13 mai 2007

Paul Gilbert, La Boule Noire, 04/05/2007



Il est assez incroyable qu'à 41 ans, Paul Gilbert vienne juste d'effectuer sa première tournée européenne en solo. Je n'ai pas réussi à retrouver depuis quand Paul Gilbert n'avait pas joué sur une scène française, mais il est probable que cela remonte à une tournée de Mr. Big dans la première moitié des 90's !

Paul Gilbert est l'un des plus grands phénomènes de la guitare électrique, un des derniers réels virtuoses de cet instrument. Certes, le jeu de Paul Gilbert est assez unidimensionnel, mais à part Al Di Meola, on ne voit pas très bien qui maîtrise à ce point la technique de l'aller/retour (non, même pas John Petrucci que j'ai eu l'occasion de voir quelques fois). Et le voir en concert, de près, est vraiment extrêmement impressionnant. Vélocité, groove, propreté, nuance, décontraction : le jeu de Gilbert peut être ainsi résumé et flotte bien au-dessus de la masse d'autres guitaristes électriques pourtant techniques.

La technique, c'est bien, la composition, c'est plus important. Le premier au service du second c'est encore mieux. Or, c'est exactement ce qui distingue Paul Gilbert de bon nombre de virtuoses (moins doués de surcroît). Le bonhomme, non content d'avoir fondé Racer X dans les 80's (style Judas Priest avec des monstrueuses parties de guitares), a connu un succès assez hallucinant avec Mr. Big dans les années 90's. Mr. Big est d'ailleurs bien un des très rares groupes composés de purs virtuoses (Billy Sheehan à la basse !) à avoir su composer de vraies chansons, avec des hits mondiaux de surcroît (même le quidam connaît To Be With You !).

Lorsque Gilbert a quitté Mr. Big en 1996, il a su rebondir en proposant une power-pop vraiment fun et entraînante, ponctuée de soli qui rappellent avec insolence ses compétences. En plus, il s'est alors mis à chanter, avec respectabilité. Même si ces albums ne marqueront pas pas l'histoire du rock, Paul Gilbert fait ce qui lui plaît, de toute simplicité. Son statut de demi-Dieu au Japon, et le business incroyable généré par ses contrats avec différentes marques d'instruments lui assurent de toute façon largement de quoi vivre ad vitam.

Dans la vie, Paul Gilbert est un grand maigre déguingandé qui débarque sur scène dans une blouse orange de la NASA, et qui se marre, raconte plein de bêtises, et qui ne se prend jamais pour une star. Les musiciens qui l'accompagnent sont totalement à la hauteur et le groupe fait preuve d'une cohésion totale, et d'une décontraction monstrueuse (en totale contradiction pourtant avec le niveau technique de la prestation !). Au final, 1h40 (c'est la bonne durée) de bonne humeur, de riffs qui tuent, et de technique bien fun. Tout ça pour seulement 18,50 €, chapeau bas. Et quel bonheur de voir sur scène quelques titres de Mr. Big, dont Addicted To That Rush !!!

Allez, pour se faire plaisir, il y a des tas de vidéos sur YouTube, mais voici une petite sélection :

- Addicted To That Rush, live par Mr. Big en 1994

- Daddy, Brother, Lover, Little Boy, live par Mr. Big en 1992

- Un petit focus sur ce légendaire solo de Daddy, Brother, Lover, Little Boy ; où Paul Gilbert utilise un gimmick très fun, qui marche visuellement ET musicalement : il fixe un médiator au bout de la mèche d'une perceuse, ce qui permet d'exécuter des notes à une vitesse inatteignable autrement !

13 mars 2007

Pain Of Salvation, Elysée-Montmartre, 03/03/2007



C'était la neuvième fois que je voyais Pain Of Salvation (POS) en concert, et le groupe ne parvient décidément pas à me débarrasser d'une impression persistante : POS n'arrive pas à transcender sur scène sa musique, pourtant si intéressante sur disque.

Le dernier album sorti cette année, Scarsick, présente pourtant un regain de créativité et d'efficacité, bien loin de l'échec artistique de Be, leur ambitieux mais maladroit concept-album de 2005. Certains titres, comme l'excentrique Disco Queen, auraient dû être de véritables bombes en live. Il n'en fut rien. C'était bon, c'était bien, mais l'impact reste à mon avis bien en-dessous de son potentiel.

