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16 juillet 2007

Soirée vieux millésimes du 11/07/07 - Laphroaig, Karuizawa, Port Ellen, Glen Grant


Jean-Marc, notre maître Jedi du Club de la Maison du Whisky !
(c) La Maison du Whisky

Juillet conclut traditionnellement la saison de dégustation, au Club de la Maison du Whisky, avec une soirée (biannuelle) consacrée aux vieux millésimes. Soirée en générale hors normes par l'extrême qualité des whiskies dégustés. Juillet 2007 n'a pas fait exception.

Nous avons commencé par le mythique Laphroaig 30 ans, en voie de disparition (les derniers fûts ont été embouteillés, et Laphroaig ne pourra pas remettre sur le marché du 30 ans avant au moins 5 ans...). C'était d'ailleurs une version américaine (donc 75cl et pas 70), distillée en 1967. Considéré comme le nectar de l'île d'Islay, cette version possède un nez tellement enchanteur qu'on n'est pas du tout pressé de le boire. Très riche, on y retrouve ce caractère immanquable de Laphroaig : de l'iode, des épices, sans la tourbe. Mais il y a bien plus dans ce 30 ans : des agrumes évidents, mêlés étonnamment à un caractère floral évanescent. La bouche tient ses promesses avec une complexité - et équilibre - tout aussi remarquable. La tourbe fait son apparition, le sel aussi, contrebalancé par des notes de fruits rouges. Une grande classe, soulignée par une finale moelleuse et tourbée, très fine. Un seul petit regret : que ce 30 ans ne titre que 43%. Avec quelques degrés de plus, il apparaîtrait moins comme "whisky de soif" (de luxe certes...), ce qu'il ne peut pas être en pratique au vu de son prix (299€ la bouteille).

Dégusté à l'aveugle, ce whisky m'a évoqué un single malt complexe du Speyside, style Strathisla. Néanmoins, on sentait bien qu'il y avait un piège ; et en effet, encore une fois, c'est un japonais, qui tient la dragée haute à bien des écossais. En l'occurence, il s'agit de la distillerie de Karuizawa, récente découverte de la Maison du Whisky. Ce millésime 1988, embouteillé au degré naturel, est réellement superbe à tout point de vue. Le nez dénote des agrumes puissants (orange, citron). La bouche est très punchy (les 59,8% sont là !), mais séduisante en diable. Bien huileuse, elle offre une véritable détonation de saveurs tirant sur les fruits exotiques. Des notes herbacées font ensuite leur apparition, suivi d'une légère fumée étonnante, que l'on retrouve dans la finale qui dure, dure dure... A 95€, voilà un brut de fût qui va faire des ravages.

On revient à un vieux millésime (le Karuizawa n'était "que" une pause découverte !), avec une distillerie mythique, Port Ellen. Cette version issue de la collection Closed Distilleries, de la Part des Anges, est âgée de 24 ans (distillée en 1982, embouteillée en 2006). Ce brut de fût de 58,7% est une merveille, incontestablement pour moi la star de cette soirée. C'est un avec un sacré pincement au coeur qu'on déguste un tel bijou, en se disant évidemment à chaque dégustation qu'il s'agit d'une typicité appelée à disparaître. Port Ellen n'a jamais fait partie des Islay très tourbés, et c'est justement cette particularité qui en fait un des Islay les plus chéris. La tourbe et la fumée sont bien entendu de la partie, mais cette version exhale au nez et en bouche des fruits mûrs et un caractère empyreumatique. La finale, très élégante, rappelle le caractère marin de cette chère distillerie, avec une touche animale (cuir). A 159€ la bouteille, c'est un prix élevé, mais mérité, à peine déraisonnable vu la rareté croissante de Port Ellen.

