salle". Première fois aussi que je vois un tel avertissement, bien vain... Par la suite, je n'avais jamais vu des pogos d'une telle ampleur à Bercy, et une foule aussi compacte ressembler à une mer démontée, avec de pauvres fous s'aventurant au crowd surfing, justement, sans aucune expulsion visible. Seule la setlist a permis quelques moments de semblant de répit. En effet, le groupe a mal géré les moments forts ; en faisant exception de l'ultime rappel, le climax du show est en effet probablement apparu vers le début, avec les titres Know Your Enemy, Bombtrack, et Bullet In The Head, pour lesquels on pouvait se demander comment le groupe allait continuer après une telle apocalypse. De sacrés frissons quand le public reprend en masse le a capella de "All of which are American dreams" qui clôt Know Your Enemy... Des titres plus mineurs (issus de Evil Empire et The Battle Of Los Angeles en général) ont parfois fait retomber un peu le soufflé, mais c'était finalement salutaire pour la santé du public.
Tom Morello et Zack de la Rocha n'ont eu cesse de sauter à s'en démembrer. Comme si le break scénique de sept ans n'avait jamais eu lieu, les deux cerveaux de RATM ont montré une complicité à toute épreuve. Morello a su offrir une reproduction parfaite des ses géniales trouvailles sonores (et agrémentées de petites nouveautés bienvenues), tandis que la section rythmique se faisait plus discrète scéniquement mais assurait un travail de sape et de précision qu'on avait pu admirer ces dernières années à maintes reprises avec feu et tout de même regretté Audioslave (l'idéal aurait été que les deux groupes co-existent).
Que ce soit de bière ou de sueur (la sienne ou celle du voisin), il était difficile de ne pas ressortir soit trempé, soit bien humide de ce concert au goût apocalyptique. L'éruption finale, avec Killing In The Name Of, a fini de mettre sur des rotules un public qui n'a pas vu la petite 1h20 de show passer. Sans fioritures (peu de communication de la part de Zack), titres enchaînés sans temps mort, il n'en fallait pas plus de toute façon, et personne n'est resté sur sa faim.
Testify
Bulls On Parade
People Of The Sun
Bombtrack
Know Your Enemy
Bullet In The Head
Born of a broken man
Renegades of Funk
Guerrilla Radio
Down Rodeo
Calm Like A Bomb
Sleep Now In The Fire
War within a breath
Rappels:
Freedom
Killing In The Name
20:41 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, rage against the machine, bercy
22 avril 2008
Taz Taylor with Graham Bonnet, Retro Music Hall, Prague, 18/04/2008

De passage à Prague, j'ai eu l'opportunité d'aller voir Graham Bonnet en concert, l'ex-chanteur de nombre de formations mythiques, comme Michael Schenker Group, Alcatrazz et Rainbow. Pour moi, Graham Bonnet brille à son sommet artistique sur le fantastique album Disturbing The Peace (1985) d'Alcatrazz, avec Steve Vai à la guitare. Néanmoins, les groupes figurant sur son CV, sans compter ses albums solo, sont tous dignes d'intérêt, et l'affiche mettant le paquet sur ses trois anciens groupes majeurs, j'étais plutôt partant pour aller voir un bon pot-pourri de hard rock typé 80's, avec un chanteur dont non seulement j'apprécie le timbre et le style particuliers, et dont j'ai de superbes souvenirs quant à sa présence scénique sur une vieille VHS d'Alcatrazz en concert au Japon.
Or, il s'agissait en fait de "Taz Taylor Band with Graham Bonnet". Le promoteur tchèque est un malin car après vérification, l'affiche marquait en gros Graham Bonnet avec les logos de ses ex-groupes, et en tout petit "with Taz Taylor band", soit l'inverse du nom de la tournée ! Musicien dont je n'avais pas entendu parler, Taz Taylor est un guitariste anglais qui joue d'ailleurs dans une veine très proche d'un Michael Schenker, et qui compose des titres mi-chantés, mi-instrumentaux, à la facture hard-rock mélodique assez classique mâtinée d'une touche de progressif. Le tout avait un goût assez prononcé de MSG justement, la présence de Graham Bonnet dans ce groupe n'est donc pas très étonnante.
Bonnet est vraiment impressionnant pour son âge (il aura 61 ans cette année et nous a annoncé qu'il venait d'être grand-père dans la semaine !). Sa voix puissante, rocailleuse et mélodieuse est chouette à entendre et encore plus à voir, même s'il m'a un peu crispé avec ses veines qui gonflaient dans son coup et ses tempes ! Bonnet n'arrête pas de bouger sur scène, et harangue tout le monde comme s'il avait encore tout à prouver, mais sans jamais en faire trop et tomber dans la pose ridicule. Emminemment sympathique, il se dégage de lui une simple envie de faire plaisir au public, et de profiter de la vie (alcoolique notoire, il est sobre depuis deux ans).
Même s'il y avait donc un peu arnaque sur la nature du concert, le show fut bien agréable tout de même, malgré des musiciens (outre Bonnet et Taylor) pas des plus inoubliables. Quant au public de métalleux tchèques, il faut mentionner qu'ils sont parfaitement éduqués ; pas de types bourrés (malgré un bar au choix dantesque et aux prix très bas - vive l'absinthe, bien agréable à siroter depuis le bar sur une chaise haute tout en matant le concert), de la bonne humeur et une sacrée participation pendant le concert (les mecs chantaient les paroles des refrains !), et enfin pas mal de tshirts Rush... voilà des citoyens qui ont bon goût !
08:05 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Concert, Graham Bonnet, Prague
14 avril 2008
AaRON, Folies Bergères, 11/04/2008