Alors, pourquoi ? Voilà une question bien embarrassante, mais je ne peux pas m'empêcher dorénavant de penser que POS souffre d'un problème inhérent à son intérêt : le fossé est décidément trop grand entre l'étoile du groupe, le compositeur/leader Daniel Gildenlöw, et le reste du groupe. Daniel a beau briller de tout son talent et de tout son charisme sur scène, les autres membres restent à un niveau nettement plus commun et le tout ne parvient pas à dépasser les splendides moments que nous offrent les disques du groupe. La scène est décidément un test redoutable. POS est un sans conteste un bon groupe de scène, mais il ne sera probablement jamais, tel quel, le GRAND groupe qu'il mériterait d'être.

02 mars 2007

Blackfield, Café de la Danse, 27/02/2007



Avant de parler de Blackfield, quelques mots sur la première partie, le groupe anglais Pure Reason Revolution. Sans aucun doute, leur premier album The Dark Third laisse entrevoir un des meilleurs espoirs anglais en matière de musique pop/rock/hard "sérieuse", les leaders incontestés étant Porcupine Tree et Oceansize. Néanmoins PRR en est encore bien loin, et sa prestation scénique a plutôt eu tendance à démontrer que la hype à son sujet est franchement exagérée. Le potentiel est là, oui, mais n'anticipons pas. Comme l'écrit mon ami Archaos sur son blog : "Tendu, mécanique, peu technique, prisonniers des samples omniprésents, PRR a un peu donné l’impression de ramer tout au long des 3/4 d’heure de leur set". Sur scène, le problème est qu'on a la sensation de voir la "recette" de leurs compositions mise à nu, et c'est à peu près aussi décevant qu'un tour de magie dont on connaît le "truc". On se rend compte que l'album studio tient la route surtout grâce à son travail de production. Le passage en live dessert totalement PRR, mais ils ont largement le temps de rectifier le tir. Ce n'est que leur première tournée.



Changement presque cruel de niveau avec le set de Blackfield. L'attente est grande puisque c'est le premier vrai concert du groupe, après les quelques titres joués en première partie de Porcupine Tree, le 29/11/2003, bien avant que leur premier album ne sorte ! Ce sont les musiciens ayant enregistré le deuxième album qui sont sur cette tournée, et on sent très vite une superbe cohésion ; il faut dire que les batteur, bassiste, et claviériste sont des musiciens qui travaillent avec Aviv Geffen depuis longtemps. Geffen est d'ailleurs un peu la curiosité du groupe, pour nous Européens, puisque cette rock star israélienne très populaire dans son pays (malgré ses prises de position politiques très à gauche - il est pour la libération des territoires occupés, ce qui lui vaut d'avoir des gardes du corps en permanence) est un artiste totalement inconnu chez nous, en dehors de Blackfield, fondé avec Steven Wilson. Ce dernier est d'ailleurs égal à lui-même : même mélange de sérieux et de décontraction, mais toujours un peu distant, tandis qu'Aviv, au départ très en retrait dans son beau costume noir, finit par être clairement le plus extraverti, jusqu'à finir torse nu lorsqu'il se sent finalement complice avec le public. Dans les deux cas, Wilson et Geffen transpirent une même incroyable sensibilité artistique. Ces deux là étaient vraiment fait pour se rencontrer. Touchés par la grâce ? Oui.



Le concert aura d'ailleurs permis de confirmer une chose. Blackfield n'est pas qu'un simple side-project. Sur scène, la complémentarité de Wilson et de Geffen est telle que ce groupe mérite une existence à part entière. L'incroyable richesse de ses mélodies, alliées à des formats pop assez courts, autorisent tous les espoirs que Blackfield accède à un niveau de reconnaissance grand public en Europe (en Israël, Blackfield est déjà un phénomène depuis le premier album). Le fait que Wilson, musicien anglais à l'emploi du temps le plus contraint, ait pris la peine de s'investir dans cette tournée est sans doute un signe. Geffen, lui, ne cache pas ses intentions de mener Blackfield aussi loin qu'il le pourra.