Pour finir, nous avons dégusté un cask strength de chez Signatory Vintage, une des collections préférées de tous les amateurs qui se respectent. Glen Grant 1965, 40 ans, 56.8 %, d'un brun rougeâtre qui ne laisse aucun doute : fût de sherry ! C'est qu'en 40 ans, il a eu le temps d'être marqué par le sherry... qui est donc très présent, trop à mon goût, même si ce vieux monsieur est évidemment d'une grande classe, comme en témoigne sa grande douceur en bouche malgré son degré fort respectable. Certains parlent de porto, on ne peut en effet nier cet aspect vineux. La finale est magnifique, très longue et marquée par le boisé et une très belle amertume. Mais... comme trop souvent, à mon opinion, ces très vieux whisky sont très concentrés, trop "verticaux". En même temps, ce qu'ils ont à offrir est une finesse incomparable, mais je me demande même si on l'apprécie à sa juste valeur après 3 whiskies déjà haut de gamme... Comme l'écrit Gaël Caté au sujet de ce Glen Grant : "C'est émouvant de déguster une essence même de whisky"... en effet, mais son prix aussi est émouvant (299€). Pour l'instant, je préfère largement deux bouteilles pour ce prix là, qui me procureront chacune au moins autant de plaisir. Un jour, sans doute, je saurai me rendre aux charmes de ces très vieux millésimes !

La trêve d'été est donc lancée au Club, mais septembre va voir l'événement de l'année pour tous les amateurs, avec le Salon du Whisky, qui migre pour la première fois du Palais Brongniart vers les salons de Christie's. Placé sous le signe des collectors, on en meurt littralement d'impatience, d'autant plus qu'il y aura quantité d'événements organisés en marge du salon : Whisky & Cocktail, Whisky & Wine, Rugby Live, Whisky & Women, Whisky & Food, Whisky & Cigare... Ha, si seulement j'avais le don d'ubiquité ! Encore merci à cette équipe de passionnés qui nous procure tant d'émotions.

22:00 Publié dans Whisky | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : whisky, alcool

16 juin 2007

Dégustation du 14/06/07 - Soirée The Balvenie

La soirée du Club de la Maison du Whisky de chaque mois de juin, avant-dernière de la saison, est en général exceptionnelle. L'an dernier, c'était au Mercedes-Benz Center. En 2007, autre lieu exceptionnel : la fondation Done-Thiers, qui abrite une précieuse bibliothèque consacrée à l’histoire de France au XIXe siècle, dans un élégant hôtel particulier de style Louis XVI, qui donne sur la très jolie place Saint-Georges dans les beaux quartiers du 9e arrondissement de Paris.


Vue sur la place St Georges depuis la fondation Done-Thiers

Au programme : une soirée spécialement consacrée à toute la gamme de The Balvenie, distillerie bien connue du Speyside, en présence de David Stewart, maître de chais de la vénérable institution produisant uniquement des single malts. Pour l'occasion, cette soirée était organisée en collaboration avec la Maison des Trois Thés sous l'égide de Yu Hui Tseng, experte en thé de renommée mondiale. Tseng et Stewart ont ainsi choisi de jouer le jeu des associations pour The Balvenie, single malt à l’élaboration artisanale dont la qualité et la palette aromatique présente des similarités marquées avec des thés d’exception choisis par la Maison des Trois Thés (thés ayant des productions n'excédant pas les 800 kg de récolte annuelle).

C'est justement par une séance de dégustation en comité restreint, dans une des salles de la bibliothèque au premier étage de la fondation, que nous avons débuté la soirée, en partant à la découverte de deux associations whisky/thé, actuellement commercialisées pour la fête des pères sous forme d'un coffret original :

1. The Balvenie 10 ans Founders / Thé Gan Xiang (bleu-vert, semi-fermenté)
2. The Balvenie 14 ans Roasted Malt / Thé Yun Hong (rouge, fermenté)

Le 10 ans, aux notes de fruits mûrs (pomme, prune) et de fruits exotiques (ananas), agrémentés d’épices et de vanille, fait écho au caractère persistant du Gan Xiang, marqué par des parfums de zestes d’agrumes et de fruits jaunes équilibrés par des notes miellées.

Le 14 ans Roasted Malt, fruité (pomme, mirabelle) et miellé, évolue vers des notes chaleureuses fumées, toastées, et de fruits secs, avec un boisé bien présent, contrastant ainsi avec la fraîcheur élégante du Yun Hong, rond et doux, aux accents fruités d'abricot et de pomme mûre.

