28 juin 2008
Björk, Olympia, 25/06/2008

L'une des artistes contemporaines les plus abouties est enfin revenue sur scène à Paris (où ses derniers concerts remontaient au 16 et 17 juin 2003 à Bercy). Concert évènementiel : annoncé seulement deux semaines avant, les places se sont arrachées en quelques dizaines de secondes sur le site web de la Fnac qui les proposait en exclusivité, et tout ça pour quoi ? Parce que Björk a choisi d'enregistrer son nouveau DVD à l'Olympia. Immense cadeau ainsi offert aux fans français !
Un concert filmé garantit en général une ambiance survoltée (un minimum pour un Volta Tour !), ce qui s'est bien vérifié encore une fois (rappel nostalgique de Mika à l'Olympia presque un an auparavant). Après un début en fanfare avec Earth Intruders, Björk n'a pas joué la carte de la facilité car hormis une toute petite poignée de tubes, elle a exploré son répertoire écartant les grands classiques (un tiers exactement de la setlist provenant de Medùlla, l'autre tiers de Volta, le reste réparti ensuite respectivement entre Homogenic, Post et et Vespertine, Debut étant totalement ignoré). Néanmoins, Björk s'est toujours démarqué par une liberté insolente où aucune chanson ne reste à jamais gravée dans sa version studio (cf. l'indispensable Live Box sortie en 2003 avec entre autres l'album Debut entièrement ré-arrangé en acoustique).
Sur cette tournée, Björk a délaissé harpistes et ensemble à cordes pour s'entourer du Wonder Brass, un ensemble de pas moins de 10 musiciennes islandaises aux cuivres ! Les cordes, éléments d'orchestration favori de Björk sur nombre d'albums, ont en effet été remplacées sur Volta par des cuivres ; c'est en toute logique que la tournée propose donc de revisiter son répertoire antérieur avec ces mêmes instruments, et la transformation est spectaculaire, en particulier pour les titres issus de Medùlla.
La petite fée islandaise, toujours aussi excentrique dans ses tenues (une robe improbable aux couleurs péruviennes et une autre ressemblant à un sac de survie bouffant), semblait être totalement heureuse d'être là, et le public le lui a bien rendu, en exprimant bruyamment sa satisfaction entre chaque titre, voire pendant les vocalises les plus acrobatiques. I See Who You Are, issu de Volta, a particulièrement marqué les esprits, touchés par cette grâce divine.
Dans la deuxième partie du concert (après son changement de robe, pendant lequel nous eûmes droit à une version instrumentale d'Oceania !), Björk a tout simplement transformé l'Olympia en rave party, satisfaisant ainsi tous ceux à qui manquent trop l'énergie des trois premiers albums, et qu'on retrouve en partie sur Volta. Ce dernier opus constitue d'ailleurs une synthèse quasi-parfaite de sa discographie, et Björk en a défendu à l'Olympia pas moins de six titres, soit la moitié, ce qui est remarquable. La confiance en son dernier album étant totale, l'unique rappel a conclu le concert sur l'ébouriffant Declare Independance, qui a achevé de mettre tout le public en transe. Ferveur primale qui devrait transparaitre avec classe sur le DVD, les moyens techniques déployés, bien que discrets, étant vraiment à la hauteur (ceux qui comme moi ont pu regarder en direct les plans sur les moniteurs vidéo des ingénieurs son et lumière situés en mezzanine auront ainsi eu un aperçu de la qualité des rushes).
Quelques points intéressants à noter en vrac :
- les sons de boîtes à rythmes et de percussions provenaient d'une batterie triggée, ce qui offrait donc un rendu rythmique original, avec sons électroniques mais exécutés humainement par Chris Corsano (Sonic Youth). Pour en savoir plus sur les innovations proposées par Björk sur scène, cf. cet excellent article en français sur le site d'Apple ;
- Collaborateur de longue date avec Björk, Mark Bell, une des figures emblématiques de la musique électronique et producteur recherché, était bien présent sur scène ;
- Jónas Sen, le claviériste, disposait également d'un magnifique clavecin ;
- Damian Taylor, programmeur de génie, disposait d'une Reactable (deux exemplaires au monde, et il n'y a que Björk qui en propose pour l'instant une utilisation en concert) : nouvel outil musical, il s'agit d’une table à musique électro-acoustique développée par l’Université Pompeu Fabra de Barcelone qui permet à plusieurs utilisateurs de déplacer des objets sur une surface translucide créant ainsi différents types de son interférant entre eux. Le concert fut une brillante démonstration que la Reactable est loin d'être un gadget et le DVD devrait permettre de donner un bon aperçu du rendu de cet instrument ;
- Enfin, la scénographie était magnifique, accompagnée de quelques effets pyrotechniques et lâchers de confettis brillants, à des moments parfaitement en adéquation avec le climax des chansons.
