23 octobre 2009

Dredg, La Boule Noire, 18/10/2009



Il serait temps de promouvoir mieux que ça un des groupes de rock les plus talentueux de la scène américaine. A part un showcase gratuit au Virgin des Champs-Elysées en septembre 2005 et un passage live en acoustique sur Ouï FM la même année, rien n'a été fait pour que Dredg sorte du relatif anonymat de l'underground en France, pays qui célèbre pourtant par ailleurs Muse, par exemple. Dredg n'a pourtant pas plus ni moins de talent et possède une originalité totalement unique ; bien malin qui pourrait trouver une influence évidente dans chacun de leurs quatre albums depuis 1999.

Tous les concerts en tête d'affiche du groupe à Paris ont eu lieu à la Boule Noire (dates précédentes : 5 juillet 2005 et 4 décembre 2005, près de quatre ans en France sans Dredg, dur !), et il est rageant de voir que même si la salle affichait encore complet, le groupe n'arrive pas à être programmé dans une salle plus grande et surtout offrant de meilleures conditions à une musique d'un tel impact émotionnel.

Néanmoins, ayant vu tous les concerts parisiens cités précédemment, je dois honnêtement avouer que ce fut sans conteste le meilleur des trois concerts à la Boule Noire. Pas un temps mort, pas un titre faible dans la setlist (ils ont vraiment un sacré répertoire : que du tube en puissance), et cerise sur le gâteau, le mix était superbe encore une fois (je pense que personne ne peut faire mieux que leur ingénieur du son dans cette salle).

Il est difficile de savoir quel membre apporte le plus d'intensité : que ce soit le très charismatique Gavin au chant (d'une justesse remarquable), Drew Roulette aux lignes de basse très peu conventionnelles et aux samples (le cerveau du groupe, par ailleurs), Mark Engles à la guitare Fender Telecaster au son délicieusement californien et aux nappes très denses, ou enfin Dino Campanella véritable alien arrivant à jouer de la batterie et du clavier en même temps (!), avec une puissance redoutable.

Certains titres étaient renforcés par la présence d'un violoniste et d'un contre-bassiste venant du groupe Judgement Day de première partie : fantastique apport, et belle volonté de proposer toujours plus de qualité.

Je ne sais pas si Dredg a inventé leur gimmick de fin, mais il fait toujours son petit effet : pendant que le groupe finit son dernier titre, la batterie est démontée peu à peu et Dino finit uniquement sur sa caisse claire, et enfin au clavier quand il se retrouve totalement dépouillé de son kit. On se quitte ainsi sur un instrumental guitare/clavier qui achève un concert triomphal comme il a commencé, c'est-à-dire dans la très grande classe.

Setlist:

Pariah
Ireland
Stamp of Origin: Pessimistic
Lightswitch
Gathering Pebbles
Information
Saviour
Down to the Cellar
Stamp of Origin: Horizon
Ode to the Sun
Catch Without Arms
Jamais Vu
The Tanbark is Hot Lava
Bug Eyes
Same Ol' Road
Brushstroke: New Heart Shadow
Triangle
The Canyon Behind Her
Cartoon Showroom

18 octobre 2009

Porcupine Tree, Olympia, 13/10/2009



J'ai le sentiment d'avoir tout dit sur le groupe, car les concerts n'ont pas manqué ces dernières années dans notre belle capitale (Elysée-Montmartre en 2006, Cigale puis Olympia en 2007).

Le plaisir de les retrouver pour la deuxième fois à l'Olympia semblait partagé puisque Steven Wilson s'est encore fendu d'un petit speech sur l'honneur que cela représente pour son groupe de jouer dans une salle si mythique ; par ailleurs la présence de ses parents aux place n°1 et 2 du premier rang de la mezzanine en disait long sur l'importance donnée à ce concert. Côté VIP, on a pu aussi apercevoir les membres de Marillion, qui devaient jouer le lendemain au Bataclan.

Le concert était composé de deux sets séparés par un entracte de 10 minutes. Le premier set était sans surprise constitué de l'intégralité du cycle de 55 minutes The Incident, composé de 14 titres à la base enchaînés sur album, mais ponctués ici de courtes pauses, changement d'instruments oblige. Le gros problème de ce cycle est le déséquilibre majeur entre ses différentes pistes, une part beaucoup trop importante affichant entre 1 et 2 minutes, ce qui donne l'impression d'idées non achevées. C'est frustrant, et au final sur 14 pistes il n'y a que 6 pistes qui ressemblent à de vraies chansons (d'une durée supérieure à 4 minutes). De surcroît, elles sont loin d'être toutes aussi inspirées que les œuvres passées de Porcupine Tree. Tout cela reste plaisant à écouter (Drawing The Line et son refrain particulier passant ainsi mieux en live), mais le seul véritable grand moment, sur disque comme sur scène, reste le plat de résistance Time Flies, avec son rythme très entraînant et hypnotique, son break hyper floydien et ses paroles délicieusement nostalgiques.