AaRON connaît un succès sans cesse croissant en France, depuis la sortie en septembre 2006 du film Je vais bien, ne t'en fais pas, dans lequel leur chanson U-Turn (Lili) sert de thème principal de la bande-originale. L'album entier, Artificial Animals Riding On Neverland, est en fait globalement dans la même veine : chansons mélancoliques, voire dépressives, avec accompagnement minimaliste dont la mélodie principale est supportée par un motif au piano sur quelques notes ou accords.
Poutant, on sent que ce duo français (composé de de Simon Buret, 26 ans, comédien, et d'Olivier Coursier, 32 ans, ex-guitariste de Mass Hysteria) a des ressources encore pas vraiment exploitées, comme le montrent les titres les plus originaux de l'album (cf. Endless Song), qui apportent des éléments électroniques et une énergie qui ne sont pas sans rappeler une certaine Björk. Comment tout ceci se transpose-t-il en concert ?
Fort heureusement, AaRON est vraiment convaincant sur scène, et transcende sa musique studio. L'originalité tient d'abord à la formation : un batteur, une violoncelliste, Simon Buret au chant et Olivier Coursier au piano à queue, qu'il délaisse parfois pour la guitare sèche ou électrique. Deuxième atout, Simon Buret est un frontman très efficace, qui instaure une relation véritablement chaleureuse avec son public. On sent bien que cet acteur de formation, qui communique et harangue le public entre chaque titre, a hâte d'aller plus loin, plus fort que ce premier album, dont le succès surprend le duo lui-même. Troisième atout, les jeux de lumière sont en symbiose totale avec la musique et confèrent une aura un peu magique (ou naïve diront les plus blasés) aux interprétations nettement plus intenses et musclées que sur l'album. La photo ci-dessus illustre un peu le bon goût et la sobriété plutôt classe de la mise en scène.
Le duo sait rendre hommage à ses influences, puisqu'il a inclus deux reprises dans sa setlist : le chef d'oeuvre Bachelorette de Björk, et Famous Blue Raincoat de Leonard Cohen en ultime rappel.
Il ne fait nul doute que si AaRON confirme et étend son talent en sachant proposer un deuxième album moins "mono ambiance" (et donc s'il sait faire oublier U-Turn (Lili) qui leur colle une image hélas réductrice), le groupe va continuer son irrésistible ascension. En tout cas, Olivier Coursier ne doit pas regretter d'avoir quitté Mass Hysteria...
21:40 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : AaRON, Folies Bergères
13 avril 2008
Soirée Twin Peaks - Hommage à Angelo Badalamenti, Divan du Monde, 09/04/2008
Exaltant ! Le genre d'événement qu'on ne peut trouver typiquement qu'à Paris, capitale cinéphile : le BéO festival, festival de musiques de films, avec concerts inédits, projections, soirées cultes et fêtes insolites. Pour sa 2e édition (j'ignorais son existence l'an dernier), on peut dire que le BéO a fait très fort, en attaquant par deux soirées dédiées à Twin Peaks, nous invitant ainsi à plonger dans l’univers double, rouge, jazzy, décalé et étrange de David Lynch.
Loin d'être une sorte de convention de fans déguisée, cet évènement était avant tout d'ordre mélomane, puisqu'il s'agissait de recréer sur scène la très élaborée musique d'Angelo Badalamenti (compositeur attitré de David Lynch de Blue Velvet en 1986 à Mulholland Drive en 2002), et en particulier celle de Twin Peaks, qui est probablement la plus connue ; qui n'a jamais entendu le Twin Peaks Theme ?
Avec la complicité d’Angelo Badalamenti, Valérie Lindon (sa collaboratrice sur la bande-originale de deux films français composés par Badalamenti, L’Adversaire et Cet Amour-là) a supervisé la création de ces deux concerts uniques dont le chef d’orchestre était Jean-Philippe Audin. Responsable de tous les arrangements (il n'existait aucune partition des musiques de Badalamenti), Jean-Philippe Audin est un violoncelliste de formation classique très demandé dans le monde du spectacle grand public (Michel Jonasz, Johnny Hallyday, Starmania...), ou dans la scène jazz (Ray Charles, Harry Connick Jr.,...) mais est aussi bien connu dans le monde de la musique classique pour s'être attaqué aux intégrales de Suites pour violoncelle seul de Bach (cf. ces coupures du Monde).
Audin a pu réunir autour de lui 7 fines lames de la scène jazz française : Bernard Arcadio (piano), Philippe Javele (synthés), Philippe Hervouet (guitare), Philippe Chaieb (contrebasse), et Thierry Chauvet (batterie).
Que dire sinon que le résultat a très largement dépassé mes attentes ? Cet ensemble entre jazz et classique a délivré une performance époustouflante, avec un respect impressionnant des compositions de Badalamenti et Lynch, une dose minimale mais jouissive d'improvisations, et une intensité qui nous transportait directement dans le monde fascinant de Lynch, voire dans la Black Lodge... J'ai particulièrement été impressionné par la complémentarité du violoncelle électrique et de la contrebasse. L'expressivité et la profondeur de ces instruments sur les partitions de Badalamenti m'ont donné des frissons...
La scène était décorée de lourds rideaux rouges (évidemment !), avec des écrans géants de chaque côté, qui permettaient de diffuser soit des extraits du film Twin Peaks Fire Walk With Me pendant que le groupe jouait, soit des plans rapprochés des musiciens, qui étaient scrutés par trois caméras numériques. Ajoutons comme gimmick amusant un faux cadavre de Laura Palmer (emballée dans du plastique comme dans l'épisode pilote), positionné au bord de la scène... L'immersion dans l'univers de Twin Peaks était donc totale.
Laura Palmer's Theme, Twin Peaks Theme, Into The Night, Audrey's Dance, Moving Through Time, The Voice Of Love... autant de choix parfaitement judicieux et équilibrés provenant des bandes originales du feuilleton et du film. Le paroxysme de l'émotion a pour moi été atteint lors d'une version hallucinée de The Pink Room, seul titre de la bande originale du film composé par Lynch et pas par Badalamenti.
Je conseille vivement de regarder ce reportage où Jean-Philippe Audin explique les enjeux et difficultés de ces deux représentations (les curieux pourront apercevoir le faux cadavre sur le rebord de la scène !) ; on peut y entendre aussi des extraits du concert de la première soirée du 8 avril, sur le titre The Pine Float de la bande-originale de Twin Peaks Fire Walk With Me.
Un seul regret : le concert a duré 1h30 et c'est passé trop vite ! Après une standing ovation, les organisateurs ont immédiatement lancé la projection du film Twin Peaks Fire Walk With Me, ce qui permettait de ne pas quitter trop vite l'effet magique laissé par le concert. Je plains vraiment les amateurs de la musique de Badalamenti de ne pas avoir pu voir un de ces deux concerts. La somme de travail investie dans ce répertoire a dû être monstrueuse et tout ce que j'espère, c'est que les caméras numériques qui retransmettaient sur les écrans annexes ont enregistré le concert.
Pour information, David Lynch sera présent au Divan du Monde le 5 mai, pour une soirée privée à l'occasion de la sortie en langue française de son livre "Catching the Big Fish" (dont le titre français est le trompeur "Mon histoire vraie", car le livre écrit par Lynch ne porte pas vraiment sur l'histoire de sa vie).
10:30 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Twin Peaks, Angelo Badalamenti, David Lynch, Divan du Monde
30 mars 2008
Fiction Plane, Trabendo, 27/03/2008

Ayant découvert Fiction Plane en première partie de The Police, j'attendais vraiment de les revoir en tête d'affiche dans un contexte plus adapté ! Complet depuis plusieurs semaines, le show parisien était en outre le dernier de la tournée européenne.
Depuis septembre 2007, j'ai pu découvrir leur premier album, Everything Will Never Be OK, qui n'a pas grand-chose à envier à Left Side Of The Brain, celui par lequel le groupe s'est enfin révélé au grand public. Cela explique que la part belle de la setlist soit donc consacrée à ce deuxième album, même si deux pépites du premier album réussissent à faire leur chemin dans la setlist : "Cigarette" et "Hate". Le groupe n'hésite pas à proposer un titre inédit, qu'il rode depuis plusieurs mois ("Sadr City Blues"), et allonge généreusement quelques titres de Left Side Of The Brain. Bref, exactement ce qu'on attend d'un groupe en concert, à savoir ne pas proposer un copier/coller de ses albums studio.
Côté énergie, le groupe en a à revendre, et la scène du Trabendo est presque trop petite pour Joe Sumner qui a dû s'habituer aux scènes gigantesques de la tournée de The Police ! Joe arrangue avec efficacité la foule, en parlant beaucoup français (bien vu...), et en y allant de ses petites blagues et provocations. Musicalement, ce power trio est réellement très soudé, avec des années de scène en clubs derrière eux, plus l'apprentissage à l'échelle extrême opposée avec The Police. Bien que discret, la pierre angulaire musicale de Fiction Plane est sans aucun doute le guitariste Seton Daunt. Il est rare de tomber sur un guitariste qui maîtrise autant à la fois la rythmique et le lead, tout en remplissant l'espace sonore de manière remarquable et à-propos.
En conclusion, ce fut un concert très plaisant et sans faute ; puissant, mélodieux, funky voire groovy, Fiction Plane devrait continuer son irrésistible ascension et je suis prêt à parier que c'était la dernière fois que nous avions l'opportunité de les voir dans une "petite" salle.
13:10 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, fiction plane, rock, trabendo
11 mars 2008
The Mars Volta, Olympia, 05/03/08

En moins de cinq ans et en quatre albums, The Mars Volta a réalisé une oeuvre d'une qualité insensée, qui personnellement me sert de benchmark pour tout ce qui sort de la planète rock. Malgré la densité et la richesse de leur musique, le groupe connaît un succès improbable, succès à la fois critique (cf. l'ahurissante synthèse des notes décernées à l'album par les médias sur la page Wikipédia consacrée à l'album, par ailleurs absolument passionnante), et succès public, comme le montre l'affluence toujours plus grande à leurs concerts (Olympia complet depuis des semaines), ou encore des ventes de disques assez surprenantes (entrée de The Bedlam In Goliath directement à la 3e place des ventes d'albums aux USA).
Cependant, The Mars Volta est au moins aussi passionnant sur scène et c'est la marque des grands groupes que de transcender leur musique en concert. Mais ce n'est pas tout : The Mars Volta est le seul groupe que j'ai vu capable de déclencher des réactions allant du pogo à la transe, en passant par l'hypnose ! La qualité inouïe de leurs improvisations, tour à tour frénétiques et planantes, semblent tout droit issues d'un accouplement improbable entre Frank Zappa et King Crimson. Il faut le voir pour le croire.
J'avais vu deux fois The Mars Volta en concert précédemment, et deux fois ce fut deux moments de bonheur assez indicible. De la première fois, le 15/03/05 à l'Elysée-Montmartre à Paris, je me rappelle surtout le choc d'avoir enfin en face de moi un groupe semblant avoir intégralement hérité du talent des grandes formations des années 70, à savoir prendre la scène comme un espace de risque, de recherche, de défouloir et d'émotion. Ma deuxième rencontre avec le groupe, le 04/06/05 à Los Angeles au Greek Theater (6000 personnes...), fut placée sous la joie de voir le groupe jouer à domicile en Californie, avec un public métissé et totalement débridé.
Alors dire que j'avais de grandes attentes de la part de ce groupe hors normes, dans cet écrin parisien qu'est l'Olympia, est un euphémisme. Idéalement situé en mezzanine, correctement centré, la première satisfaction provînt d'abord du son. Il n'est pas évident de mixer correctement huit musiciens, avec des instruments allant du saxophone aux percussions en passant par un orgue, des claviers, et les instruments traditionnels du rock. Chapeau bas donc à l'ingé son façade du groupe.
La deuxième satisfaction vînt de la constatation que le groupe semble encore défier les lois de la gravité musicale, aidés en cela d'un nouveau batteur de 24 ans, Thomas Pridgen, dont le jeu très puissant et très complexe éclabousse de talent le nouvel album. The Mars Volta a toujours eu des musiciens exceptionnels, et ses précédents batteurs ne faisaient pas exception ; mais Pridgen, ce Black d'une musculature à faire pâlir les salles de gym, est tout simplement d'une autre planète (il faut que je remonte à mes concerts de Rush et à la vision de Neil Peart pour être aussi impressionné par un batteur). Comment a-t-il tenu avec un telle débauche d'énergie pendant les 2h50 de show (oui, 2h50, de la première à la dernière note, sans entracte) est un mystère. Comment le reste du groupe parvient-il à rester en rythme avec un jeu de batterie aussi débridé reste également insoluble. Mais le paradoxe est là : le groupe possède une cohésion encore plus phénomale que par le passé, qui empêche de rapprocher ses improvisations de celles du free-jazz, chose que j'entends trop souvent au sujet de The Mars Volta.
Omar Rodriguez Lopez, à la guitare, reste le chef d'orchestre de facto de cet ensemble qui ne vire jamais à la cacophonie, et qui retombe toujours sur ses pattes. Le seul bémol dans ce shot d'extase fut la performance de Cedrix Bixler Zavala au chant, pas toujours très juste, ce qui est difficile à comprendre en dehors d'un éventuel problème technique de retour, par exemple ; car les enregistrements pirates disponibles sur YouTube permettent, à tête reposée, d'entendre que Cedric a su chanter parfaitement juste aussi, à l'instar de l'intermède acoustique de Asilos Magdalena et Miranda That Ghost Just Isn't Holy Anymore. Cette pause est d'ailleurs peut-être arrivée un peu tard dans le déroulement du concert, car finalement le seul obstacle potentiel à apprécier un concert aussi long peut provenir de l'overdose de stimuli adressés par le groupe.
Reste que je ne connais absolument aucun groupe de rock capable de délivrer ça : une connexion directe sur la psyché de ses spectateurs.
Setlist:
Roulette Dares (The Haunt Of)
Viscera Eyes
Wax Simulacra
Goliath
Ouroboros
Tetragrammaton
Agadez
Cygnus....Vismund Cygnus
Aberinkula
Drunkship of Lanterns
Asilos Magdalena
Miranda That Ghost Just Isn't Holy Anymore
Day of the Baphomets