ps : pour l'anecdote, le concert a terminé quinze minutes avant la fin de la demi-finale de l'Euro 2008 opposant l'Allemagne à la Turquie. Sortis dans la rue Caumartin pour regarder la fin du match dans le premier bar jouxtant la sortie des artistes, nous eûmes la surprise de voir débarquer Damian Taylor et Jónas Sen venus profiter des dix dernières minutes... et voir ainsi les deux derniers buts du match !

Setlist:
01. Earth Intruders (Volta)
02. Hunter (Homogenic)
03. Immature (Homogenic)
04. Joga (Homogenic)
05. I See Who You Are (Volta)
06. Pleasure Is All Mine (Medùlla)
07. Pagan Poetry (Vespertine)
08. Vertebrae By Vertebrae (Volta)
09. Where Is The Line (Medùlla)
10. Who Is It (Medùlla)
11. Oceania (Instrumental) (Medùlla)
12. Desired Constellation (Medùlla)
13. Army Of Me (Post)
14. Innocence (Volta)
15. Triumph Of A Heart (Medùlla)
16. Bachelorette (Homogenic)
17. Vökurö (Medùlla)
18. Wanderlust (Volta)
19. Hyperballad (Post)
20. Pluto (Homogenic)
Rappel:
21. Declare Independance (Volta)
11:05 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, Björk, Olympia
24 juin 2008
Maroon 5, Olympia, 13/06/2008

Quelques mots sur la première partie assurée par Sara Bareilles, chanteuse américaine de 28 ans. Love Song, le premier single issu de son deuxième album, est un succès aux Etats-Unis (près de 2 millions de téléchargements légaux), mais aussi en Allemagne, Angleterre, Pays-Bas, Belgique, Finlande, Suisse et s'installe petit à petit sur les ondes françaises. Sa voix jazzy, ses mélodies pop et son jeu de piano la rapprochent fortement de Fiona Apple, et l'influence est un peu trop visible encore. Sur scène, il lui manque encore la confiance, la communication, même si l'interprétation est sans faille. Voilà tout de même une première partie d'une demi-heure bien agréable et d'une qualité rare.
A 21h00 précises, Maroon 5 débarque sur scène et attaque fort avec l'irréprochable Harder To Breathe, issu du premier album au succès international, qui a marqué les esprits, avec ce mariage de rythmes soul et de rock alternatif. Ceux qui ont vu le concert intégral du 13 mai 2005, immortalisé sur l'album live CD+DVD Friday The 13th, savent que sur scène, la musique de Maroon 5 prend une dimension nettement plus musclée ; le groove des versions studio est intact (le rapprochement avec l'acid-jazz de Jamiroquai est frappant), mais les guitares deviennent carrément hard rock. Adam Levine, le leader-composteur-chanteur-guitariste, arrose copieusement les compositions de généreux soli improvisés et il y a bien de peu de titres qui ne sont pas un tant soit peu ré-arrangés.
La majeure déception provient du fait que les ré-arrangements de cette tournée sont les mêmes que ceux d'avant (sauf pour les titres du deuxième album évidemment) et que le groupe délivre une prestation bien rodée, mais presque trop parfaite : il manque ce supplément d'âme, cette complicité, cette communication qui font d'un très bon concert un concert inoubliable. Adam Levine est un sacré pro, mais la façon dont il harangue le public manque de spontanéité, voire de sincérité.
Il est également difficile de digérer la durée réduite du concert : 1h15 ! soit pas une minute de plus que les concerts de la tournée du premier album. Avec désormais deux albums au compteur, c'est un petit peu scandaleux...
Setlist:
Harder to Breathe
Makes Me Wonder
If I Never See Your Face Again
The Sun
Can't Stop
Kiwi
Shiver
Wake Up Call
Sunday Morning
Won't Go Home Without You
This Love
Rappels:
Little of Your Time
She Will Be Loved
Sweetest Goodbye
10:20 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, maroon 5, olympia
06 juin 2008
Rage Against The Machine, Bercy, 04/06/2008

Quelles que soient les raisons qui ont poussé Rage Against The Machine à se reformer et repartir en tournée sans nouvel album, il faut avouer que le groupe possède une rage (sans jeu de mots) intacte et que le spectateur y trouve très largement son compte.