Le deuxième set fut heureusement parfait de bout en bout (accentuant ainsi au passage la différence de niveau entre les nouvelles compositions et les anciennes...), brassant intelligemment albums, classiques et raretés. Une pépite de Deadwing a ainsi été exhumée (The Start Of Something Beautiful) avec délice. Deux morceaux très longs, Russia On Ice (plus joué depuis combien d'années ?) et Anesthetize (devenu un véritable classique remportant la première place à l'applaudimètre) ont été raccourcis intelligemment et enchaînés avec goût. Strip The Soul, choix solide tiré de In Absentia, n'avait plus été joué depuis la tournée supportant l'album. Grosse surprise et gros succès aussi avec Normal, jamais joué sur la tournée précédente avec tout le groupe. Cette fantastique variation sur les paroles et la mélodie principale de Sentimental, disponible sur l'EP Nil Recurring sorti peu de temps après Fear Of A Blank Planet, a largement remporté l'adhésion du public. The Incident, c'est aussi un double album et Wilson a eu la bonne idée de jouer sur cette tournée le titre le plus solide du deuxième CD, à savoir le dynamique et intrigant Bonnie The Cat, qui nous a offert encore une superbe démonstration de bon goût du monstrueux batteur Gavin Harrison.

Les inamovibles Lazarus et Trains sont devenus des hymnes rituels, mais dont on ne lasse pas tellement ils sont gorgés d'émotion. Finalement, chaque euro dépensé dans ce cher Olympia valait encore le coup, ne serait-ce que pour ce deuxième set qui restera longtemps dans les mémoires.

Setlist:

Set 1
The Incident

Set2
The Start of Something Beautiful
Russia on Ice
Anesthetize
Lazarus
Strip the Soul
.3
Normal
Bonnie The Cat

Rappels:
The Sound of Muzak
Trains

10 octobre 2009

Dream Theater, Zénith, 04/10/2009



Pour son 6e concert au Zénith depuis 2000, Dream Theater est arrivé avec sa formule du mini-festival Progressive Nation, dont l'affiche européenne est hélas moins alléchante que son homologue américain de l'été dernier (Zappa Plays Zappa étant d'un autre calibre). Du coup, même si l'ensemble de la soirée a proposé de la musique live de 18h30 à 23h00, je ne parlerai que de DT, car les autres groupes ne sont pas du tout ma tasse de thé et je ne les ai même pas vus, j'ai juste entendu un peu d'Opeth. Le set de DT était donc réduit à 1h30, ce qui est durée ridicule pour un groupe habitué à proposer minimum 2h30 de musique, et qui est monté à 3h30 (record absolu, atteint dans ce même Zénith le 29/01/2004).

La difficulté tient donc au choix des titres à loger dans la setlist, surtout quand il y en a d'office qui sont plutôt longs, comme le rappel sur toutes les dates, The Count Of Tuscany, qui affiche 20 minutes. Le choix de Mike Portnoy pour la tournée actuelle se concentre principalement sur les trois derniers albums, avec un petit détour sur Awake (les paires The Mirror/Lie et Erotomania/Voices alternent suivant les villes), et des emprunts très ciblés variant entre Scenes From A Memory, Falling Into Infinity et Images And Words.

Pour mon 37e concert du groupe (blasé ? non car désormais je les vois une fois tous les deux ans, ce qui est parfait), la setlist ne fut guère ma tasse de thé (doux euphémisme ; et mention spéciale au solo de claviers totalement inutile dans le contexte d'un concert d'1h30!), mais le déplacement valait le coup ne serait-ce que pour le dantesque dyptique The Mirror/Lie, maître-étalon de ce DT a su composer de plus concis, puissant, sombre et mélodieux dans toute sa carrière. Les titres des années 2000 accusent donc le coup face à ce chef d'œuvre impérissable qui file le frisson assuré, mais je conviens que les titres récents restent tout de même plus agréables sur scène que sur disque. En effet, James LaBrie était en forme, et le groupe bénéficie toujours d'un son aussi propre que puissant dans ce Zénith qu'ils maîtrisent totalement. Le spectacle de leurs capacités techniques est toujours au rendez-vous et la machine DT tourne toujours à plein régime, comme si le temps qui passe n'avait aucune emprise. Que demande le peuple ? Plus d'audace pour les prochains albums ? Oui, certes... mais c'est un tout autre sujet.