13:05 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : The Mars Volta, Olympia
02 mars 2008
Band Of Horses, Maroquinerie, 28/02/2008

Créé en 2004 à Seattle, Band Of Horses a sorti deux albums, et c'est le petit dernier, Cease To Begin, qui m'a fait craquer. Le groupe délivre une pop/rock aux envolées lyriques saisissantes et délivrant une émotion instantanée. La voix aérienne du leader Ben Bridwell flotte sur des mélodies simples mais créatrices d’évasion, entre gaieté et tristesse.
Pour l'anecdote, j'ai découvert Band Of Horses mi-janvier grâce au magazine américian Sound & Vision. C'est un des rares mags consacrés à la hifi qui s'intéresse de près au surround. Lors du bilan de 2007, dans leur choix des meilleurs albums 2007 (meilleurs "techniquement", d'un point de vue son/mixage/dynamique/etc.), ils avaient retenu :
Best SACD : Genesis - A Trick Of The Tail
Best DVD-Audio : Porcupine Tree - Fear Of A Blank Planet
Best Audio-CD : Band Of Horses - Cease To Begin
Vu leurs choix en SACD et DVD-A (qui rejoignait pour ainsi dire pile poil mon propre top technique de l'année), je me suis jeté sur cet album de ce groupe qui m'était alors inconnu.
Or, ce n'est pas seulement superbe d'un point de vue sonore (aec un respect de la dynamique surprenant), c'est aussi très réussi artistiquement. Leur popularité grandit en flèche (le concert de la Maroquinerie était complet depuis des semaines), et mille fois hélas, Band Of Horses a visiblement été découvert par quelqu'un qui s'occupe de la production de La Nouvelle Star sur M6. Par deux fois au moins, "Funeral" (la perle du premier album) a été servi sans vergogne pour illustrer des "reportages" qui n'en demandaient pas tant. Refermons la parenthèse.
Restait à voir ce que Band Of Horses vaut sur scène. Il n'est pas sûr que la Maroquinerie, salle de faible capacité (200 personnes) et à l'acoustique peu soignée, puisse permettre de répondre entièrement à la question.
Ben Bridwell commence le set assis devant sa pedal steel, les yeux brillants et habités. Ensuite debout derrière son micro et scotché à ses guitares (il en change presque à chaque morceau), le bonhomme est vraiment dévoué corps et âme à la musique du groupe. Barbu comme un bûcheron, il semble sorti tout droit de Woodstock (les barbes longues sont d'ailleurs à la mode au sein du groupe). Malgré la présence de deux autres guitaristes (portant le nombre de guitares à trois, ce qui est totalement inutile), la prestation du groupe est émouvante et dégage une sincérité palpable.
Le son ne permet pas de retranscrire la finesse des compositions du dernier album, mais cela permet aussi de se rendre compte que la qualité des compositions reste intacte, chose importante ! Moment fort agréable, la harpiste Phamie Gow (Alan Stivell, etc.) rejoint exceptionnellement le groupe sur scène. Bien mixée, on l'entend bien correctement et sa présence n'est pas un gimmick.
Il faut espérer que le groupe va continuer son chemin prometteur et qu'on le retrouvera dans une salle plus adaptée : un Bataclan voire un Olympia seraient évidemment un écrin nettement plus adapté...
D'ici là, je vous invite à visionner cette performance de "Is There A Ghost", premier titre du dernier album Cease To begin, live sur le plateau du David Letterman show.
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10 décembre 2007
Serj Tankian, Elysée Montmartre, 26/11/2007

Avant d'évoquer Serj Tankian, le charismatique chanteur de System Of A Down, il est bon de parler du groupe de première partie, Fair To Midland, signé l'an dernier sur le label de Tankian, justement. Si leur album Fables from a Mayfly: What I Tell You Three Times Is True provoquait déjà l'intérêt, il faut avouer que sur scène, ce combo est sacrément impressionnant. Que ce soit le niveau des musiciens, leur énergie, les vocalises très variées et surprenantes du chanteur (qui passe du style classic rock au growl hard core), Fair To Midland occupe la scène et l'espace sonore de manière irréprochable. Leur chanteur est en outre un personnage vraiment à part, qui se démène parfois comme frappé d'épilepsie, et qui est allé jusqu'à grimper à mains nues sur les ramps de lights, tout se secouant dans tous les sens, le pire pouvant arriver à tout instant s'il lâchait prise...
En comparaison, il faut avouer que le groupe mené par Serj a paru un peu fade. Malgré la présence du guitariste de Primus, les musiciens faisaient vraiment office de backing band au niveau tout juste honorable. Impression accentuée par le niveau ridiculement élevé du chant de Serj dans le mix... Alors oui, Serj est toujours aussi bon aussi bien dans son débit que dans son agilité à utiliser sa tessiture ; ses paroles engagées régalent toujours ; mais après l'ouragan Fair To Midland, il fallait bien reconnaître qu'il s'était fait plus ou moins volé le show par le groupe qu'il a signé sur son propre label !
De surcroît, bien qu'il n'ait qu'un seul album solo à son actif (joué en entier), Serj aurait pu tirer un peu sur la corde ; même en jouant deux reprises (une des Dead Kennedys et une des Beatles), le concert a duré moins d'une heure, et ça c'est un peu dur à avaler. A part un petit discours en français préparé, le show ne respirait pas une once de spontanéité. Alors, franchement, même si c'était sympathique, on a vu mieux, et Serj devra faire quelques efforts s'il veut réussir une carrière solo, au cas où System Of A Down ne se réveille jamais de son hibernation...
14:00 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, elysée montmartre, serj tankian
06 décembre 2007
Porcupine Tree, Olympia, 03/12/2007