C'est donc à un concert d'une finesse et d'une émotion rares auquel nous avons eu droit, où la quasi-intégralité des deux albums fut jouée (moins This Killer, Scars, Lullaby et Summer), ponctué par deux intermèdes : la reprise de Thank You d'Alanis Morissette (grand moment d'émotion signé Monsieur Steven Wilson), et la reprise en hébreu, au piano et chant, de Avec le Temps de Léo Ferré, par Aviv Geffen. Ce dernier nous a expliqué qu'il avait eu "l'autorisation" du groupe pour jouer ce titre uniquement à Paris, en raison de son origine française, car il voulait partager le plaisir de nous apprendre que son dernier album était disque d'or en Israël grâce à cette reprise ! Messieurs, revenez quand vous voulez... quelques grammes de finesse dans un monde de brutes, cela ne se refusera jamais.

Setlist:

Once
Miss U
Blackfield
Christenings
The Hole In Me
1000 People
Pain
Glow
Thank You
Epidemic
Some Day
Open Mind
My Gift Of Silence
Where Is My Love
End Of The World

Rappels:
Avec le Temps (reprise de Léo Ferré, en hébreu par Aviv)
Hello
Once
Cloudy Now

20 février 2007

30 Seconds To Mars, Bataclan, 02/02/2007



Il est facile de se moquer des stars de cinéma qui ont tenté de se lancer dans la musique. Il faut dire que les essais de Johnny Depp, Russel Crowe, Bruce Willis ou encore Keanu Reeves ont eu de quoi faire sourire. Jared Leto, lui, quand il a sorti en 2002 le premier disque de son projet 30 Seconds To Mars, a tout de suite mis les points sur les i : l'aventure était diablement sérieuse, avec un disque puissant et original, type "cathédrale sonore", évoquant un croisement de Devin Townsend et de Tool, Leto s'avérant en plus être un chanteur convaincant.

L'acteur de Requiem For A Dream, Fight Club, Panic Room, Alexander, etc., a persévéré et 30 Seconds To Mars a non seulement pas mal tourné, et est donc devenu un vrai groupe, mais a également sorti en 2005 un second disque, moins marqué par le progressif. L'album vient juste de sortir en France cette semaine, et le groupe a donné son premier concert français en début de mois. Alors, que vaut le tombeur de Cameron Diaz et Scarlett Johansson (entre autres, car la liste est longue) sur scène ?

Musicalement, le groupe tient la route, même si on a un peu l'impression d'assister à un concert de Jared et de backing musicians. Mais, il faut avouer que j'ai hésité entre rires et incrédulité. Jared Leto est totalement survolté sur scène, à un point que ça en devient suspect : est-il sous l'emprise d'un excitant ? N'en fait-il pas trop ? La frontière entre "ça le fait" et le ridicule menace à chaque instant d'être franchie, et la sensation de "chiqué" est renforcée par les poses languissantes du bonhomme entre chaque chanson, ou encore ses commentaires répétés à l'envi sur le refrain de "Vraiment, vous êtes le meilleur public qu'on ait jamais eu...". Ajoutons enfin que le concert, si on enlève tous les moments où le groupe ne joue pas, aura duré grosso modo une heure, ce qui est un peu léger dans l'absolu (mais pour ma part, largement suffisant car Jared est finit par être agaçant à ne pas moduler l'intensité de son énergie).

Pourtant, le public achète, et comment ! La grande surprise de ce concert, c'est de constater de visu l'incroyable base de fans que le groupe a su se constituer, démonstration cinglante des following qui peuvent se créer sur Internet, en l'absence totale de promotion traditionnelle ; et pour cause vu que le deuxième album de 30STM est sorti il y a 6 mois aux USA, sort seulement ce mois-ci en France, et n'a donc bénéficié d'aucune promotion encore dans notre pays.

Deuxième surprise, le public est franchement jeune (moyenne d'âge entre 16 et 18 ans), et constitué au moins à moitié de filles totalement hystériques. Ce qui ne cadre pas du tout avec la musique de 30STM. Il y a donc un phénomène Jared Leto intéressant à analyser, pour qui a le temps. Le public connaît par coeur les refrains des chansons, et se pâme à la moindre sollicitation de Jared qui se paie le luxe d'un stage diving qui met sur les dents la sécurité.