La première partie, assurée par Saul Williams, était atrocissime, voire douloureuse, tellement le son était fort, très mal mixé, et saturé de basses ; cette prestation éliptico-électro n'a fait rire personne, au point de se faire copieusement huer, et même avec mes EP2 Muzik, à -30dB on était proche du stade où il vaut mieux quitter la salle, ce qui est vraiment scandaleux.
Le P.O.P.B. était tellement blindé que le concert de RATM a commencé très en retard, faute aux spectateurs qui, au lieu de s'asseoir dans les gradins encore libres (mais évidemment mal situés - on ne peut pas arriver à la bourre et espérer avoir des places assises bien situées), préféraient stationner debout dans les allées, ce qui est évidemment interdit car cela pose un gros souci de sécurité en cas d'évacuation. Les pompiers ont dû décider que le concert ne commencerait pas tant que le ménage ne serait pas fait, ce en quoi on ne peut pas leur donner tort, et le temps que les vigiles évacuent les allées, on se rapprochait des 22h00... pénible pour la France qui se lève tôt !
Mention spéciale aussi aux imbéciles qui confondent le message de RATM (la lutte contre les oppresseurs politiques, le fascisme, le capitalisme, etc.) et la "révolte" aveugle et stupide qui n'est ni plus ni moins qu'un manque de respect d'autrui, comme en témoignent les nombreuses cigarettes allumées au nez et à la barbe des vigiles (qui se sont fait provoquer avec bras d'honneur et doigts tendus), ou les verres de bière balancés lâchement des rangs supérieurs vers les inférieurs... je n'avais pas vu cela depuis un bon moment, même à des concerts de musique énervée. Triste et écoeurant...
Pour ceux qui aiment la musique, les festivités ont enfin commencé vers 21h45, avec "L'internationale" en musique d'intro et un backdrop affichant une immense croix rouge. Ambiance qui sans nul doute aurait ravi Marie-George Buffet qui n'était - hélas pour elle - sans doute pas parmi les spectateurs.
Pendant tout le concert, RATM a aligné avec une énergie démente des brûlots qui ont mis en transe ou en furie (c'est selon) un public vraiment très chaud, et venu visiblement pour en découdre. Le promoteur avait visiblement anticipé les ennuis car à l'entrée de la fosse on pouvait lire un avertissement disant : "Le moshing et le crowd surfing sont strictement interdits sous peine d'expulsion de la salle". Première fois aussi que je vois un tel avertissement, bien vain... Par la suite, je n'avais jamais vu des pogos d'une telle ampleur à Bercy, et une foule aussi compacte ressembler à une mer démontée, avec de pauvres fous s'aventurant au crowd surfing, justement, sans aucune expulsion visible. Seule la setlist a permis quelques moments de semblant de répit. En effet, le groupe a mal géré les moments forts ; en faisant exception de l'ultime rappel, le climax du show est en effet probablement apparu vers le début, avec les titres Know Your Enemy, Bombtrack, et Bullet In The Head, pour lesquels on pouvait se demander comment le groupe allait continuer après une telle apocalypse. De sacrés frissons quand le public reprend en masse le a capella de "All of which are American dreams" qui clôt Know Your Enemy... Des titres plus mineurs (issus de Evil Empire et The Battle Of Los Angeles en général) ont parfois fait retomber un peu le soufflé, mais c'était finalement salutaire pour la santé du public.
Tom Morello et Zack de la Rocha n'ont eu cesse de sauter à s'en démembrer. Comme si le break scénique de sept ans n'avait jamais eu lieu, les deux cerveaux de RATM ont montré une complicité à toute épreuve. Morello a su offrir une reproduction parfaite des ses géniales trouvailles sonores (et agrémentées de petites nouveautés bienvenues), tandis que la section rythmique se faisait plus discrète scéniquement mais assurait un travail de sape et de précision qu'on avait pu admirer ces dernières années à maintes reprises avec feu et tout de même regretté Audioslave (l'idéal aurait été que les deux groupes co-existent).
Que ce soit de bière ou de sueur (la sienne ou celle du voisin), il était difficile de ne pas ressortir soit trempé, soit bien humide de ce concert au goût apocalyptique. L'éruption finale, avec Killing In The Name Of, a fini de mettre sur des rotules un public qui n'a pas vu la petite 1h20 de show passer. Sans fioritures (peu de communication de la part de Zack), titres enchaînés sans temps mort, il n'en fallait pas plus de toute façon, et personne n'est resté sur sa faim.