Setlist :
A Nightmare To Remember
The Mirror
Lie
A Rite Of Passage
Keyboard solo
Wither
The Dance Of Eternity
In The Name Of God

Rappel:
The Count Of Tuscany

22 septembre 2009

Mr. Big, Bataclan, 16/09/2009



Effet madeleine garanti avec Mr. Big ! M.Tout-le-monde connaît les méga-hits du début des 90's, "To Be With You", et la reprise de Cat Stevens, "Wild Word". Mais en général seuls les connaisseurs savent de quoi retourne vraiment le groupe. Après plusieurs millions d'exemplaires vendus dans les 90's des quatre premiers albums, une dissolution en 2002 après deux albums sortis uniquement au Japon avec Richie Kotzen à la guitare (n'ayant pas réussi à succéder à Paul Gilbert), Mr. Big s'est donc enfin reformé avec son line-up d'origine, mais sans nouvel album. Revival total donc de notre adolescence hardeuse, avec en ligne de mire de la setlist les trois premiers albums du groupe, pépites indispensables pour tous ceux qui aiment le hard rock à la fois fun, mélodique, groovy et technique. La caractéristique de Mr. Big a bien été d'arriver à un compromis admirable et sans précédent entre chorus imparables et licks monstrueux, les guitaristes Billy Sheehan et Paul Gilbert formant un duo basse/guitare à la complémentarité et vitesse d'exécution inégalés (sauf partiellement par Dream Theater, peut-être).

Plus de quinze ans ont passé depuis leur dernier concert en France, le 25 avril 1994 à la Cigale... Avant cela, le groupe n'avait jamais donné de show en headlining dans l'Hexagone : première partie de White Lion au Palais de Sport de Paris le 28 mai 1991, et première partie d’Aerosmith au Palais Omnisports de Paris Bercy le 8 novembre 1993. C'est donc un retour significatif, le groupe s'étant échauffé en juin dernier sur une tournée japonaise à guichets fermés avec un retour triomphal au Budokan (complet), filmé pour l'occasion, à sortir en CD+DVD en octobre chez Frontiers Records. Finalement, au vu du concert du Bataclan, les quatre musiciens n'ont pas changé, à part Pat Torpey qui s'est un petit peu encroûté. Son groove est néanmoins intact et il utilise toujours à aussi bon escient la cloche (cowbell), une de ses signatures.

Eric Martin possède un timbre de voix particulier qui n'a pris une ride ; difficile de croire à le voir et à l'entendre chanter, qu'il a désormais 49 ans, on lui en donnerait dix de moins. C'est un pur gâchis que de constater qu'à part des albums solos pendant la période de hiatus de Mr. Big, le bonhomme n'a pas trouvé de point de chute dans un groupe digne de ce nom. Martin est toujours aussi bien accompagné aux choeurs par le reste du groupe, ce qui distingue Mr. Big de bien des groupes de la même division. Enfin, Billy Sheehan et Paul Gilbert sont égaux à eux-mêmes, à savoir qu'ils possèdent une maîtrise inhumaine et écoeurante de leurs guitares ; le plus surprenant restant Sheehan qui joue de sa basse comme d'une guitare électrique : rien ne lui est impossible. Sheehan est en outre un musicien un peu plus aventureux que Gilbert, ses multiples side-projects (dont le terrible Niacin) l'ont souvent entraîné dans des horizons éloignés du hard-rock. Session-man très recherché, il a même atterri sur un disque de Mylène Farmer (non crédité).

Et pourtant... le Bataclan sera à peine rempli à la moitié de sa capacité. C'est tout le problème de ne plus avoir sorti de nouveautés en Europe depuis très longtemps. Et tout le monde ne vient pas forcément revoir un groupe de son adolescence, trop estampillé 90's. Quel contraste avec le Japon, où le groupe est adulé, a déjà sorti plusieurs best-of, et a réédité ses VHS en DVD... et tout cela continue à se vendre en masse. Quand j'étais à Tokyo au mois de mai, j'ai pu constaté avec amusement que Mr. Big était en tête de gondoles dans tous les grands magasins de disques, avec concert de 1992 sur les écrans... Une autre planète !

Mais Mr. Big peut jouer devant 20 000 comme 1000 personnes, il n'en a cure ; le groupe est visiblement là pour s'amuser, la reformation semble sincère, et la complicité totale. Le set dure plus de deux heures, enfile un sacré paquets de classiques, se fend même de deux nouveaux titres (disponibles sur le dernier best-of japonais : Next Time Around et Hold Your Head Up), et comprend en final deux reprises haut de gamme, à savoir Shy Boy de David Lee Roth (écrit intégralemente par Sheehan, trop de personnes attribuent le titre à Steve Vai), et Baba O'Riley des Who. Le seul gros point noir, c'est la durée indécente des soli. Certes, les musiciens de Mr. Big sont des étendards vitaux pour les marques qu'ils endorsent (Ibanez, Yamaha, etc.). Mais seraient-ils obligés contractuellement de placer une telle durée de soli ? On peut le soupçonner, car nous avons dû endurer sans doute au moins 20 minutes de démonstration partagées entre les trois instruments. Pratiquement un showcase de salon de musiciens type NAMM ! Et autant les chansons de Mr. Big sont des pépites de concision et de bon goût, autant leurs soli sont d'une stérilité absolue. Autant de temps morts, de temps perdu pour des chansons du répertoire. C'est bien dommage. Dorénavant, on attend un hypothétique nouvel album studio, les deux inédits du dernier best-of étant encourageants.