C'est donc une impression étrange qui domine : le sentiment d'assister à un concert de boys band pour l'ambiance et pour l'exagération, mais avec des vrais musiciens et une musique franchement originale et travaillée. Jared Leto, lui, semble totalement transcendé par cette dévotion, à tel point qu'on peut se demander si cela ne sur-développe pas son ego ; n'ayant de cesse de répéter en interview que 30STM est un GROUPE, en concert cette impression disparaît totalement, renforcée par les paroles peu fair-play du leader : "Bonjour, je suis Jared Leto, nous sommes 30STM", sans jamais présenter nominativement les autres musiciens. C'est un peu rustre. Ouf, Jared Leto n'a donc pas tout pour lui !

19 décembre 2006

Muse, Bercy, 14/12/2006



La taille des salles a beau augmenter au fil des tournées, Muse reste un putain de groupe de rock, sans concessions et sans artifices. Certes, la production très clinquante accentue l'aspect cosmique et grandiloquant de leur musique, mais il ne faut pas oublier qu'il n'y a quasiment aucun trio capable de délivrer une telle puissance et une telle maîtrise de l'espace sonore, à part sans doute Rush.

Que Muse arrive à préserver ainsi émotion et intégrité artistique malgré ce phénoménal engouement populaire est un exploit. On ne se plaindra pas qu'un public assez jeune se prenne de passion pour un groupe brassant des influences aussi variées qu'Ennio Morricone, Pink Floyd ou Rachmaninov (dont l'influence sur Bellamy au piano prend une dimension fascinante sur scène). Ce brassage, cette voix aigue, ce space rock rappellent trop certains canons du rock progressif et il est heureux de voir qu'une telle musique trouve un tel écho actuellement, qui sera ainsi peut-être une porte d'entrée vers un pan de la culture musicale contemporaine.

Le son était exceptionnellement bon pour Bercy, en particulier la batterie et le chant, très propres, très clairs, percutants. L'ambiance était digne des grandes messes hard rock, et si la première partie du concert ménageait encore les émotions, à partir de Bliss, ce ne fut plus qu'un véritable pilonnage en règle. Apocalypse Now ? Oui ! Seul reproche : tout cela est passé bien trop vite... et de façon trop minutée, trop rodée.

Setlist :

Take a Bow
Map of The Problematique
Butterflies & Hurricanes
Supermassive Black Hole
New Born
Starlight
City of Delusion
Forced In
Bliss
Feeling Good
Hoodoo
Invincible
Time is Running Out
Plug in Baby

Rappel #1
Sunburn
Hysteria
Stockholm Syndrome

Rappel #2
Knights of Cydonia

21 juin 2006

Guns N' Roses, Bercy, 20/06/2006



Presque 13 ans ont passé depuis le précédent concert des Guns en France. C'était le 13 juillet 1993, déjà au POPB. Entre temps, c'est une saga des plus ridicules et pourtant des plus fascinantes de l'histoire du hard rock. Passons sur ces frasques ; Axl Rose est depuis longtemps le seul rescapé du groupe, et le nouvel album des Guns (ou disons plutôt l'album d'Axl), Chinese Democracy, est en gestation depuis plus de dix ans. Il a déjà coûté plus de 13 millions de dollars aux maisons de disques (Geffen d'abord, qui a jeté l'éponge, et actuellement le label Interscope de Sony). Il sortirait, d'après Axl, en septembre, enfin. Mais il disait déjà pareil il y a quelques années...

Peu importe, au moins cette tournée nous permet d'entendre des nouveaux titres, pour la plupart déjà fuités sur Internet mais sous forme de démos. C'est toujours ça de pris, et cette tournée devait permettre de juger de la qualité du groupe assemblé par Axl, avec des musiciens aussi costauds que Brain à la batterie ou Ron Thal à la guitare.

Les Guns devaient être sur scène à 21h00 (info promoteur). Certes, les premières parties étaient en retard et Bullet For My Valentine a fini à 21h40. Mais au lieu d'essayer de monter sur scène plus tôt, rien à faire. Les Guns ont commencé à jouer à 22h40 : c'est N'IMPORTE QUOI. J'ai vu des kyrielles de spectateurs se casser à partir de minuit pour pouvoir rentrer sans devoir se payer un taxi (qui ont été pris d'assaut à la fin d'après le témoignage d'une connaissance, à tel point que certains n'osaient pas s'arrêter).