Cinq mois jour pour jour après leur concert à la Cigale, revoici la deuxième partie de la tournée européenne qui conduit cette fois Porcupine Tree à une salle qui tient du couronnement : l'Olympia.
Même Steven Wilson était suffisamment impressionné par le poids de l'histoire de cette salle pour en toucher deux mots en public, en nous apprenant que ses parents étaient dans la salle... (repérés d'ailleurs juste devant la console de mixage à la mezzanine !)
Inutile de s'étendre sur les qualités habituelles de Porcupine Tree en live. Attardons-nous plutôt sur les spécificités de ce 11e concert du groupe en ce qui me concerne.
Tout d'abord, de ces onze concerts, c'est sans aucun conteste le son plus parfait que j'ai pu entendre. Cela aurait été dommage que ce ne soit pas le cas à l'Olympia, une des salles de France les plus abouties niveau acoustique depuis sa réouverture.
Les animations et court-métrages du Danois Lasse Hoile continuent d'apporter un contrepoint visuel désormais indispensable à la musique déjà très cinématique du groupe. L'apogée de cette combinaison a eu lieu sur LE morceau phare, Anesthetize. Il est rare qu'une oeuvre musicale parvienne à faire ressentir ce dont elle parle. Or, la grande désillusion pour Wilson qu’est le rapport qu’entretiennent les jeunes avec la culture et avec la musique en particulier l’a conduit à mettre en musique des textes qui flirtent littéralement avec l’inspiration d’un Roger Waters, tout simplement. Même émotion, même intelligence sensible du propos, même sublimation de thèmes sombres et émouvants. C'est assez impressionnant, mais en concert, la conjuguaison de la musique de l'album et des images de Lasse Hoile permettent de ressentir cet état d'aliénation surréaliste, comme l'avait justement fort bien réussi Alan Parker avec son film Pink Floyd The Wall.
Steven Wilson a su communiquer juste ce qu'il faut de chaleur et d'humour (bien anglais) avec son public, qui a salué chaque titre de la setlist avec tonnerre d'applaudissements et standing ovation à la fin. On peut ergoter longtemps sur la setlist, mais Steven Wilson ne joue pratiquement plus aucun titre composé avant 1997, les deux plus anciens étaient justement issus de Signify (Dark Matter, et beau cadeau, Waiting (Phase 1)). Ce n'est pas un hasard, c'est le premier album qui peut être considéré comme un effort de groupe et pas comme un album solo déguisé. Avis personnel : au vu des progrès effectués par le groupe en terme de composition, même des titres de Signify paraissent désormais un peu simples par rapport au reste, et ils accusent leur âge.
On peut par contre légitimement regretter l'absence de titres de Lightbulb Sun, ce qui aurait permis d'avoir un très bon équilibre. Mais cette deuxième tournée européenne avait aussi pour but de promovoir le EP de quatre titres issus des sessions de Fear Of A Blank Planet, et c'est ainsi que nous avons pu ré-découvrir sur scène Cheating The Polygraph (dévoilé en septembre 2006 avant la sortie de l'album, mais qui n'avait pas été retenue), et surtout What Happens Now ?, un sommet du groupe qui n'a pas trouvé sa place sur le dernier album simplement parce qu'il ne s'intégrait pas dans le concept.
Nous ne devrions pas revoir Porcupine Tree cette fois avant un bon moment, au mieux fin 2008, car Steven Wilson devrait enfin s'accorder un break. Il sera sans doute tout relatif car en février sortira enfin l'édition "deluxe" de Lightbulb Sun qui aura droit au même traitement que Stupid Dream et les trois derniers albums, à savoir une sortie en CD+DVD-A avec remixage complet (dont surround), et il est question à présent d'un album solo de Steven Wilson !
"You're tying me up, I'm dying of love... It's OK" (Trains)
Setlist:
Fear Of A Blank Planet
What Happens Now ?
The Sound Of Muzak
Lazarus
Anesthetize
Open Car
Dark Matter
Blackest Eyes
Cheating The Polygraph
A Smart Kid
Way Out Of Here
Sleep Together
Rappels:
Waiting (Phase 1)
Trains
Halo
14:28 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, olympia, porcupine tree
24 novembre 2007
Deep Purple, Olympia, 18/11/2007

Le dernier concert à Paris du groupe remontait au 24 janvier 2006, au Zénith. Pas de nouvel album entre-temps, cette tournée était donc à mi-chemin entre le prolongement de la promotion de Rapture Of The Deep (trois titres de ce dernier album dans la setlist) et le plaisir de jouer sur scène.
Le groupe a visiblement fait l'effort de faire plaisir aussi aux ultra-fans en incluant enfin à sa setlist trois raretés : Mary Long (choix surprenant tiré de Who Do We Think We Are), The Battles Rages On (très inattendu, mais réussi), et Loosen My Strings (tiré de Purpendicular, pas joué sur la tournée de 1996 si mes souvenirs sont bons, donc jamais joué avant cette tournée 2007). En 2006, la seule surprise venait de l'interprétation rarissime auparavant de Living Wreck, tiré de In Rock. Deep Purple arrive donc à s'affranchir d'une vulgaire setlist "best-of", et il faut le saluer.
Le seul problème éventuel, c'est l'âge du groupe, et les membres historiques encore présents dans le line-up actuel ont quand même 62 ans, excepté Ian Paice qui aura 60 ans l'an prochain. Ian Gillan, déjà un peu limité l'an dernier, devient de plus en plus restreint quant à sa tessiture, c'est frappant et j'en ai mal pour lui, même s'il garde un charisme intact. Ce n'était clairement pas un de ses meilleurs soirs, techiquement, à l'Olympia.
Roger Glover, à la basse, même âge que Gillan, est par contre toujours la locomotive des "anciens". Ian Paice semblait plus en forme qu'en 2006, et la grande surprise venait de Steve Morse, que j'ai vu pour la première fois ne pas être 100% dans le coup. Lui et Don Airey, aux deux instruments mélodiques, constituent habituellement vraiment l'attraction scénique du groupe. Peut-être Morse était-il malade, mais toujours est-il qu'il a semblé parfois un peu ailleurs. Son jeu et son feeling restent néanmoins à un niveau stratosphérique, et il mérite toujours d'être considéré comme le plus grand guitariste électrique encore en activité. Il est simplement... humain, après tout !
Bon moment malgré tout, ce retour à l'Olympia (après le concert du 17 juin 1996 immortalisé sur l'excellent Live At The Olympia '96) ne fut pas LE concert dont on pouvait rêver, et ne sera pas non plus le concert de l'année. C'est d'ailleurs de loin le concert le moins impressionnant des 5 que j'ai vu de Deep Purple, même si c'est relatif. Dur de vieillir...
Setlist:
Pictures Of Home
Things I Never Said
Into The Fire
Strange Kind Of Woman
Rapture Of The Deep
Mary Long
Kiss Tomorrow Goodbye
Well Dressed Guitar
The Battles Rages On
Lazy
Loosen My Strings
Keyboard solo
Perfect Strangers
Space Truckin'
Highway Star
Smoke On The Water
Rappel:
Hush
Black Night
21:46 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, rock, olympia, deep purple
10 novembre 2007
KT Tunstall, Bataclan, 06/11/2007

KT Tunstall fait partie de ces auteurs/compositeurs/interprètes féminines qu'il convenait de suivre de près suite à la sortie de son premier album Eyes To The Telescope, en décembre 2004, au Royaume-Uni. Même s'il lui aura fallu l'aide bienvenue de l'utilisation du titre "Suddenly I See" dans le film Le Diable s'habille en Prada (2006), et l'utilisation comme jingle du titre "Black Horse And The Cherry Tree" par le fournisseur d'accès à Internet Alice pour s'imposer un peu partout (bien longtemps, donc, après la sortie de son album), il était évident que ce premier essai comportait de sacrées pépites (par exemple, "Another Place To Fall") qui dépassaient vraisemblablement le simple coup de chance.
Après un album live acoustique exhumant quelques raretés (faces B de singles) et une reprise de Beck, pour patienter, le deuxième album studio, Drastic Fantastic, est arrivé en septembre dernier. Bien plus équilibré et cohérent, KT y confirme qu'elle est une artiste à prendre fort au sérieux, malgré la production indéniablement plus pop que son premier album. Sa voix chaude, assez grave (mais avec de belles incursions en voix de tête), au grain jazzy, la distingue fortement des ersatz comme Dido, pour plutôt pencher du côté de très grandes dames comme Fiona Apple. Musicalement, KT trace néanmoins un sillon personnel ; avec un talent indéniable pour des mélodies très accrocheuses (le premier single, Hold On, n'a rien à envier à Black Horse And The Cherry Tree), les compositions de KT possèdent une profondeur qui se révèle au fil des écoutes, cachée derrière l'énergie et les rythmes désormais plus rock que folk.
Restait donc le test de la scène. Pas la peine d'attendre la fin des 105 minutes du concert pour se rendre compte qu'il est clair que la demoiselle possède une sacrée expérience de la performance live, car il fut impossible de la prendre en défaut aussi bien sur ses parties de guitare (qu'elle maîtrise réellement très bien), que sur ses parties vocales, énergiques et qui pourtant ne l'essouflent jamais. Sachant communiquer avec humour avec son public entre chaque chanson, le belle Ecossaise est efficace et au diapason avec son groupe dont le niveau est très satisfaisant (mention spéciale au bassiste d'ailleurs souvent contrebassiste !), avec notamment deux choristes qui renforcent considérablement l'impact.
Alors, que pourrait-on lui reprocher ? Un début de concert où les chansons s'enchaînaient bien trop proprement, comme sur l'album, sans aucune variation. Le public était d'ailleurs un petit mou, jusqu'à ce que KT reste seule sur scène et nous bluffe totalement par une interprétation purement solo du terrible "Black Horse And The Cherry Tree". Enregistrant d'abord sa rythmique en strumming, puis ses "ouh-ouh", elle les lance en boucle pour ajouter par dessus ses parties de guitare et de chant. Saisissant ! Il convient aussi de noter que la chanson "Beauty Of Uncertainty", déjà une sacrée réussite sur ce dernier album, prend encore une dimension supplémentaire sur scène, prouvant que KT a franchi un bien beau palier dans ses qualités de songwriter.
C'était donc un très agréable concert, certes pas celui de l'année, mais qui fait bien plaisir dans la mesure où il laisse entrevoir de sacrées possibilités pour KT Tunstall de prendre encore plus d'importance dans les années à venir. Cette femme-là peut aller loin, très loin !
Setlist:
Little Favours
Miniature Disasters
Hold On
Other Side Of The World
White Bird
Funnyman
Under The Weather
Black Horse And The Cherry Tree
Ashes
Hopeless
Someday Soon
Another Place To Fall
If Only
Beauty Of Uncertainty
Saving My Face
I Don't Want You Now
Rappels:
My Sharona
Suddenly I See
20:11 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, bataclan, kt tunstall, rock
24 octobre 2007
Dream Theater, Zénith, 05/10/2007