Testify
Bulls On Parade
People Of The Sun
Bombtrack
Know Your Enemy
Bullet In The Head
Born of a broken man
Renegades of Funk
Guerrilla Radio
Down Rodeo
Calm Like A Bomb
Sleep Now In The Fire
War within a breath
Rappels:
Freedom
Killing In The Name
20:41 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, rage against the machine, bercy
22 avril 2008
Taz Taylor with Graham Bonnet, Retro Music Hall, Prague, 18/04/2008

De passage à Prague, j'ai eu l'opportunité d'aller voir Graham Bonnet en concert, l'ex-chanteur de nombre de formations mythiques, comme Michael Schenker Group, Alcatrazz et Rainbow. Pour moi, Graham Bonnet brille à son sommet artistique sur le fantastique album Disturbing The Peace (1985) d'Alcatrazz, avec Steve Vai à la guitare. Néanmoins, les groupes figurant sur son CV, sans compter ses albums solo, sont tous dignes d'intérêt, et l'affiche mettant le paquet sur ses trois anciens groupes majeurs, j'étais plutôt partant pour aller voir un bon pot-pourri de hard rock typé 80's, avec un chanteur dont non seulement j'apprécie le timbre et le style particuliers, et dont j'ai de superbes souvenirs quant à sa présence scénique sur une vieille VHS d'Alcatrazz en concert au Japon.
Or, il s'agissait en fait de "Taz Taylor Band with Graham Bonnet". Le promoteur tchèque est un malin car après vérification, l'affiche marquait en gros Graham Bonnet avec les logos de ses ex-groupes, et en tout petit "with Taz Taylor band", soit l'inverse du nom de la tournée ! Musicien dont je n'avais pas entendu parler, Taz Taylor est un guitariste anglais qui joue d'ailleurs dans une veine très proche d'un Michael Schenker, et qui compose des titres mi-chantés, mi-instrumentaux, à la facture hard-rock mélodique assez classique mâtinée d'une touche de progressif. Le tout avait un goût assez prononcé de MSG justement, la présence de Graham Bonnet dans ce groupe n'est donc pas très étonnante.
Bonnet est vraiment impressionnant pour son âge (il aura 61 ans cette année et nous a annoncé qu'il venait d'être grand-père dans la semaine !). Sa voix puissante, rocailleuse et mélodieuse est chouette à entendre et encore plus à voir, même s'il m'a un peu crispé avec ses veines qui gonflaient dans son coup et ses tempes ! Bonnet n'arrête pas de bouger sur scène, et harangue tout le monde comme s'il avait encore tout à prouver, mais sans jamais en faire trop et tomber dans la pose ridicule. Emminemment sympathique, il se dégage de lui une simple envie de faire plaisir au public, et de profiter de la vie (alcoolique notoire, il est sobre depuis deux ans).
Même s'il y avait donc un peu arnaque sur la nature du concert, le show fut bien agréable tout de même, malgré des musiciens (outre Bonnet et Taylor) pas des plus inoubliables. Quant au public de métalleux tchèques, il faut mentionner qu'ils sont parfaitement éduqués ; pas de types bourrés (malgré un bar au choix dantesque et aux prix très bas - vive l'absinthe, bien agréable à siroter depuis le bar sur une chaise haute tout en matant le concert), de la bonne humeur et une sacrée participation pendant le concert (les mecs chantaient les paroles des refrains !), et enfin pas mal de tshirts Rush... voilà des citoyens qui ont bon goût !
08:05 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Concert, Graham Bonnet, Prague
30 mars 2008
Fiction Plane, Trabendo, 27/03/2008

Ayant découvert Fiction Plane en première partie de The Police, j'attendais vraiment de les revoir en tête d'affiche dans un contexte plus adapté ! Complet depuis plusieurs semaines, le show parisien était en outre le dernier de la tournée européenne.
Depuis septembre 2007, j'ai pu découvrir leur premier album, Everything Will Never Be OK, qui n'a pas grand-chose à envier à Left Side Of The Brain, celui par lequel le groupe s'est enfin révélé au grand public. Cela explique que la part belle de la setlist soit donc consacrée à ce deuxième album, même si deux pépites du premier album réussissent à faire leur chemin dans la setlist : "Cigarette" et "Hate". Le groupe n'hésite pas à proposer un titre inédit, qu'il rode depuis plusieurs mois ("Sadr City Blues"), et allonge généreusement quelques titres de Left Side Of The Brain. Bref, exactement ce qu'on attend d'un groupe en concert, à savoir ne pas proposer un copier/coller de ses albums studio.