Même si j'habite à deux stations du POPB, je suis parti à 00h10 (juste avant November Rain), car y a des gens qui bossent le lendemain et de toute façon au bout de 1h30 de show ça faisait un moment que j'avais compris...

LES GUNS VERSION 2006 SONT UN COVER BAND !!!

Ce groupe version 2006 joue mécaniquement, et sans aucune complicité ; Axl semble se mimer lui-même, enchaînant les même poses qu'il y a 13 ans mais sans grâce et avec l'entrain d'un papy. Au moins, Axl a chanté correctement (ce qui est déjà assez extraordinaire), mais quel spectacle navrant finalement quand on pense au CV de chacun des membres de ce "groupe".

C'est désolant d'assister à un concert où on ne sent aucune cohésion, aucune complicité entre les musiciens. On aurait dit que chacun essayait d'attirer l'attention à lui (en dehors de Ron Thal, un peu effacé, et effacé au mix de toute façon - qui a entendu son solo sur Knockin' On Heaven's Door ?). Velvet Revolver, au Bataclan, c'était autre chose ! Un vrai show de rock'n roll ! Et qui donne vraiment raison aux ex-membres membres des Guns d'avoir fondé ce groupe ô combien plus talentueux que le line-up aligné par Axl, qui ne semble être là que pour cachetonner.

La setlist est probablement une des pires gestions du temps que j'ai pu voir en live, avec des temps morts sans arrêt : un solo hyper chiant de chaque musicien (sauf le batteur Brain, mais le guitariste Robin Finck en a eu 2 !) ; des mini-jams pourries pendant que le piano à queue arrive (deux fois) ; une introduction de chaque membre du groupe non pas sur un titre mais encore sur une "bidouille" que je ne peux même pas appeler une jam !

Ajoutons des enchaînements très mal pensés : Madagascar, You Could Be Mine, Knockin' On Heavens Door, Jam + solo clavier (Dizzy Reed), The Blues : dans mon coin tout le monde s'est rassis et s'ennuyait grave... Vu le retard accumulé, pourquoi ne pas avoir viré les solo de la setlist au moins ? Incompréhensible.

Parlons du son : même placé en gradin, j'ai tourné un peu avant de partir pour tenter de trouver un endroit où ce ne soit pas trop brouillon. Je n'ai pas trouvé. Les trois guitares (oui, trois !), ça ne sert à rien sinon rendre le son plus confus, et seule la batterie de Brain et le chant d'Axl surnageaient clairement de ce mix, un des pires que j'ai entendu à Bercy (ha, deux semaines avant, les Red Hot c'était autre chose !).

Ce ne sont pas les effets pyrotechniques (flammes, étincelles et pétards... pas spécialement impressionnants, voir ceux de Metallica ou Rammstein à côté) qui ont rattrapé le show.

Consolation, j'ai trouvé que Better sonnait vraiment très bien en live, bien mieux que sur la version démo qui a filtré sur le web.

Bref, je suis tombé de haut, j'espère que Chinese Democracy sera un bon album, mais ces Guns-là en live, c'est presque une blague. De très loin un des concerts les moins excitants que j'ai pu voir, et pourtant, j'adore les Guns...

Setlist :

01. Intro
02. Welcome To The Jungle
03. It's So Easy
04. Mr. Brownstone
05. Live And Let Die
06. Solo Robin Finck
07. Sweet Child O'Mine
08. Madagascar
09. You Could Be Mine
10. Knockin' On Heavens Door
11. Jam / Solo Dizzy Reed (Ziggy Stardust)
12. The Blues
13. Présentation du groupe
14. Solo Richard Fortus et Robin Finck (Beautiful)
15. Out Ta Get Me
16. Solo Ron Thal (Don't Cry)
17. Better
18. November Rain
19. IRS
20. My Michelle
21. Used To Love Her (avec Izzy Stradlin)
22. Patience (avec Izzy Stradlin)
23. Nightrain (avec Izzy Stradlin)
24. Chinese Democracy
25. Solo Robin Finck
26. Paradise City (avec Izzy Stradlin)

13 juin 2006

Red Hot Chili Peppers, Bercy, 08/06/2006



Encore un excellent concert des Red Hot... que dire de plus ? La machine est bien rodée. On sait à quoi s'attendre et on n'obtient ni moins, ni plus :