Setlist:
Daddy, Brother, Lover, Little Boy (The Electric Drill Song)
Take Cover
Green-Tinted Sixties Mind
Alive & Kickin'
Next Time Around
Hold Your Head Up
Just Take My heart
Temperamental
It's For You - The Planets Op.32: Mars
Solo batterie
Price You Gotta Pay
Wild World
Take A Walk
Solo guitare
Double Human Capo (instrumental basse et guitare)
The Whole World's Gonna Know
Rock & Roll Over
Solo basse
Addicted To That Rush
To Be With You
Colorado Bulldog

Rappels:
Shy Boy
Baba O'Riley

12 juillet 2009

Dave Matthews Band, Olympia, 01/07/2009


(c) photo : FromTheNorth


Le dernier concert en France du groupe américain Dave Matthews Band (DMB) remontait au 3 mars 1995 à l'Arapaho (!). C'était aussi, pour l'anecdote, leur tout premier sur notre sol. Cela veut dire que le groupe avait joué une seule fois en France jusqu'alors, dans une salle sans aucune mesure avec le succès de DMB aux USA, qui joue dans les stades et les plus grosses salles indoors de son pays, quand il ne crée pas l'événement à Central Park (121 000 spectateurs en 2003). Les 5 derniers albums du DMB se sont classés directement n°1 du Billboard à leur sortie, et le groupe a écoulé plus de 31 millions d'albums aux USA. En France, voire en Europe, c'est à peine si on trouve leurs disques puisqu'ils ne sont disponibles qu'en import. Voilà pourquoi il aura fallu attendre si longtemps afin d'avoir enfin une véritable tournée européenne, à guichets fermés tout de même, ce qui prouve qu'il y a bien un public underground pour DMB dans notre vieux continent.

Cette dichotomie entre succès public aux USA et relative confidentialité en Europe est surprenante, car le groupe n'a rien à voir avec un phénomène culturel américain comme The Grateful Dead ou The Flaming Lips. Sur scène, DMB se compose de sept musiciens : l'ensemble classique basse-guitare-batterie, un trompettiste, un saxophoniste, un violoniste, et le leader Dave Matthews, au chant et à la guitare acoustique. Musicalement, le rock idiosyncratique de DMB propose une fusion au sens propre du terme, avec de la pop, du funk, du jazz, de la soul, de la world music... Le niveau technique de chaque musicien est fort élevé (n'importe quel batteur connaît le nom de Carter Beauford et ses vidéos pédagogiques), mais la particularité de DMB est de ne jamais se retrouver pris au piège par cette technique. Elle reste au service de mélodies très catchy (d'où le succès grand public), avec une énergie et un swing d'enfer, propulsées par une section rythmique redoutable. DMB sait également proposer des compositions de longueur raisonnables (majorité en 4 et 6 minutes), mais qui offrent évidemment un potentiel élevé (et exploité) d'improvisation sur scène. Enfin, DMB est imperméable aux modes musicales, et semble même totalement anti-tendances.

Quant au charismatique leader, Dave Matthews, il ne possède pas une tessiture exceptionnelle, mais un timbre de voix caractéristique dont il exploite toutes les possibilités, avec des dictions particulières et hauteurs variées qui forment finalement une palette très expressive. Mais l'atout n°1 de Matthews, et du groupe, est bel et bien la maîtrise absolue de la performance scénique, et au vu du concert de l'Olympia, on comprend mieux pourquoi DMB est catégorisé aux USA dans les "stage bands", les grands groupes de scène, et pourquoi il y a tant d'albums live du groupe.

Les jams sont en effet une de leur spécialité, mais sans en abuser (il n'y en aura "que" trois, d'une durée totale de 30mn, sur 2h10 de concert). Le concert a d'ailleurs débuté avec une pièce de choix, Bartender (Busted Stuff, 2002), étirée sur près de 15 minutes, sans une minute d'ennui. Matthews assure le show, avec ses mimiques sans pareilles et son humour sarcastique. Une autre de leur spécialité est le réarrangement de leurs chansons, en général en les améliorant encore par rapport à leur version studio, ce qui fut flagrant pour You Might Die Trying, par exemple. Dynamique et musclé de par le feu d'artifices des instrumentistes, le concert a de surcroît été littéralement porté par le public trop heureux de voir enfin le groupe dans nos contrées ; à ce sujet, je suis resté abasourdi d'entendre les spectateurs reprendre les refrains des chansons. Il y avait par ailleurs un nombre significatif d'étrangers anglophones dans la salle, a priori ayant fait exprès le déplacement. Il faut dire que le groupe change considérablement sa setlist tous les soirs, ce qui renforce l'intérêt de les suivre.