Cela faisait presque deux ans jour pour jour que Dream Theater n'avait pas joué à Paris (le dernier passage au Zénith pour la tournée Octavarium remontait en effet au 06/10/2005). Depuis la dernière fois que je les avais vus, à Bologne le 31/10/2005, je ne déplace plus à leurs concerts en dehors de Paris (oui, je vieillis...) ; je ne les avais donc pas vus en juin dernier pour leurs deux apparitions françaises au festival du Hellfest à Clisson, et à Clermont-Ferrand.
Et finalement, pour mon 35e concert du groupe, ce n'était finalement pas plus mal d'avoir observé une telle pause. Malgré la déception cruelle qu'est un album aussi peu inspiré (pour Dream Theater) que Systematic Chaos, le plaisir de les revoir sur scène était bien au rendez-vous.
Dans un Zénith plein à craquer, l'ambiance fut exceptionnelle, à rapprocher de celle de leur premier concert au Zénith, le 07/04/2000. Mais à l'époque, ce n'était "que" le petit Zénith (4500 personnes). Cette fois, avec la grande jauge (6500 personnes), la puissance du public était bien encore décuplée. Il n'y a pas à chipoter, Scenes From A Memory reste l'album le plus vendu en France, et certainement le préféré des Français ; l'interprétation survoltée et les couplets massivement repris en choeur par le public sur Strange Deja Vu en témoignent encore une fois. Un classique comme Take The Time a également prouvé une fois de plus son efficacité redoutable avec le public (ce titre de 1992 reste une p***** de référence sur scène). N'en déplaise à certains esprits chagrins, d'autres chansons plus récentes ont également connu la participation vocale du public, que ce soit le U2-esque I Walk Beside You ou le Metallica-esque Constant Motion, nettement moins fade sur scène que sur album.
Mike Portnoy et ses compères ne savent pas offrir de piètre performance, mais on peut dire qu'ils se transcendent lorsque le public leur réserve autant de chaleur, ce qui s'est une fois de plus vérifié avec Paris. C'est à ce genre de détails qu'on arrive un peu à différencier chaque concert de Dream Theater. La version 2007 de Surrounded est tout bonnement phénoménale : réarrangée, avec un feeling à pleurer (que le groupe n'arrive plus à injecter dans ses derniers albums), et avec les fameux clins d'oeil toujours aussi bien intégrés (Mother de Pink Floyd, Sugar Mice de Marillion).
D'intégration, par contre, c'est ce medley final qui en manquait. Il n'y a en fait pas de transitions réellement travaillées entre ses différentes parties, on est en effet bien loin des réussites de Caught In A New Millenium ou le medley qui concluait Once In A Livetime. Ce medley fut néanmoins l'occasion de frissonner sur Finally Free et Trial Of Tears, qui rappellent encore une fois à quel point ce groupe a possédé pendant plusieurs années un talent extraordinaire pour les compositions racées, puissantes et fascinantes.
Je souhaite aussi insister sur l'intro du concert, particulièrement réussie. Mike Portnoy, immense cinéphile, a déjà utilisé des musiques de film pour ouvrir les concerts de Dream Theater : A Clockwork Orange (Orange Mécanique) et Twin Peaks. Sur cette tournée il a choisi de faire un clin d'oeil à 2001: A Space Odyssey, en reprenant le fameux extrait du Also Sprach Zarathustra de Strauss. La nouveauté réside dans le fait qu'avant, le groupe passait juste une bande, tandis que cette fois, ils interprètent le thème. Il en ressort une puissance et une majesté qui font monter illico presto l'adrénaline. Amusant, enfin, la parodie sur l'écran géant, où le fameux foetus de la fin du film de Kubrick est remplacé par une des fourmis qui peuplent la pochette de Systematic Chaos.
Setlist:
In The Presence Of Enemies
Strange Deja Vu
Blind Faith
Surrounded '07
Constant Motion
The Dark Eternal Night
Keyboard solo
Lines In The Sand
The Ministry Of Lost Souls
I Walk Beside You
Take The Time
Rappel:
Medley:
I. Trial Of Tears
II. Finally Free
III. Learning To Live
IV. In The Name Of God
V. Octavarium
22:14 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, dream theater, metal, zenith
09 octobre 2007
The Police, Stade de France, 29/09/2007

Habitant désormais à 250 mètres du Stade de France, il m'était impossible de résister à l'envie d'aller voir cette reformation scénique inespérée, même si d'habitude j'évite soigneusement les concerts en plein air, en particulier dans les stades, pour cause de son insatisfaisant.
C'est donc avec des attentes modérées que je suis allé voir le premier des deux concerts de The Police au Stade de France, étant par ailleurs un peu méfiant quant à l'interprétation qu'allait nous réserver le groupe (je n'avais écouté aucun bootleg pour ménager la surprise).
La première partie fut une très belle découverte, avec Fiction Plane, groupe fondé au début de cette décennie par le fils aîné de Sting, Joe Sumner. Heureusement, celui-ci, en dehors d'une ressemblance vocale contre laquelle il ne peut pas grand-chose, n'officie pas du tout dans le style de The Police. Même la bio officielle accompagnant la promo de l'album ne fait pas mention de ce lien de parenté. Fiction Plane est un power trio mélodiquement plutôt influencé par U2, à la rigueur, et avec l'énergie des groupes post-grunge. Je suis assez déçu de ne pas avoir pu aller les revoir dans une salle plus adaptée, au Nouveau Casino deux jours plus tard (le 01/10/2007), car leur deuxième album recèle vraiment des pépites et leur prestation au Stade de France fut vraiment très convaincante.
Après Sumner fils, Sumner père, alias Sting, et les fantastiques musiciens que sont Steward Copeland et Andy Summers. Dans un stade, il est très difficile de créer une véritable interaction avec le public, surtout quand on opte pour une scène et une infrastructure aussi dépouillée que celle choisie par The Police pour cette reformation. A part des écrans géants et de très beaux lights, c'était donc la musique, et rien que la musique. Et quelle claque ! Au lieu de se contenter de balancer un best-of fidèle note pour note aux disques, The Police a préféré offrir une setlist très intéressante : sans éviter les incontournables tubes, la première partie a alterné titres célébrissimes connus de M. Tout-le-monde avec d'autres connus uniquement de ceux qui possèdent autre chose qu'une vulgaire compilation.
Et surtout, The Police a choisi de réarranger la plupart des morceaux, avec de sacrés belles jams de surcroît. Ce qui est finalement sans surprise de la part de tels musiciens, mais qui a probablement dû déplaire au grand public peu habitué à la musique en dehors de l'écoute de RTL2 et consorts.
La puissance et la cohésion de ce trio m'a irrésistiblement fait penser - dans un tout autre registre - à Rush. Les qualités scéniques sont en tout cas très semblables et ce sont les deux seuls trios du monde du rock que j'ai pu entendre sonner comme ça à une telle échelle. De surcroît, à ma grande surprise, le son était vraiment bon, du moins depuis mon siège. Etait-ce la situation, la qualité des relais ou de l'ingénieur du son, toujours est-il que je n'hésiterai pas à retourner voir des concerts au Stade de France.
Ce concert a vu le groupe nous gratifier d'une petite surprise, à savoir la présence de leur tout premier guitariste, le français Henry Padovani, pour une interprétation musclée de Next To You en guise d'ultime rappel. Deux heures de concert passionnant, passées beaucoup trop vite, après quoi on ne peut que rêver de les revoir dans des lieux aux dimensions plus modestes.
Setlist:
Message In A Bottle
Synchronicity II
Walking On The Moon
Voices Inside My Head
When The World Is Running Down
Don't Stand So Close To Me
Driven To Tears
Truth Hits Everybody
Hole In My Life
Every Little Thing She Does Is Magic
Wrapped Around Your Finger
De Do Do Do De Da Da Da
Invisible Sun
Walking In Your Footsteps
Can't Stand Losing You
Roxanne
Rappels:
King Of Pain
So Lonely
Every Breath You Take
Next To You (avec Henry Padovani)
09:00 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, police, sting
08 septembre 2007
Porcupine Tree, La Cigale, 03/07/2007