- une setlist qui n'a pas d'autre choix que de piocher dans les "tubes", sauf en ce qui concerne l'album supporté par la tournée ;

- une des meilleures sections rythmiques rock/funk de la planète et qui ne déçoit jamais sur scène ;

- un chanteur sur le fil du rasoir mais qui s'en sort plus ou moins honnêtement ;

- un show utilisant les techniques les plus à la pointe de ce qui se fait pour les superproductions (ce soir là, un assemblage indescriptible de "néons" - en fait de fines barres de pixels - et d'écrans géants mobiles, ainsi que des spots téléguidés ressemblant à des soucoupes volantes...);

- l'adjonction raisonnable de jams (plus nombreuses ce soir là en raison de problèmes techniques avec la guitare contraignant plusieurs fois John Frusciante au silence, permettant à Flea et Chad Smith de s'en donner à coeur joie...).

Comme d'habitude, aucun titre de One Hot Minute (1994), pourtant leur meilleur album à mon goût, n'a été joué, vraisemblablement à cause d'un problème d'égo de Frusciante qui ne veut pas jouer des titres co-composés par son remplaçant ponctuel d'alors (Dave Navarro)...

Pas de quoi chipoter, on en a largement pour son argent même si le groupe joue moins de 2 heures. Tant qu'ils auront une telle pêche, pas de quoi bouder son plaisir !

Setlist :

01. Intro
02. Can't Stop
03. Dani California
04. Scar Tissue
05. Charlie
06. Otherside
07. Tell Me Baby
08. For Emily, Wherever I May Find Her (John Frusciante)
09. Flea Solo
10. Throw Away Your Television
11. Snow (interrompue)
12. Jam
13. Snow
14. If
15. Me And My Friend
16. Don't Strip My Mind
17. Right On Time
18. Don't Forget Me
19. Torture Me
20. Jam
21. Californication
22. By The Way

Rappels :
24. Drum Solo
25. Under The Bridge
26. You're Gonna Get Yours /Give It Away
27. They're Red Hot

11 juin 2006

Zappa Plays Zappa, Zénith, 05/06/2006



"I'm out of superlatives for the Paris show. It was the best show of the tour thus far. It's going to be hard to beat the passion, love and wild appreciation the band felt from the fine Parisians who came to the Zenith last night."

C'est en ces termes que le webmaster de Zappa.com, qui a accompagné toute la tournée Zappa Plays Zappa, a qualifié le concert de Paris. Quoi ajouter de plus ? Peut-être cette déclaration de Dweezil, pendant le concert, visiblement très ému de l'accueil, nous disant à la fin de The Black Page : "It's great to see people clapping at such music..." A la réflexion, c'est vrai que c'est totalement hallucinant vu le niveau de ces compositions, Zappa ayant sans aucun doute composé la musique contemporaine la plus complexe (hors classique).



Plutôt qu'écrire une chornique de ce concert, je préfère indiquer un lien vers un article du quotidien La Libre Belgique, qui dit tout, et très bien.

A titre personnel, je tire trois satisfactions principales de ce concert :

1) Le fait que cette tournée, qui a fait revivre la musique de Zappa pour la première fois depuis son décès en 1993, a permis non seulement à des milliers d'amateur de musique recherchée de voir enfin cela interprété sur scène, ce qui est probablement un des exercices les plus difficiles qui soit.

2) Il est agréable (et rassurant) de voir que Zappa est toujours tenu en haute estime des médias, qui ont consacré des articles fouillés au génie du XXème siècle (cf. Libération du 2 juin 2006 par exemple).

3) Outre le niveau insensé des musiciens réunis par Dweezil Zappa, il était quasi-irréel de voir enfin réunis sur scène Steve Vai et Terry Bozzio, ex-apprentis du grand Frank devenus eux-mêmes musiciens superstars...