Côté énergie, le groupe en a à revendre, et la scène du Trabendo est presque trop petite pour Joe Sumner qui a dû s'habituer aux scènes gigantesques de la tournée de The Police ! Joe arrangue avec efficacité la foule, en parlant beaucoup français (bien vu...), et en y allant de ses petites blagues et provocations. Musicalement, ce power trio est réellement très soudé, avec des années de scène en clubs derrière eux, plus l'apprentissage à l'échelle extrême opposée avec The Police. Bien que discret, la pierre angulaire musicale de Fiction Plane est sans aucun doute le guitariste Seton Daunt. Il est rare de tomber sur un guitariste qui maîtrise autant à la fois la rythmique et le lead, tout en remplissant l'espace sonore de manière remarquable et à-propos.
En conclusion, ce fut un concert très plaisant et sans faute ; puissant, mélodieux, funky voire groovy, Fiction Plane devrait continuer son irrésistible ascension et je suis prêt à parier que c'était la dernière fois que nous avions l'opportunité de les voir dans une "petite" salle.
13:10 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, fiction plane, rock, trabendo
02 mars 2008
Band Of Horses, Maroquinerie, 28/02/2008

Créé en 2004 à Seattle, Band Of Horses a sorti deux albums, et c'est le petit dernier, Cease To Begin, qui m'a fait craquer. Le groupe délivre une pop/rock aux envolées lyriques saisissantes et délivrant une émotion instantanée. La voix aérienne du leader Ben Bridwell flotte sur des mélodies simples mais créatrices d’évasion, entre gaieté et tristesse.
Pour l'anecdote, j'ai découvert Band Of Horses mi-janvier grâce au magazine américian Sound & Vision. C'est un des rares mags consacrés à la hifi qui s'intéresse de près au surround. Lors du bilan de 2007, dans leur choix des meilleurs albums 2007 (meilleurs "techniquement", d'un point de vue son/mixage/dynamique/etc.), ils avaient retenu :
Best SACD : Genesis - A Trick Of The Tail
Best DVD-Audio : Porcupine Tree - Fear Of A Blank Planet
Best Audio-CD : Band Of Horses - Cease To Begin
Vu leurs choix en SACD et DVD-A (qui rejoignait pour ainsi dire pile poil mon propre top technique de l'année), je me suis jeté sur cet album de ce groupe qui m'était alors inconnu.
Or, ce n'est pas seulement superbe d'un point de vue sonore (aec un respect de la dynamique surprenant), c'est aussi très réussi artistiquement. Leur popularité grandit en flèche (le concert de la Maroquinerie était complet depuis des semaines), et mille fois hélas, Band Of Horses a visiblement été découvert par quelqu'un qui s'occupe de la production de La Nouvelle Star sur M6. Par deux fois au moins, "Funeral" (la perle du premier album) a été servi sans vergogne pour illustrer des "reportages" qui n'en demandaient pas tant. Refermons la parenthèse.
Restait à voir ce que Band Of Horses vaut sur scène. Il n'est pas sûr que la Maroquinerie, salle de faible capacité (200 personnes) et à l'acoustique peu soignée, puisse permettre de répondre entièrement à la question.
Ben Bridwell commence le set assis devant sa pedal steel, les yeux brillants et habités. Ensuite debout derrière son micro et scotché à ses guitares (il en change presque à chaque morceau), le bonhomme est vraiment dévoué corps et âme à la musique du groupe. Barbu comme un bûcheron, il semble sorti tout droit de Woodstock (les barbes longues sont d'ailleurs à la mode au sein du groupe). Malgré la présence de deux autres guitaristes (portant le nombre de guitares à trois, ce qui est totalement inutile), la prestation du groupe est émouvante et dégage une sincérité palpable.
Le son ne permet pas de retranscrire la finesse des compositions du dernier album, mais cela permet aussi de se rendre compte que la qualité des compositions reste intacte, chose importante ! Moment fort agréable, la harpiste Phamie Gow (Alan Stivell, etc.) rejoint exceptionnellement le groupe sur scène. Bien mixée, on l'entend bien correctement et sa présence n'est pas un gimmick.
Il faut espérer que le groupe va continuer son chemin prometteur et qu'on le retrouvera dans une salle plus adaptée : un Bataclan voire un Olympia seraient évidemment un écrin nettement plus adapté...
D'ici là, je vous invite à visionner cette performance de "Is There A Ghost", premier titre du dernier album Cease To begin, live sur le plateau du David Letterman show.