Nous avons pris l'habitude de voir Porcupine Tree en concert au moins une fois par an à Paris, et il y a peu de choses à rajouter à chaque fois. Pourquoi ? Même explication que celle invoquée dans ma note relative à leur précédent passage dans la capitale.
Ce concert permettait de voir l'intégralité du nouvel album sur scène, après sa sortie en avril dernier. Nous avions eu l'immense privilège de le découvrir en septembre 2006 lors de la précédente tournée, où le groupe avait choisi de roder ses nouvelles compos sur scène, plus de 6 mois avant la sortie du nouvel album. Un des titres joués alors n'a finalement pas été retenu, c'est donc la première fois que nous entendions Way Out Of Here sur scène, car c'est celui-là qui n'avait pas été dévoilé l'an dernier. En réécoutant des enregistrements pirates de 2006, on s'aperçoit que les compositions de Fear Of A Blank Planet étaient tout de même déjà très finalisées, en dehors de certains arrangements (les cordes sur Sleep Together étaient alors inexistantes).
Sur scène, c'est bien sûr l'incroyable Anesthetize qui produit le plus d'effet (sa découverte en live l'an dernier nous avait estomaqué, mais l'effet produit reste fort même en connaissant très bien le morceau). Pour le reste de la setlist, on navigue toujours surtout dans les quatre derniers albums du groupe, la seule nouveauté étant Sever tiré de Signify.
Quand on s'est habitué à l'excellence, difficile d'être surpris... on attend néanmoins impatiemment le concert de l'Olympia (la consécration !) en décembre 2007. On a hâte de voir ce que Steven Wilson va imaginer, et aussi de découvrir encore de nouveaux titres, car c'est bien ce que l'artiste nous a annoncé en ce mois de juillet. On en salive d'avance !
Setlist:
Fear of a Blank Planet
Lightbulb Sun
My Ashes
Anesthetize
Open Car
Mellotron Scratch
Drown With Me
Half Light
Sentimental
Blackest Eyes
Sever
Way Out of Here
Sleep Together
Rappel:
Even Less
Mother and Child Divided
Halo
11:50 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, rock
07 juillet 2007
Satellite Party, Trabendo, 02/07/2007

Nuno Bettencourt, photo par Jérôme
Fan absolu de Nuno Bettencourt, cela faisait 12 ans que le guitariste/chanteur/auteur/compositeur n'avait pas remis les pieds sur une scène française ! Depuis le dernier concert d'Extreme en France, le 23 juin 1995 au Zénith... N'ayant pas pu monter depuis la province à l'époque, je n'avais jamais donc pu voir sur scène mon guitariste préféré tous styles confondus. 12 ans d'attente et d'espoir, pour enfin le voir avec un groupe qui n'est qu'un side-project pour lui. Mais de quelle qualité ! L'excellent album de Satellite Party, joyeuse sauterie initiée par Perry Farrell (Jane's Addiction), et fagocytée par Nuno, ne laissait pas entrevoir un tel concert.
Satellite Party repose en fait sur la section rythmique emmenée par Nuno lors des derniers concerts d'Extreme au Japon, Kevin Figueiredo et Carl Restivo, Figueiredo étant par ailleurs le batteur émérite de Dramagods, le dernier groupe fondé par Nuno. Autant dire que le trio guitare/basse/batterie est déjà sacrément rôdé et on peut se douter que ce n'est pas le premier venu qui joue aux côtés d'un monstre de groove comme Nuno...
Le reste du groupe est donc composé de Monsieur Perry Farrell et de Madame sa femme, Etty Farrell. Si on ne présente plus Perry Farrell, l'iconoclaste mais adorable chanteur de Jane's Addiction (mémorable dernier passage à l'Elysée-Montmartre le 25/10/2003 !), on ne connaissait pas bien sa femme... qui assure quelques choeurs et surtout une présence sexy et extrêmement décalée, puisque son apport procède avant tout d'un jeu de scène pas très éloigné d'un peep show. On est complètement dans l'esprit de L.A.... où Perry Farrell est connu pour y être un des musiciens les plus festifs de la scène californienne.

Satellite Party, photo par Jérôme
Fête ? Party ? He bien c'est exactement l'ambiance du show époustouflant, sans une minute de répit, délivré par Satellite Party. L'album ne sortait en France que le jour même, les spectateurs se répartissaient en curieux venus soit voir Nuno, soit Farrell, pas grand-monde ne connaissait l'album d'après les discussions pré-concert, mais le public a très vite adhéré aux terribles refrains concoctés par Farrell, servis sur un plateau par des musiciens d'une cohésion, d'une puissance et d'un groove terrassants.
Le moment émotion, pour beaucoup, dont moi-même bien entendu, fut quand Kevin Figueiredo (le batteur de Nuno chez Dramagods) a entamé la fameuse intro à la batterie de Cupid's Dead d'Extreme, suivi du riff principal et d'une partie du bridge instrumental endiablé, enchaîné sans transition à Ain't No Right de Jane's Addiction : crise cardiaque !
Avoir vu enfin vu Nuno sur scène, dans un cadre aussi intimiste que le Trabendo, est une émotion assez indicible, doublée de la satisfaction de l'avoir vu avec un groupe d'un niveau excellent et avec une prestation où la guitare est nettement plus prépondérante que sur l'album de Satellite Party (solos plus longs, rythmiques à la Nuno = truffées de ghost notes, contretemps, de tourneries ternaires etc.).
L'incroyable mais réelle nouvelle, entendue de la bouche même de Nuno, c'est qu'une vraie reformation d'Extreme, tant attendue, est enfin en train de devenir une réalité : nouvel album plus tournée à venir en 2008... si cela arrive, alors je pourrai mourir en paix. Amen.
Setlist:
Stop! (Jane's Addiction)
Kinky
Insanity Rains
Been Caught Stealing (Jane's Addiction)
Hard Life Easy
Wish Upon A Dog Star
Mountain Song
Milky Ave
Mr Sunshine
Cupid's Dead (extrait, Extreme)
Ain't No Right (Jane's Addiction)
Only Love, Let's Celebrate
Rappel :
Ultra Payloaded Satellite Party

20:35 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : concert, trabendo, extreme, nuno
04 juillet 2007
Mika, Olympia, 30/06/2007