DMB ne pouvait pas faire l'impasse sur le décès d'un de leurs membres fondateurs, le saxophoniste LeRoi Moore, survenu en août 2008 aux prémices de l'enregistrement du nouvel album. Avec une émotion palpable, Matthews a simplement prononcé quelques mots chaudement applaudis par le public. Big Whiskey and the GrooGrux King, leur dernier album dédié à Moore, montre que le groupe a su faire face à l'adversité car c'est clairement un des meilleurs de toute leur carrière. Le concert était plus qu'à la hauteur. Pourvu qu'ils ne mettent pas 14 ans à revenir dans notre pays !

Setlist:

Bartender
Shake Me Like a Monkey
You Might Die Trying
Spaceman
Cornbread
Everyday
Seven
Grey Street
Alligator Pie
Funny The Way It Is
Crush
So Damn Lucky
Lying In the Hands of God
Jimi Thing
Ants Marching

Rappel:
Rye Whiskey (Tex Ritter cover)
Tim Reynolds solo
Don't Drink the Water
Why I Am

02 juillet 2009

Chickenfoot, Olympia, 29/06/2009


(c) photo : Jérôme

Annoncé l'an dernier, le projet du super-groupe Chickenfoot ressemblait à un fantasme de la scène rock américaine : Joe Satriani, le maître Jedi absolu de la 6-cordes électrique ; Sammy Hagar, ex-chanteur de Van Halen ; Michael Anthony, (ex?) bassiste de Van Halen ; et enfin Chad Smith, batteur des Red Hot Chili Peppers, maître d'ouvrage de cette formation hors norme, sans précédent.

L'album, sorti en juin, a montré que le groupe avait pour but de prendre du bon temps, et certainement pas de prétendre à révolutionner le rock. L'album est une collection de titres de big rock testostéronés qui fleurent bon de toute part le style de Van Halen. Entré directement en 4e place du top albums US, Chickenfoot voit son coup d'essai plébiscité par le public, il y aura donc très probablement une suite, avec cette fois un objectif d'album peut-être un peu moins convenu.

Néanmoins, l'album est très plaisant à écouter car si les compositions ne sont pas très originales, elles sont fort accrocheuses grâce au talent de ces vieux briscards. L'intérêt principal de ce genre de formation réside en général in fine dans l'interprétation proposée sur scène. Difficile donc de résister à la tentation d'aller voir ce line-up sur scène, en particulier à l'Olympia, dont Sammy Hagar a souligné lui-même en cours de route l'incroyable qualité sonore, aussi bien pour eux sur scène que pour nous dans la salle.

Le concert a confirmé que c'est bien en live que réside tout l'intérêt de Chickenfoot. Les compositions mettent facilement le feu au public, et les refrains téléphonés genre "Oh, yeah" relèvent du divertissement auquel on se prête volontiers. De surcroît, ces musiciens sont tous un régal visuel tant ils sont doués dans leurs instruments respectifs. Sammy Hagar, à 61 ans, reste un frontman de premier ordre ; l'ex-entertainer de Van Halen est d'une aisance déconcertante aussi bien dans ses vocalises que dans son jeu de scène, ou encore dans son rapport avec le public. Michael Anthony, comme dans Van Halen, assure des fondations en béton à la rythmique (jeu très habile aux doigts ou au mediator, selon la puissance requise), et se charge de tous les chœurs aigus comme à la grande époque de Van Halen. Et sa basse en forme de bouteille de Jack Daniel's, issue de la grande période Van Halen, est un toujours un must de bon goût...


(c) photo : Metal Traveller

Joe Satriani est au firmament de son talent, car il exploite ici parfaitement son jeu si goûteux en rock/blues. Il sert parfaitement le groupe et c'est un soulagement de le voir enfin au service d'un ensemble plutôt que comme soliste. Sa prestation m'a rappelé son passage éclair impeccable de bon goût lorsqu'il avait remplacé au pied levé Richie Blackmore dans Deep Purple en 1994. Il n'avait pas rejoué dans un vrai groupe depuis ! Puisse-t-il s'investir à fond dans Chickenfoot désormais.

Enfin, Chad Smith, le monsieur groove des Red Hot, semble bien être le chef d'orchestre du quatuor. Totalement déjanté, le bonhomme semble vivre avec facilité le break à durée indéterminée de son groupe principal. Il en profite d'ailleurs pour distiller un jeu redoutable de puissance, moins funky que dans les Red Hot bien sûr, mais très incisif, voire tribal (cf. Avenida Revolution). C'est vraiment un de mes batteurs préférés, et c'était très agréable de le voir dans un contexte plus intimiste qu'un concert à Bercy des Red Hot.

A noter que Chickenfoot a délibérément choisi ne pas interpréter sur scène des titres issus des répertoires de leur groupes d'origine, mais Satriani a fait une petite exception en jouant le court Midnight en tapping. Enfin, l'ultime rappel a été pioché dans le premier groupe de Sammy Hagar, Montrose, qui avait joué en 1975 à l'Olympia ! Hagar nous a narré avec une petite émotion ce souvenir. Il n'avait pas remis les pieds dans la salle depuis... espérons qu'il les remettra beaucoup plus vite désormais.