A mon avis, l'accord du 10 ans Founders avec le Gan Xiang, jouant l'alliance du fruité intense, était plus réussi. Mais contrairement aux idées reçues, le whisky n'"écrase" pas le thé si la palette aromatique n'est pas en totale discordance ; au contraire, l'un et l'autre peuvent souligner leur similitudes et leur complémentarité. Le but est simplement de montrer que la complexité de chacun de ses breuvages nécessite le même vocabulaire, évoquant des notes bien souvent identiques. En dehors de cela, il n'est pas question de mélanger l'un à l'autre...


Deux beaux accords thés/whiskies fins et élégants

Une fois de retour au rez de chaussée de la fondation, chaque version de The Balvenie était en dégustation à un stand, avec plusieurs fort agréables bonus. Passons sur le 10 ans et le 14 ans roasted, déjà dégustés avec les thés, pour se focaliser sur deux versions particulièrement intéressantes : le 15 ans Single Barrel (47,8%) et le 17 ans New Wood (40%).

Le 15 ans, disponible en quantité très limitée, puisque provenant d’un seul fût de bourbon (Single Barrel), possède un nez puissant avec de fortes notes d’écorces d’orange. La puissance se retrouve totalement bouche (les 47,8% sont bien là), mais sa rondeur et sa finale sèche en fin un whisky très facilement buvable. Le stand proposait en accompagnement une gélatine glacée au thé Gan Xiang. A 62 € la bouteille, le rapport qualité prix ne me paraît tout de même pas assez compétitif.

Néanmoins, le stand phare de la soirée était celui consacré au Balvenie New Oak 17 ans (92 € la bouteille), vieilli en fûts de chêne blanc américain, pour un single malt aux notes d’épices et de vanille. Ce single malt séjourne 4 mois dans des fûts neufs et toastés, c’est à dire sur-brûlés puis humidifiés pour activer les tannins du bois. Un exercice qui nécessite une parfaite maîtrise du processus pour que la fougue du bois de chêne neuf n’emporte pas le caractère originel du distillat.

Le point fort de ce stand était l'association avec un macaron estampillé Pierre Hermé, le célèbre pâtissier, qui avait créé pour l'occasion une recette de sa spécialité : des macarons au thé Gan Xiang. Une association sucrée qui adoucit les puissants arômes de bois de ce Balvenie New Oak. Le macaron, fin et crémeux, était une totale réussite dans lequel les notes d'agrumes et de fruits jaunes resortaient avec beaucoup d'élégance, magnifique réponse à l'amertume des agrumes du nez de ce malt. Je ne sais pas combien j'ai mangé de macarons, mais même à la fin, quand pratiquement tout le monde était parti, il en restait encore. Merci Monsieur Hermé pour la recette et merci à ceux qui ont payé la facture... !

Quelques commentaires sur ce 17 ans. Son nez est assurément très fin et complexe. Il est marqué par les fruits mûrs (pomme) et l'amande. La bouche est presque huileuse. L'affinage en fût neuf est souligné par des notes de vanille et de noix et évolue vers les épices. Belle amertume. La finale est douce et marquée par les fruits secs. Un beau malt néanmoins un peu cher, quand on voit ce qu'on peut avoir pour des prix équivalents chez des embouteilleurs indépendants.

Enfin, le haut de gamme était présent aussi par l'intermédiaire du 21 ans Portwood (40%), à peine plus cher (97 €). Vieilli pendant 21 ans en fûts traditionnels, ce single malt passe quelques mois dans des fûts ayant contenu des portos prestigieux durant près de 30 ans. Cette maturation marque sensiblement ce malt, avec des notes de fruits très mûrs (pêche, abricot) typiques de l'affinage au porto. En bouche, il est d’une extrême rondeur, suave et délicat. La finale est cependant assez courte et pas spécialement mémorable. Une version brut de fût était proposée à la dégustation, ce qui était une comparaison fort intéressante puisqu'elle n'est pas commercialisée. Si cette fois on y trouvait la puissance qui me manquait, il faut bien reconnaître que la subtilité y était moindre.