Auteur/compositeur/interprète, le jeune Michael Holbrook Penniman (24 ans), dit Mika, doit bien sourire en repensant aux refus des maisons de disques aux cours des années passées concernant ses démos : trop excentriques, pas assez conformes à la demande... Finalement, encore un artiste qui a réussi à émerger grâce à MySpace et à l'avis du public. Car c'est bien l'an dernier sur le web que la réputation de Mika a commencé à poindre, qu'un de ses titres a commencé à se vendre en téléchargement, et a finalement convaincu un label d'Universal (Island) de tenter le coup. Bien leur en a pris. Barclay, en France, se frotte les mains. Inconnu il y a 6 mois, Mika jouait au Trabendo le 4 avril dernier, et désormais ce 30 juin 2007 dans un Olympia archi-blindé qui tenait presque de l'événement VIP (filmé en caméras HD ; demande incroyable de places au marché noir ; présence de Pascal Nègre d'Universal pour remise d'un double disque de platine...). Les places pour son concert au Zénith en octobre se sont vendues en quelques heures.
Mika, lui, semble vivre un rêve éveillé. Comme il l'a confié au public, quand il était petit et qu'il passait devant l'Olympia (né d'une mère libanaise et d'un père américain, Mika a passé son enfance en France), pour lui cette salle était celle de Jacques Brel et d'Edith Piaf. Cela lui paraissait donc irréel d'investir cette salle à son tour.
Ce n'est pas pour autant que Mika s'est laissé impressionner, et l'artiste a délivré un show tout simplement époustouflant. Bien qu'ayant vu des tas de concerts et étant parfois un peu blasé, je dois avouer que je ne m'attendais pas à ce qu'un jeune artiste comme lui, ayant finalement une très mince expérience de la scène, en possède déjà pour ainsi dire une totale maîtrise, à tous les niveaux : performance (extraordinaire capacité vocale), jeu de scène (oui, la comparaison avec les plus grands frontmen prend tout son sens), communication avec le public, charisme, passion. Ce mec vit pour et par la musique, et est un pur entertainer-né.
Si Mika compose un deuxième album aussi réussi que le premier, alors il est clair que ce jeune homme va probablement devenir un des plus grandes stars de la musique contemporaine. Il est extrêmement rare d'assister à l'émergence d'un tel talent.
De plus, je n'avais jamais vu une telle ambiance à l'Olympia : un vent de folie a soufflé du début à la fin, avec un public survolté (à la moyenne d'âge pas si jeune que ça), qui n'a fait que sauter et chanter en choeur. Après Relax, Mika a lancé : "Est-ce qu'il y a des Big Girls dans la salle ?" Visiblement pas mal de nanas se sont reconnues, alors Mika a enchaîné : "Alors montrez nous de quoi vous êtes faites !". Sur ce, débarque deux jeunes femmes aux proportions très, très généreuses, en tutu, et c'est parti pour un délire, pas sans rappeler l'esprit des fameuses Fat Bottomed Girls de Queen !
Mika a enchainé les "tubes" (puisque son album n'a en fait aucun point faible), sans aucune baisse de régime, seulement ponctués de deux reprises fort bien réarrangées (Sweet Dreams d'Eurythmics et I Want You Back des Jackson 5 ; excellents choix !).
Au moment du rappel, cinq personnages déguisés en lion, éléphant, poulet, lapin, et perroquet font semblant de se battre. Le lapin gagne, il enlève son masque et on découvre l'excellente et groovy batteur black de Mika (aussi à l'aise dans le rock pêchu qu'aux balais jazzy). Mika a vraiment bien su s'entourer, son groupe sur scène est absolument béton, mention spécialement au bassiste au jeu funky (et hyper efficace aux choeurs), au guitariste et à la section de cuivre (trombone à coulisse). Ils finissent donc le concert sur Lollipop, avec leur déguisement (la tête en moins pour ne pas étouffer !), et c'est la life in cartoon motion qui clôt en beauté le délire, avec pluie de confettis, bulles de savon, ballons, etc.
Véritable OVNI dans le monde de la musique, Mika a su absorber 30 ans de musique, de la pop à la disco, en passant par le glam, le jazz et le funk, pour au final en faire un album très contemporain. C'est enlevé, créatif, dansant et souvent touchant. Son charisme et sa présence sur scène évoquent à la fois la puissance d'un Freddy Mercury ou la sensualité d'un Mick Jagger. Ses capacités vocales hors du commun (il a chanté son premier opéra de Strauss à 11 ans) lui confèrent un atout technique imparable, tout comme sa maîtrise du piano. On ne voit pas bien ce qui pourrait arrêter la déferlante Mika.
Setlist
Relax (Take It Easy)
Big Girl (Your Are Beautiful)
My Interpretation
Billy Brown
Any Other World
Stuck In The Middle
Ring Ring
Sweet Dreams (reprise d'Eurythmics)
Holy Johnny
Happy Ending
I Want You Back (reprise de The Jackson 5)
Love Today
Grace Kelly
Rappel:
Lollipop

Pendant Lollipop les bulles de savons commencent à déferler...

Et ça se termine en pur délire !

12:50 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : concert, mika, olympia
21 juin 2007
Aerosmith, Bercy, 19/06/2007

Ca paraît fou, mais le dernier concert d'Aerosmith en France remontait au 11 juin 1997 à Bercy ! Les ayant ratés à cette époque, je ne me doutais alors pas qu'il me faudrait alors attendre plus de 10 ans pour enfin les voir sur scène.
Or, à force de trop attendre quelque chose, on en vient parfois à être déçu quand on l'obtient. Je ne pense néanmoins pas que ce soit ce qui explique que j'ai ressenti la prestation des Bostoniens comme correcte, mais sans plus.
Aerosmith n'a pas su prendre Bercy par les couilles, c'est clair et net. Des gradins, il était sensible que le groupe n'a pas mis le feu au public, il y a eu trop peu de titres où la fosse a vraiment bougé ou chanté en coeur. J'ai rarement vu un Bercy aussi paisible pour un concert de rock au sens large, alors qu'on avait affaire à une enfilade de classiques.
En dehors de l'infatigable Steven Tyler, les autres membres du groupe commencent hélas vraiment à ressembler des vétérans qui se contentent d'assurer le minimum, exception faite du ténébreux Joe Perry qui n'a quand même pas autant la bougeote que son complice Tyler. Ce dernier n'arrêtant pas d'haranguer la foule et d'arpenter les coursives lui permettant d'aller jusque dans le public, se donne totalement à fond, et assure toujours vocalement.
Mais, Tyler avait beau se démener, il était difficile pour lui d'occuper tout l'espace. Dommage car quand on voit les récents DVD où Aerosmith joue en club aux USA, c'est de la dynamite !
Situé dans les gradins à une distance que j'estime à peu près idéale, j'essaie toujours d'occuper la même zone lors de concert à Bercy. Cela me permet de comparer aussi la qualité du son et je regrette d'avoir à écrire qu'il n'était pas terrible ; la voix, bien mixée en avant, était correctement audible, mais la batterie ruinait le tout à cause d'une réverb' vraiment mal venue, que même mes protections auditives vissées à fond ne permettaient pas de filtrer. Frustrant...
Je reste bien satisfait que Aerosmith soit enfin revenu en France, mais le groupe est sans conteste à revoir dans une salle plus adaptée.
Merci à Jérôme pour l'excellente photo prise avec son zoom optique... Des photos officielles (et superbes) du concert de Bercy sont disponibles ici.
Setlist:
Love In An Elevator
Falling In Love (Is Hard On The Knees)
Cryin'
Eat The Rich
I Don't Want To Miss A Thing
Jaded
Rag Doll
Janie's Got A Gun
Baby Please Don't Go
Hangman Jury/Seasons Of Wither
Dream On
S.O.S. (Too Bad)
Livin' On The Edge
Stop Messin' Around
Sweet Emotion
Draw The Line
Rappel:
Walk This Way
Mama Kin
10:08 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : aerosmith, rock, concert, bercy
15 juin 2007
INXS, La Cigale, 09/06/2007

Le lendemain de leur concert au Festival de Montereau, INXS était donc en tête d'affiche de la Cigale, pour leur premier concert parisien depuis le 1er juillet 1997 !
La seule déception aura finalement été que la salle n'était pas totalement pleine. Pas étonnant : aucun travail de promotion de la part d'Epic pour promouvoir ni leur dernier album, ni le concert. Qu'à cela ne tienne, les spectateurs présents (un brassage assez large de toutes générations) ont vite été chauffés à blanc par un groupe visiblement toujours aussi content de retrouver le chemin d'une vraie tournée européenne. J. D. Fortune n'a pas mis longtemps pour mettre tout le monde dans sa poche, et à partir de Original Sin, la Cigale fut transformée en véritable boîte de nuit rock avec une ferveur me rappelant par moment ce fameux concert de 1993 dont je parle dans ma note précédente.
Cerise sur le gâteau, grâce à l'ambiance, nous eûmes droit à un rappel imprévu, Taste It, issu de Welcome To Wherever You Are (1992), un des tout meilleurs albums de leur carrière, mais méconnu du grand public. C'est l'un des titres les plus électriques et sensuels d'INXS (cf. la prestation osée d'Hutchence dans le clip de l'époque), superbe cadeau pour les fans.
Toutes proportions gardées, le charisme de J.D. Fortune, encore plus efficient dans une salle comme la Cigale est vraiment bluffant. INXS a déjà retrouvé le chemin du succès (charts et radios) en Amérique (et évidemment en Australie), mais il peut également le reprendre en Europe si leur label se décidait à travailler le groupe.
Setlist
Suicide Blonde
Devil's Party
Mystify
Hot Girls
Disappear
By My Side
Afterglow
Hungry
Original Sin
Need You Tonight
What You Need
Folsom Prison (Johnny Cash)
Devil Inside
Pretty Vegas
Rappel #1
God's Top Ten
New Sensation
Never Tear Us Apart
Don't Change
Rappel #2
Taste It
14:10 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (21) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : INXS, concert
11 juin 2007
INXS, Festival Montereau Confluences, 08/06/2007