Setlist:

Avenida Revolution
Soap On A Rope
Sexy Little Thing
Oh Yeah!
Runnin’ Out
Get It Up
Down The Drain
Bitten By The Wolf
My Kinda Girl
Learning To Fall
Midnight (Joe Satriani)
Turnin’ Left

Rappel:
Future In The Past
Bad Motor Scooter (Montrose)

30 juin 2009

The Mars Volta, Olympia, 28/06/2009


(c) photo : Lorène Lenoir


Il fallait bien que ça arrive. A force de placer la barre très haut, The Mars Volta ne pouvait que prendre le risque de décevoir un jour, avec un effet levier important, à la moindre baisse de régime. Après 4 albums monumentaux en l'espace de 5 ans, leur nouvel et cinquième album, Octahedron, marque un peu le pas. Comme l'avait déclaré le chanteur Cedric Bixler-Zavala à Spin Magazine, "This is not an acoustic album ! There's electricity throughout it ! But it's our version. That's what our band does - celebrate mutations. It's our version of what we consider an acoustic album".

Si en effet Octahedron n'est pas du tout un album acoustique au sens strict du terme, c'est une pause certaine dans le tourbillon d'énergie qui constituait chacun de leurs précédents albums. Si le groupe avait déjà démontré son talent pour les mélodies dépouillées (The Widow, Asilos Magdalena...), c'était très épisodique. Sur Octahedron, c'est l'inverse : sur 8 titres, il n'y en a que 2 qui sont vraiment agités (Cotopaxi et Desperate Graves). The Mars Volta ne propose donc rien de nouveau en soi, mais a simplement inversé sa formule. En outre, c'est presque un EP pour le groupe ; avec ses 50 minutes au compteur, c'est un bon tiers de moins que les 3 précédents opus qui dépassaient tous les 75 minutes. Si on ajoute un album probablement un peu trop calme, un peu trop mono-dimension, et un peu trop court (comparé au "standard" The Mars Volta), Octahedron ne peut que laisser un peu sur sa faim, même si le groupe continue de survoler la première division des groupes les plus créatifs.

J'espérais que ce choix artistique assez osé allait avoir un prolongement sur scène, à savoir une différence ou une nouveauté dans la façon dont le groupe transpose son univers sur scène. C'est fut bien le cas. Comme sur l'album Octahedron, le groupe s'est dispensé sur scène de deux musiciens de moins que pour leur mémorable concert à l'Olympia l'an dernier, dont le saxophoniste Adrián Terrazas-González. Et si Octahedron est un tiers plus court que les albums précédents, ce concert fut un tiers plus court que celui de l'an dernier (1h55 contre 2h50). Alors, forcément, là aussi, ça frustre !

Surtout que le groupe est parti sans rappel, et n'a pratiquement pas communiqué avec le public, comme à son habitude. Seul Cedric a marmonné quelques phrases pour parler des fans qui semblent vénérer leurs deux premiers albums et dénigrer tout ce qui a suivi (?!). Résultat, quand le groupe s'est éclipsé, le public, incrédule, a fini par huer un peu quand il a compris que c'était vraiment terminé. Or, ce n'est jamais bon de frustrer son public.

D'un point de vue de l'interprétation, avec 6 musiciens sur scène au lieu de 8, c'était forcément un peu moins riche, mais le mix a aggravé la situation, en rendant inaudible le percussionniste et le claviériste (l'organiste était quant à lui, audible). Il y a un atout chez The Mars Volta qui est en train de devenir un problème, c'est Thomas Pridgen, le batteur. Sur scène, le bonhomme a l'air d'être rémunéré au nombre de coups portés sur sa batterie. Son jeu extrêmement impressionnant devient lassant, et il a tendance à vampiriser le groupe. L'impression d'avoir affaire en permanence à un solo de batterie en toile de fond brouille les nuances et le groove finit par être absent. Même sur les titres lents, il a du mal à se retenir. Du coup, les titres mid-tempo les plus intéressants d'Octahedron (Teflon, Luciforms) l'étaient moins sur scène.

J'ai bien conscience que mon billet sonne assez sévère, mais on n'attend hélas pas la même chose d'un groupe comme The Mars Volta que d'un groupe comme... (complétez la fin de la phrase comme vous le voulez). Il n'y a pas péril en la demeure, mais il serait peut-être temps que le duo Omar/Cedric prenne enfin un break. Depuis 2003, ils ont sorti cinq albums studio, un album live et deux EP... et Omar a sorti de son côté douze (!) albums solo depuis 2004. Quand ils ne sont pas en studio, ils sont sur la route, en tournée. Ils font le marathon... au sprint ! Fatalement, il y aura à terme des conséquences sur la qualité. Octahedron et ce concert à l'Olympia en sont peut-être les tout premiers prémices.