12:40 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, maroquinerie, band of horses
10 décembre 2007
Serj Tankian, Elysée Montmartre, 26/11/2007

Avant d'évoquer Serj Tankian, le charismatique chanteur de System Of A Down, il est bon de parler du groupe de première partie, Fair To Midland, signé l'an dernier sur le label de Tankian, justement. Si leur album Fables from a Mayfly: What I Tell You Three Times Is True provoquait déjà l'intérêt, il faut avouer que sur scène, ce combo est sacrément impressionnant. Que ce soit le niveau des musiciens, leur énergie, les vocalises très variées et surprenantes du chanteur (qui passe du style classic rock au growl hard core), Fair To Midland occupe la scène et l'espace sonore de manière irréprochable. Leur chanteur est en outre un personnage vraiment à part, qui se démène parfois comme frappé d'épilepsie, et qui est allé jusqu'à grimper à mains nues sur les ramps de lights, tout se secouant dans tous les sens, le pire pouvant arriver à tout instant s'il lâchait prise...
En comparaison, il faut avouer que le groupe mené par Serj a paru un peu fade. Malgré la présence du guitariste de Primus, les musiciens faisaient vraiment office de backing band au niveau tout juste honorable. Impression accentuée par le niveau ridiculement élevé du chant de Serj dans le mix... Alors oui, Serj est toujours aussi bon aussi bien dans son débit que dans son agilité à utiliser sa tessiture ; ses paroles engagées régalent toujours ; mais après l'ouragan Fair To Midland, il fallait bien reconnaître qu'il s'était fait plus ou moins volé le show par le groupe qu'il a signé sur son propre label !
De surcroît, bien qu'il n'ait qu'un seul album solo à son actif (joué en entier), Serj aurait pu tirer un peu sur la corde ; même en jouant deux reprises (une des Dead Kennedys et une des Beatles), le concert a duré moins d'une heure, et ça c'est un peu dur à avaler. A part un petit discours en français préparé, le show ne respirait pas une once de spontanéité. Alors, franchement, même si c'était sympathique, on a vu mieux, et Serj devra faire quelques efforts s'il veut réussir une carrière solo, au cas où System Of A Down ne se réveille jamais de son hibernation...
14:00 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, elysée montmartre, serj tankian
06 décembre 2007
Porcupine Tree, Olympia, 03/12/2007

Cinq mois jour pour jour après leur concert à la Cigale, revoici la deuxième partie de la tournée européenne qui conduit cette fois Porcupine Tree à une salle qui tient du couronnement : l'Olympia.
Même Steven Wilson était suffisamment impressionné par le poids de l'histoire de cette salle pour en toucher deux mots en public, en nous apprenant que ses parents étaient dans la salle... (repérés d'ailleurs juste devant la console de mixage à la mezzanine !)
Inutile de s'étendre sur les qualités habituelles de Porcupine Tree en live. Attardons-nous plutôt sur les spécificités de ce 11e concert du groupe en ce qui me concerne.
Tout d'abord, de ces onze concerts, c'est sans aucun conteste le son plus parfait que j'ai pu entendre. Cela aurait été dommage que ce ne soit pas le cas à l'Olympia, une des salles de France les plus abouties niveau acoustique depuis sa réouverture.
Les animations et court-métrages du Danois Lasse Hoile continuent d'apporter un contrepoint visuel désormais indispensable à la musique déjà très cinématique du groupe. L'apogée de cette combinaison a eu lieu sur LE morceau phare, Anesthetize. Il est rare qu'une oeuvre musicale parvienne à faire ressentir ce dont elle parle. Or, la grande désillusion pour Wilson qu’est le rapport qu’entretiennent les jeunes avec la culture et avec la musique en particulier l’a conduit à mettre en musique des textes qui flirtent littéralement avec l’inspiration d’un Roger Waters, tout simplement. Même émotion, même intelligence sensible du propos, même sublimation de thèmes sombres et émouvants. C'est assez impressionnant, mais en concert, la conjuguaison de la musique de l'album et des images de Lasse Hoile permettent de ressentir cet état d'aliénation surréaliste, comme l'avait justement fort bien réussi Alan Parker avec son film Pink Floyd The Wall.