Setlist :

Video Intro : Montana (Roxy 1974)
01. Imaginary Diseases
02. Hungry Freaks Daddy
03. Let’s Make the Water Turn Black
04. Florentine Pogen
05. Pygmy Twylite
06. The Idiot Bastard Son
07. Cheepnis
08. King Kong Variations
09. Don’t Eat That Yellow Snow
10. St. Alphonzo's Pancake Breakfast
11. Father O'Blivion
12. Inca Roads
13. Eat That Question

Break

14. I’m So Cute (T. Bozzio)
15. Tryin’ To Grow A Chin (T. Bozzio)
16. City Of Tiny Lites (T. Bozzio)
17. Punky’s Whips (T. Bozzio)
18. The Black Page (drums) (T. Bozzio)
19. The Black Page # 2 (T. Bozzio S. Vai)
20. Peaches En Regalia (T. Bozzio S. Vai)
21. Montana (S. Vai)
22. Village of the Sun (S. Vai)
23. Echinda’s Arf (S. Vai)
24. Zomby Woof (S. Vai)
25. Chunga’s Revenge (with video)

Rappel n°1 :
26. More Trouble Every Day (T. Bozzio S. Vai)
28. A Token of His Extreme (T. Bozzio S. Vai)

Rappel n°2 :
29. Sofa #2 (T. Bozzio S. Vai)

25 mai 2006

Oceansize, Nouveau Casino, 20/05/2006



Que dire si ce n'est "encore un excellent concert d'Oceansize ?"

Pour avoir vu tous les concerts du groupe anglais à Paris depuis le premier à la Boule Noire le 24 mars 2004, je peux affirmer que le groupe ne fait qu'asseoir un peu plus sa maîtrise scénique à chaque fois, mais nous sommes ici dans la largeur du trait... car en dehors des problèmes techniques ici absents, ce qui a permis de ne pas sortir de l'ambiance installée par le groupe (ce qui n'est pas rien !), est-ce qu'Oceansize a musicalement fait de gros progrès sur scène ? Pas sûr ! C'est tout simplement toujours aussi parfaitement exécuté, sans aucun autre artifice que les 5 membres du groupe, emmenés par Mike Vennart, le seul à imposer une présence scénique charismatique.

Justement, vu le niveau de la musique, on peut soit estimer que l'interprétation sans failles se suffit à elle-même, ou penser qu'un "spectacle" plus appuyé serait le bienvenu pour accentuer l'effet euphorisant et puissant de leurs compositions.

Personnellement, après 4 concerts parisiens en un tout petit plus de 2 ans, je commence naturellement à avoir envie que le groupe évolue un peu plus que ce qu'il nous a donné à voir une fois de plus ce soir là. C'est sans doute un peu sévère, mais après tout, n'attend-on toujours pas plus des meilleurs élèves ? Or, Oceansize reste un des groupes de rock indé les plus novateurs et talentueux du Royaume-Uni... et reste hélas prodigieusement fauché, ce qui explique sans aucun doute le dénuement de leurs shows (pour info, le stand merchandising est tenu avant et après chaque gig par un membre du groupe...).

Il n'y a donc plus qu'à espérer que le public qui se pâme devant Muse et The Arctic Monkeys (pour ne citer que deux autres groupes rock anglais bien plus connus !) saura découvrir à sa juste valeur Oceansize !

21 mai 2006

The Dresden Dolls, Bataclan, 18/05/2006



N.B. : les photos ne sont pas issues du concert de Paris. Si vous en avez, n'hésitez pas à en poster l'adresse en commentaire !

Il est rassurant de voir qu'un phénomène underground et très arty comme The Dresden Dolls arrive à remplir une salle comme le Bataclan, après un premier passage à Paris en 2005 à la Boule Noire. Si on ajoute que ce duo de Boston fait en outre à nouveau plusieurs dates en province (comme l'an dernier), on mesure la progression accomplie en France niveau popularité, et c'est vraiment une bonne nouvelle. Il faut dire que leur dernier et second album, Yes, Viriginia... est une réussite inespérée, tranformant totalement l'ébauche de style posée avec leur premier album.

Sur le papier, définir la musique des Dolls tient un peu de la gageure, car écrire que le duo fait revivre le cabaret de l'Allemagne des années 20 avec l'énergie du punk et la créativité du rock alternatif, cela n'évoque pas grand-chose. Sur disque, le mélange est bel et bien unique, et peut évoquer PJ Harvey, Tori Amos, Nick Cave, mais aussi le compositeur allemand Kurt Weill (cabarets et comédies musicales). Sur scène, Amanda Palmer (chant, clavier) et Brian Viglione (batterie) élèvent ce mélange unique à un véritable spectacle, dont la réputation a fortement aidé à faire venir curieux de tous horizons à leurs concerts.