Setlist:

Goliath
Cotopaxi
Roulette Dares (The Haunt of)
Viscera Eyes
Halo of Nembutals
Cygnus....Vismund Cygnus
Desperate Graves
Ilyena
Teflon
Drunkship of Lanterns
Luciforms
The Widow
Wax Simulacra

29 juin 2009

Depeche Mode, Stade de France, 27/06/2009


(c) photos : Le Hiboo


Les groupes et artistes internationaux qui ont joué au Stade de France sont rares et donnent une idée de leur poids dans l'industrie de la musique : Tina Turner, The Rolling Stones, AC/DC, Bruce Springsteen, U2, Paul McCartney, George Michael, The Police, Madonna... et désormais Depeche Mode, LE groupe majeur de la new wave dans les 80's, puis de la pop électronique par la suite, jusqu'à nos jours. Ce qui frappe avec ces Anglais, c'est leur longévité exceptionnelle. Depuis 1981, ils n'ont pas sorti un seul mauvais album, et connaissent même un regain d'intérêt critique et public avec leurs deux derniers opus, Playing The Angel (2005) et le petit dernier, Sounds Of The Universe. Et force est de constater, que contrairement à un U2 par exemple (seul autre exemple de groupe de stade anglophone, issu des 80's, encore en activité), ils ont toujours su moduler leur son et leurs compositions pour ne pas lasser, tout en restant foncièrement uniques dans leur créneau : leur influence sur la musique contemporaine est immense (l'ombre de Depeche Mode plane sur nombre de groupes de metal), et le grand Johnny Cash leur a même apporté une grande caution artistique en reprenant Personal Jesus. Ce qui permet par ailleurs de se rendre compte de la qualité intrinsèque de leurs mélodies, n'en déplaisent à ceux qui ont jadis pensé que Depeche Mode n'était qu'une architecture savante de cathédrales sonores.

Revenons au concert. En mai, le groupe avait dû annuler une série de concerts de sa tournée mondiale après l'hospitalisation d'urgence du charismatique chanteur Dave Gahan. Après avoir évoqué des complications liées à une gastro-entérite, Depeche Mode avait révélé que Gahan, 47 ans, avait été opéré avec succès d'une tumeur maligne à la vessie. Moins d'un mois après, le jeu de scène de Gahan ne semble en avoir souffert d'aucune manière. Son énergie de bête de scène est intacte, sa voix chaude et grave est envoûtante et il est toujours beaucoup plus élégant et moins énervant que Bono... Quant au reste du spectacle, c'est un spectacle... de stade. A savoir, un gros barnum de lights et d'écrans géants, qui restent toutefois assez "modestes" comparé à d'autres spectacles. La musique n'est donc pas totalement occultée, loin de là, et c'est d'ailleurs bien sur cette qualité première d'un concert (à ne pas oublier !) que Depeche Mode se repose. Heureusement, puisqu'un concert débutant à 21h en été commence en plein jour, et le spectacle n'est donc pas complet. Il faut attendre le début de la tombée de la nuit, une bonne heure plus tard, pour que que le lightshow prenne toute son ampleur et que la machine tourne à plein régime. Entre temps, l'empathie créée avec les 70 000 spectateurs n'existe que par la qualité des chansons.

Si l'accueil des trois premiers titres, issus de Sounds Of The Universe, est bon, c'est avec It's No Good (Ultra, 1997) que le public commence à vraiment chanter. Il y a un petit passage qui calme le jeu, avec Martin Gore - compositeur et âme du groupe - qui s'avance pour chanter Little Soul et Home (pour permettre à Gahan de souffler ?). Néanmoins, à partir de la tombée de la nuit, le stade se transforme peu à peu en discothèque géante, aidé en cela par une véritable salve de classiques : I Feel You (réarrangé avec des sonorités carrément indus), Policy Of Truth (pas joué depuis bien longtemps), Enjoy The Silence (monstrueux hymne planétaire, increvable), et Never Let Me Down Again, qui porte le concert à un point culminant, que même Personal Jesus n'atteindra plus ensuite : une véritable communion entre des dizaines de milliers de spectateurs de toutes les générations.

Depeche Mode a réussi un pari délicat : faire danser un stade sur des sonorités new wave mais bien plus souvent sombres et industrielles, avec des infra-basses très maîtrisées au niveau mix (qualité sonore dans l'ensemble vraiment bonne, d'ailleurs). Au vu de la setlist (qui s'est permise le luxe d'ignorer certains tubes !), on se rend mieux compte du parcours extraordinaire de ce groupe qui ne montre guère de signe de fatigue. Chapeau bas et à la prochaine, avec plaisir.