Steven Wilson a su communiquer juste ce qu'il faut de chaleur et d'humour (bien anglais) avec son public, qui a salué chaque titre de la setlist avec tonnerre d'applaudissements et standing ovation à la fin. On peut ergoter longtemps sur la setlist, mais Steven Wilson ne joue pratiquement plus aucun titre composé avant 1997, les deux plus anciens étaient justement issus de Signify (Dark Matter, et beau cadeau, Waiting (Phase 1)). Ce n'est pas un hasard, c'est le premier album qui peut être considéré comme un effort de groupe et pas comme un album solo déguisé. Avis personnel : au vu des progrès effectués par le groupe en terme de composition, même des titres de Signify paraissent désormais un peu simples par rapport au reste, et ils accusent leur âge.
On peut par contre légitimement regretter l'absence de titres de Lightbulb Sun, ce qui aurait permis d'avoir un très bon équilibre. Mais cette deuxième tournée européenne avait aussi pour but de promovoir le EP de quatre titres issus des sessions de Fear Of A Blank Planet, et c'est ainsi que nous avons pu ré-découvrir sur scène Cheating The Polygraph (dévoilé en septembre 2006 avant la sortie de l'album, mais qui n'avait pas été retenue), et surtout What Happens Now ?, un sommet du groupe qui n'a pas trouvé sa place sur le dernier album simplement parce qu'il ne s'intégrait pas dans le concept.
Nous ne devrions pas revoir Porcupine Tree cette fois avant un bon moment, au mieux fin 2008, car Steven Wilson devrait enfin s'accorder un break. Il sera sans doute tout relatif car en février sortira enfin l'édition "deluxe" de Lightbulb Sun qui aura droit au même traitement que Stupid Dream et les trois derniers albums, à savoir une sortie en CD+DVD-A avec remixage complet (dont surround), et il est question à présent d'un album solo de Steven Wilson !
"You're tying me up, I'm dying of love... It's OK" (Trains)
Setlist:
Fear Of A Blank Planet
What Happens Now ?
The Sound Of Muzak
Lazarus
Anesthetize
Open Car
Dark Matter
Blackest Eyes
Cheating The Polygraph
A Smart Kid
Way Out Of Here
Sleep Together
Rappels:
Waiting (Phase 1)
Trains
Halo
14:28 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, olympia, porcupine tree
24 novembre 2007
Deep Purple, Olympia, 18/11/2007

Le dernier concert à Paris du groupe remontait au 24 janvier 2006, au Zénith. Pas de nouvel album entre-temps, cette tournée était donc à mi-chemin entre le prolongement de la promotion de Rapture Of The Deep (trois titres de ce dernier album dans la setlist) et le plaisir de jouer sur scène.
Le groupe a visiblement fait l'effort de faire plaisir aussi aux ultra-fans en incluant enfin à sa setlist trois raretés : Mary Long (choix surprenant tiré de Who Do We Think We Are), The Battles Rages On (très inattendu, mais réussi), et Loosen My Strings (tiré de Purpendicular, pas joué sur la tournée de 1996 si mes souvenirs sont bons, donc jamais joué avant cette tournée 2007). En 2006, la seule surprise venait de l'interprétation rarissime auparavant de Living Wreck, tiré de In Rock. Deep Purple arrive donc à s'affranchir d'une vulgaire setlist "best-of", et il faut le saluer.
Le seul problème éventuel, c'est l'âge du groupe, et les membres historiques encore présents dans le line-up actuel ont quand même 62 ans, excepté Ian Paice qui aura 60 ans l'an prochain. Ian Gillan, déjà un peu limité l'an dernier, devient de plus en plus restreint quant à sa tessiture, c'est frappant et j'en ai mal pour lui, même s'il garde un charisme intact. Ce n'était clairement pas un de ses meilleurs soirs, techiquement, à l'Olympia.
Roger Glover, à la basse, même âge que Gillan, est par contre toujours la locomotive des "anciens". Ian Paice semblait plus en forme qu'en 2006, et la grande surprise venait de Steve Morse, que j'ai vu pour la première fois ne pas être 100% dans le coup. Lui et Don Airey, aux deux instruments mélodiques, constituent habituellement vraiment l'attraction scénique du groupe. Peut-être Morse était-il malade, mais toujours est-il qu'il a semblé parfois un peu ailleurs. Son jeu et son feeling restent néanmoins à un niveau stratosphérique, et il mérite toujours d'être considéré comme le plus grand guitariste électrique encore en activité. Il est simplement... humain, après tout !
Bon moment malgré tout, ce retour à l'Olympia (après le concert du 17 juin 1996 immortalisé sur l'excellent Live At The Olympia '96) ne fut pas LE concert dont on pouvait rêver, et ne sera pas non plus le concert de l'année. C'est d'ailleurs de loin le concert le moins impressionnant des 5 que j'ai vu de Deep Purple, même si c'est relatif. Dur de vieillir...