Une fois sur scène, les Dolls nous font pénétrer immédiatement dans leur univers passionnel et tragi-comique. Chaque chanson est une petite histoire aux allures de confession. Amanda offre cette intimité à vif, portée par toute la rage du rock. Le jeu de batterie de Brian est sophistiqué, tout en étant très puissant, plaçant même quelques passages de double pédale plus communs dans le domaine du métal !



Le son est d'une clarté éblouissante, et pour cause, avec seulement un clavier, une batterie et une voix, c'est plus facile pour l'ingénieur du son. Avec un tel dénuement, aucune chance n'est laissée aux compositions faibles ou aux interprétations moyennes. Or les Dolls montrent sur scène toute l'étendue de leur talent. La réaction du public est sans équivoque à ce sujet. Car l'allure trash d'Amanda et de Brian (cf. photos...) n'est pas là pour cacher une vacuité musicale.

Très expressifs, les deux membres du groupe forment un couple dont on ne sait jamais qui est le leader. Leurs échanges sont constants, leur alchimie parfaite. Amanda ne tient pas en place, joue sans arrêt des jambes, dont on a l'impression qu'elles vont passer par dessus son clavier. Brian frappe de toute ses forces ses peaux, et lui aussi se retrouve souvent debout, à fixer le public avec ses grimaces ou à épier Amanda quand les morceaux, véritables montagnes russes, se calment, ou requièrent une synchonisation parfaite et difficile (ex. : l'incroyable chanson-comptine burlesque Coin-Operated Boy de leur premier album). Sur quelques titres, deux jeunes femmes et un travesti viennent tour à tour illustrer la chanson avec une l'expression corporelle à rapprocher du mime, des marionnettes, du théâtre muet... aussi étrange que fascinant.



Amanda, qui a travaillé dans un théâtre d'avant-garde en Allemagne, maîtrise certains phonèmes échappant habituellement aux anglophones, comme la prononciation du "r", ce qui lui permet de chanter de manière convainte certains titres en français (l'an dernier : Tous les garçons et les filles de Françoise Hardy !). Ce soir, en rappel, nous aurons droit à un hilarant Amsterdam (de Jacques Brel), où Brian aura pris la guitare acoustique (la seule chanson de tout le concert entièrement accompagnée de guitare).

Juste avant, c'est War Pigs de Black Sabbath qui aura fini d'achever le public. Reprendre une célèbre chanson de hard rock avec seulement un piano et une batterie, c'est assez culotté ; oui, mais avec l'énergie des Dolls, le résultat est assez stupéfiant ! On peut parier que Brian aime décidément le hard rock vu la transe dans laquelle il semblait être pendant ce rappel. Le fait que les Dolls jouent ce titre emblématique de Black Sabbath n'est sans doute pas sans rapport avec ses paroles, plus que jamais d'actualité. En moins d'un mois, j'aurais vu à Paris, dans la même salle, deux groupes aussi différents que les Dresden Dolls et les Flaming Lips reprendre cette chanson. On peut parier que ces deux groupes américains ne portent pas l'administration Bush dans leur coeur !

En 1h20 de show, la messe est dite. Il n'est pas certain qu'une durée supérieure à 1h30 soit souhaitable, de toute façon, vu l'intensité et le niveau de concentration demandé au spectateur. Il est devenu très rare qu'un groupe sache miser sur autant de tableaux à la fois : performance, feeling, improvisation et spectacle visuel (sans recours à des écrans géants ou animations...). Pour ce dernier point, une salle aux dimensions modestes est indispensable, sous peine de rater totalement ce qui se joue sur scène, comme au théâtre !

Plus que des mots, il est conseillé vivement d'aller sur le site officiel des Dresden Dolls et de télécharger quelques vidéos afin de se donner une idée du phénomène (en particulier la version live de Half Jack, le 2 mai 2005 à Providence pour illustrer tout ce qui a été dit précédemment ; mais ne ratez pas non plus, pour le fun, le medley du 30 octobre 2004 à Boston à l'occasion d'Halloween : reprises délirantes et... strip-tease façon cabaret !).

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