Setlist:

In Chains
Wrong
Hole To Feed
Walking In My Shoes
It's No Good
A Question Of Time
Precious
Fly On The Windscreen
Little Soul
Home
Come Back
Peace
In Your Room
I Feel You
Policy Of Truth
Enjoy The Silence
Never Let Me Down Again

Rappel #1
Stripped
Master And Servant
Strangelove

Rappel #2
Personal Jesus
Waiting For The Night

26 juin 2009

Heaven And Hell, Casino de Paris, 23/06/2009



Veni vidi, vici. Le court concert d'1h30 de Black Sabbath... pardon, de Heaven And Hell (il n'aura pas échappé à grand-monde qu'il s'agissait du line-up exact de 1980-1982 puis 1990-1991) aura suffit à justifier, s'il le fallait, les 14 années d'absence de concert du groupe en France (excepté le concert au Hellfest à Clisson quelques jours plus tôt, évidemment).

Tous les membres du groupe sont des jeunes sexagénaires, hormis Ronnie James Dio qui se rapproche du club des septuagénaires avec 67 piges au compteur. Cela en fait le groupe de hard rock le plus impressionnant quant au rapport performance / âge. Il est surprenant de voir la différence avec d'autres grands noms issus de la même époque, spécialement en ce qui concerne le chant. Dio possède encore des capacités vocales à faire rougir Ian Gillan ou Robert Plant.

Quant à la paire Tommy Iommi / Geezer Butler, ils sont comme deux icônes absolues du hard rock, sur qui le temps ne semble pas avoir d'emprise. Dans un style différent, les deux affichent un allant, une aisance et une maîtrise redoutables. Et diantre, ça fait quelque chose d'avoir en face de soi les hommes qui ont forgé un nombre impressionnant de riffs anthologiques de l'histoire du hard. Le seul musicien un peu poussif, c'est Vinny Appice, qui tient son rôle sans briller. Son solo de batterie était largement dispensable, non seulement par son niveau assez ras les pâquerettes, mais aussi parce que c'était gâcher 5 précieuses minutes d'un concert relativement court.

Les moments forts sont incontestablement venus de l'album éponyme de 1981 : Children Of The Sea, Heaven And Hell (version de près de 15 minutes !) et le rappel avec un Neon Knights survitaminé. Mais l'ensemble du set n'avait guère de point faible (les deux titres issus du nouvel album passaient bien aussi), et a l'avantage de rappeler à quel point le line-up Dio de Black Sabbath a été un renouveau artistique qui, avec du recul, tient vraiment la comparaison avec la période Ozzy.

On en reprendra volontiers une louche, en espérant qu'il ne faudra pas plus de 10 ans pour la prochaine tournée, sinon Dio approchera des 80 ans et il est difficile de prédire à quoi s'attendre le cas échéant ; il n'y a pas encore de grands noms du rock à avoir atteint cet âge et à encore officier sur scène. Néanmoins, au vu de l'exceptionnelle santé de Dio, il pourrait bien être le premier à y arriver !

Setlist:
E5150
The Mob Rules
Children of the Sea
I
Bible Black
Time Machine
Solo batterie
Fear
Falling off the Edge of the World
Follow the Tears
Die Young
Heaven & Hell

Rappel:
Country Girl (teaser) / Neon Knights

17 juin 2009

AC/DC, Stade de France, 12/06/2009



Après le double concert de Bercy en février, AC/DC revient au Stade de France, 8 ans après son premier passage dans ce lieu hautement symbolique. Il y a des chances pour que ce concert archi-complet depuis longtemps (80 000 personnes, ça reste rare dans notre beau pays) fut le dernier - à jamais - en France. L'envie de faire des albums, et encore plus des tournées, s'est fortement émoussée, comme le montre le délai entre Stiff Upper Lip et Black Ice. Et il est difficile d'imaginer Angus Young, 54 ans cette année, faire ce qu'il fait encore sur scène une fois passé 60 ans, si le groupe observe encore un tel hiatus d'ici un hypothétique prochain opus. En outre, Brian Johnson approcherait alors, quant à lui, les 70 ans...

Inutile de se torturer en attendant, mais impossible de ne pas y penser non plus. Du coup, le stade entier était venu prendre sa leçon (ultime ?) de rock n' roll. Sur le plan de la prestation, pas de grandes différences avec Bercy : pratiquement pas de pains, et une énergie sidérante par rapport à la moyenne d'âge des membres. La setlist comportait un titre de plus (l'excellent Dog Eat Dog, chouette choix un peu plus pointu que le reste), et le solo de Let There Be Rock était indiscutablement plus long. C'était aussi le moment émouvant : Angus, surélevé sur sa plateforme planté presque au milieu de la pelouse, avec toutes les poursuites braquées sur lui, renvoyait une image presque christique du rock.

Setlist:
Rock N' Roll Train
Hell Ain't a Bad Place to Be
Back in Black
Big Jack
Dirty Deeds Done Dirt Cheap
Shot Down in Flames
Thunderstruck
Black Ice
The Jack
Hells Bells
Shoot to Thrill
War Machine
Dog Eat Dog
Anything Goes
You Shook Me All Night Long
T.N.T.
Whole Lotta Rosie
Let There Be Rock

Rappels:
Highway to Hell
For Those About to Rock (We Salute You),

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