La dernière (et première fois) fois que j'avais vu INXS, c'était le 10 juin 1993 à Bordeaux, soit 14 ans quasiment jour pour jour. Ce concert restera à jamais gravé dans ma mémoire ; non seulement INXS était mon groupe préféré, mais en plus, Michael Hutchence reste encore aujourd'hui le plus fantastique et sensuel frontman que j'ai pu voir sur scène.
Suite à deux tournées marathon pour les albums qui les avaient installés au faîte de la gloire internationale (Kick en 1987 et X en 1990), INXS avait intelligemment décidé d'expérimenter en sortant un album très réussi artistiquement (Welcome To Wherever You Are, 1992), suivi d'une tournée de clubs ou de "petites" salles, le groupe étant vraiment las des stades et autres arènes.
Ceci permit donc de voir INXS dans d'excellentes conditions, et la Médoquine de Bordeaux fut investie notamment par bon nombre de lycéens pas intimidés à l'idée de faire la fête à la veille de l'épreuve de philo du bac 1993. La salle fut transformée en dancefloor où le public resortit éreinté et quasiment en transe ! Pour ceux qui ont vu la vidéo Live Baby Live du concert de juillet 1991 au Wembley Stadium devant 90 000 personnes, imaginez la même ferveur dans une petite salle surchauffée...
INXS n'avait pas remis les pieds en France depuis le 1er juillet 1997 (Paris, Zénith), Hutchence étant décédé quelques mois plus tard (novembre 1997). Le groupe n'est pas resté pour autant inactif et a repris en 2000 le chemin des concerts avec Jon Stevens (ex-Noiseworks) au chant, pour quelques tournées dont la seule en Europe (Just For Kicks) remonte à 2003 (sans passage par la France). Néanmoins, on attendait toujours un album...
C'est de manière très improbable qu'INXS a donc retrouvé un chanteur : grâce à l'émission américaine Rock Star, qui a permis d'auditionner des prétendants à la mission a priori impossible, succéder à Michael Hutchence. Miracle : le vainqueur, le Canadien J.D. Fortune, possède des qualités que même le groupe n'aurait sans doute pas espéré au départ. Le nouvel album, Switch, sorti fin 2005 (mais plus d'un an après en France, sans aucun travail de promo), confirmait tous les espoirs placés en Fortune : non seulement il ne cherchait pas à "remplacer" Hutchence, mais il ne dénaturait pas le son du groupe, au contraire ; il y contribuait en se montrant fin parolier (ce qu'était aussi Hutchence). C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles Fortune emporta le concours, car INXS avait proposé aux prétendants d'écrire les paroles et mélodies vocales d'un titre composé par leurs soins, et la version de Fortune était de loin la meilleure, ce qui donna le single Pretty Vegas qui fit un carton aux USA et au Canada.
Il restait donc à voir ce que INXS 2.0 allait donner sur scène. Présent de manière un peu inattendue au festival de Montereau Confluences (à 100 km de Paris), le groupe assurait la tête d'affiche du vendredi soir. Après Michel Delpech et Axelle Red, il n'est pas exagéré d'écrire qu'INXS, en débutant son set par Suicide Blonde, a légèrement décoiffé le public un peu sage constitué en majorité de familles tranquilles. Disposant de leur propre rampe de lights, et de leur propre ingénieur du son, la différence de qualité technique était sensible. Et quelle puissance ! En quelques chansons, le public était dans la poche, et pourtant INXS n'a pas joué la carte de la setlist "best-of" puisque pas moins de 7 titres (sur 11) du dernier album furent joués ! La setlist ne fut donc pas adaptée pour le festival, et INXS laissa même de côté leur premier tube international, Original Sin.
Le plus gros atout sur scène d'INXS 2.0, c'est sans doute finalement le même (toutes proportions gardées) que celui de la version 1.0... son chanteur ! Car J.D. Fortune est un sacré entertainer qui sait vraiment aller chercher le public, le faire réagir, et il est de surcroît un interprète à la fois juste et très énergique. Arpentant inlassablement l'immense scène du festival, Fortune a su conquérir peu à peu les 6000 spectateurs du festival. Kirk Pengilly et Tim Farriss n'étant pas en reste au niveau de l'occupation de l'espace. Beau set de 1h30, 17 titres, pour un show sans aucune faille : de superbes retrouvailles qui me firent vraiment chaud au coeur ! Voilà qui augurait bien du concert parisien du lendemain, dans une toute autre configuration : la Cigale (1500 places). A suivre dans une prochaine note...
Setlist
Suicide Blonde
Devil's Party
Mystify
Hot Girls
Disappear
By My Side
Afterglow
Hungry
Never Let You Go
Need You Tonight
What You Need
Folsom Prison (Johnny Cash)
Devil Inside
Pretty Vegas
Rappel:
God's Top Ten
New Sensation
Never Tear Us Apart
Don't Change
17:00 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : INXS, concert
24 mai 2007
Allan Holdsworth, New Morning, 22/05/2007

Je ne suis pas parvenu à retrouver avec certitude à quand remonte le dernier passage d'Holdsworth à Paris mais il semblerait que c'était en 1997. Depuis que j'ai découvert le bonhomme en 1993, quand j'en étais seulement à un an d'apprentissage de la guitare, je rêvais (comme beaucoup) de le voir. C'est fait : amen !
Allan Holdsworth est le guitariste des guitaristes ; la plupart des plus grands sont en effet unanimes pour déclarer qu'il est l'un des plus grands virtuoses de l'instrument et qu'il constitue pour eux une référence absolue. Frank Zappa, s'il ne devait retenir deux noms de guitaristes, répondait : Hendrix et Holdsworth. Dans le "best-of" d'Holdsworth, Against The Clock (2005), le livret offre pléthore de citations provenant d'autres légendes de la guitare.
Eddie Van Halen : "Holdsworth is the best in my book. He's fantastic. I love him...What I can do on two hands, he can do with one".
John McLaughlin : "I've known Allan Holdsworth and his music for 30 years now, and after all this time, he's still amazes me. His concept is still advancing with his playing, and his technical prowess which is phenomenal, is in complete harmony with his musical direction. And this is a very advanced direction" .
Inutile de prolonger la liste, mais sachez que la palanquée des "shredders" comme Steve Vai, Joe Satriani ou Yngwie Malmsteen sont également en extase devant Holdsworth. C'est d'autant plus frappant que Holdsworth, lui, n'a jamais connu les grâces de la reconnaissance d'un vaste public, contrairement aux guitaristes pré-cités.
Holdsworth possède un style totalement unique, qui provient du fait qu'il est un autodidacte complet, le seul professeur de musique qu'il ait jamais eu ayant été son père, qui était pianiste (pas guitariste). Holdsworth, lui, a manifesté très tôt une sensibilité exceptionnelle à la musique, et en particulier à la sonorité du saxophone. Ses parents, n'ayant pas les moyens de lui offrir cet instrument, lui achetèrent une guitare quand il avait 16 ans, après avoir tâté du piano avec son père, mais il détestait l'approche percussive des touches, il voulait caresser les notes d'un cuivre ou d'un violon.
Holdsworth revendique être un saxophoniste frustré, et a développé très jeune une technique lui permettant de se rapprocher inconsciemment de la fluidité du sax : le legato, qui consiste à n'attaquer qu'une note par corde, toutes les autres étant générées uniquement par la main gauche ("frappées", donc par les doigts de la main gauche, sans être attaquées au médiator de la main droite). Joe Satriani, guitar-hero ayant popularisé cette technique, avoue avoir été fortement inspiré par Holdsworth pour son apprentissage de cette technique.
Ce dernier a néanmoins développé la beauté du legato à l'extrême, car il reconnaît chercher le jeu le plus propre et le plus intelligible possible, en évitant tout "bruit" entre les notes, en particulier celui dû à la distorsion, qu'il abhorre mais avec laquelle il est obligé de composer afin d'avoir assez de sustain. Il a réussi à faire en sorte que les notes "frappées" de la main gauche sonne même plus fort que celles attaquées, résultat : Holdsworth peut mélanger notes attaquées et notes frappées pour arriver à un phrasé d'une pureté sans aucune comparaison possible. Ses envolées sont comparables à celles de John Coltrane, dont Holdsworth est tombé fou amoureux en écoutant les disques de Miles Davis.
Holdsworth possède en outre une approche assez mathématique pour assimiler la position des notes de la gamme qu'il veut utiliser sur le manche. Il considère le manche comme un graphique lui permettant de répertorier les modes sous forme de nombres. Une fois assimilé toutes les permutations possibles, il a choisi celles qui lui serviraient vraiment par rapport à leur potentiel harmonique.
Ceci lui a permis notamment de développer la deuxième grande caractéristique technique de son jeu : des accords enrichis et hyper harmonisés que l’on ne trouve dans aucun livre de guitare (remplis de secondes, sixtes, onzièmes, etc), qui ne se jouent qu'avec de grands écarts de doigts, et qui laissent perplexes même ceux disposant de mains de taille généreuse.
Et la musique dans tout ça ? Son génie guitaristique côtoie en effet un goût parfois contestable du style de composition jazz-rock clean et sophistiqué, d'où la tendance de nombreux critiques à le considérer comme une sorte de dinosaure du jazz-rock, dans ce qu'il a pu produire de plus éculé. Son goût prononcé pour la théorie et la recherche rendent parfois l'approche de ses disques assez aride, mais ceci n'enlève rien à la phénoménale inventivité mélodique du guitariste.
Le parcours discographique parle pour lui de toute façon : Soft Machine, Lifetime (de feu Tony Williams), U.K., Gong, Jean-Luc Ponty, Stanley Clarke, Bill Bruford... Et les musiciens figurant