Setlist:
Pictures Of Home
Things I Never Said
Into The Fire
Strange Kind Of Woman
Rapture Of The Deep
Mary Long
Kiss Tomorrow Goodbye
Well Dressed Guitar
The Battles Rages On
Lazy
Loosen My Strings
Keyboard solo
Perfect Strangers
Space Truckin'
Highway Star
Smoke On The Water
Rappel:
Hush
Black Night
21:46 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, rock, olympia, deep purple
10 novembre 2007
KT Tunstall, Bataclan, 06/11/2007

KT Tunstall fait partie de ces auteurs/compositeurs/interprètes féminines qu'il convenait de suivre de près suite à la sortie de son premier album Eyes To The Telescope, en décembre 2004, au Royaume-Uni. Même s'il lui aura fallu l'aide bienvenue de l'utilisation du titre "Suddenly I See" dans le film Le Diable s'habille en Prada (2006), et l'utilisation comme jingle du titre "Black Horse And The Cherry Tree" par le fournisseur d'accès à Internet Alice pour s'imposer un peu partout (bien longtemps, donc, après la sortie de son album), il était évident que ce premier essai comportait de sacrées pépites (par exemple, "Another Place To Fall") qui dépassaient vraisemblablement le simple coup de chance.
Après un album live acoustique exhumant quelques raretés (faces B de singles) et une reprise de Beck, pour patienter, le deuxième album studio, Drastic Fantastic, est arrivé en septembre dernier. Bien plus équilibré et cohérent, KT y confirme qu'elle est une artiste à prendre fort au sérieux, malgré la production indéniablement plus pop que son premier album. Sa voix chaude, assez grave (mais avec de belles incursions en voix de tête), au grain jazzy, la distingue fortement des ersatz comme Dido, pour plutôt pencher du côté de très grandes dames comme Fiona Apple. Musicalement, KT trace néanmoins un sillon personnel ; avec un talent indéniable pour des mélodies très accrocheuses (le premier single, Hold On, n'a rien à envier à Black Horse And The Cherry Tree), les compositions de KT possèdent une profondeur qui se révèle au fil des écoutes, cachée derrière l'énergie et les rythmes désormais plus rock que folk.
Restait donc le test de la scène. Pas la peine d'attendre la fin des 105 minutes du concert pour se rendre compte qu'il est clair que la demoiselle possède une sacrée expérience de la performance live, car il fut impossible de la prendre en défaut aussi bien sur ses parties de guitare (qu'elle maîtrise réellement très bien), que sur ses parties vocales, énergiques et qui pourtant ne l'essouflent jamais. Sachant communiquer avec humour avec son public entre chaque chanson, le belle Ecossaise est efficace et au diapason avec son groupe dont le niveau est très satisfaisant (mention spéciale au bassiste d'ailleurs souvent contrebassiste !), avec notamment deux choristes qui renforcent considérablement l'impact.
Alors, que pourrait-on lui reprocher ? Un début de concert où les chansons s'enchaînaient bien trop proprement, comme sur l'album, sans aucune variation. Le public était d'ailleurs un petit mou, jusqu'à ce que KT reste seule sur scène et nous bluffe totalement par une interprétation purement solo du terrible "Black Horse And The Cherry Tree". Enregistrant d'abord sa rythmique en strumming, puis ses "ouh-ouh", elle les lance en boucle pour ajouter par dessus ses parties de guitare et de chant. Saisissant ! Il convient aussi de noter que la chanson "Beauty Of Uncertainty", déjà une sacrée réussite sur ce dernier album, prend encore une dimension supplémentaire sur scène, prouvant que KT a franchi un bien beau palier dans ses qualités de songwriter.
C'était donc un très agréable concert, certes pas celui de l'année, mais qui fait bien plaisir dans la mesure où il laisse entrevoir de sacrées possibilités pour KT Tunstall de prendre encore plus d'importance dans les années à venir. Cette femme-là peut aller loin, très loin !
Setlist:
Little Favours
Miniature Disasters
Hold On
Other Side Of The World
White Bird
Funnyman
Under The Weather
Black Horse And The Cherry Tree
Ashes
Hopeless
Someday Soon
Another Place To Fall
If Only
Beauty Of Uncertainty
Saving My Face
I Don't Want You Now
Rappels:
My Sharona
Suddenly I See
20:11 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : concert, bataclan, kt tunstall, rock