The Balvenie ne produit clairement pas le type de malts prompts à me faire craquer illico presto. Je mettrais à la limite volontiers le 17 ans New Oak dans mon bar si le prix en était plus compétitif. The Balvenie est néanmoins une des grandes distilleries du Speyside, et merci au Club pour cette soirée extrêmement agréable et réservée à des chanceux, il faut le reconnaître.

13:05 Publié dans Whisky | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : whisky, balvenie, macaron, cuisine

15 juillet 2006

Dégustation du 07/07/06 - Port Ellen, Glenglassaugh, Talisker

Par manque de temps, pour une fois, je renvoie à la note du blog de la Maison du Whisky pour le détail et les commentaires de dégustation.

Ma réaction sur cette soirée :

Quelle soirée... Que dire, nous sommes gâtés !!! Je ne m'attendais pas à de tels calibres pour cette soirée "vieux millésimes".

Le Glenglassaugh était assurément la vedette de la soirée.

Un peu déçu par le Port Ellen au début, je l'ai regoûté à la fin, et... plus rien à voir ! La subtilité vantée par Jean-Marc était là, cette fois...

Le Talisker m'a semblé un peu trop vieux, ou trop marqué par le sherry. Je lui ai trouvé trop peu de complexité, mais c'était la première fois que je goûtais à un whisky de cet âge et j'ai été frappé de constater à quel point on "sent" le poids des âges, comme un vieux bordeaux ou un vieux cognac peuvent le faire. C'est indéfinissable et pourtant immanquable.

12:05 Publié dans Whisky | Lien permanent | Commentaires (0)

07 juin 2006

Dégustation du 01/06/06 - Glenmorangie, Bushmills, Johnnie Walker, Ardbeg, Talisker, Lagavulin


La dégustation de juin avait lieu dans un endroit prestigieux : le plus beau show room de France de Mercedes, le Mercedes-Benz Center à Rueil-Malmaison. Au programme, pas moins de 6 distilleries différentes et 8 whiskies à déguster (!), avec découvertes d'alliances gustatives des plus intéressantes...

Les plus blasés argueront que les distilleries étaient "bien connues" et n'apportaient donc nulle découverte, ce à quoi je rétorquerai immédiatement que le Club n'est pas constitué que d'experts (pour ma part, je n'avais jamais rien dégusté de 3 distilleries sur 6), et que les produits proposés par ces maisons étaient souvent loin de constituer des versions dégustées couramment.

Les 6 distilleries étaient réparties en 6 stands, disséminés dans le MBC (3 au rez-de-chaussée, 3 à l'étage), ce qui permettait de profiter des fantastiques Mercedes exposées (en dehors des voitures de luxe à vendre, dans lesquelles on pouvait même monter, il y avait des parties "musée" avec des SL300 d'exception, etc.). Mais il n'y avait pas que le lieu qui était prestigieux ; nombre de distilleries avaient choisi des versions très haut de gamme de leurs produits... Voici un petit compte-rendu, stand par stand, dont l'ordre est celui qui était suggéré par l'organisation afin de ne pas se casser le palais.

Glenmorangie : Cette distillerie est célèbre (entre autres) pour ses alambics pot still les plus hauts d’Ecosse (5m13). Ces alambics jouent un rôle prépondérant dans le caractère léger et subtil du Glenmorangie. Seules les vapeurs d’alcool les plus volatiles sont en effet récupérées. La version proposée ce soir là était l'Artisan Cask (46%), un single malt distillé en 1995, vieilli en fût de bourbon de premier remplissage. Le moins qu'on puisse dire c'est que ce whisky est surprenant : le nez est plutôt épicé avec des notes de caramel, et en bouche, il est très fin mais plutôt sucré (vanille), et la finale poivrée... un mélange fort surprenant ! Très agréable à boire, en apéritif ou en dessert j'imagine. Si j'ai bien compris, cette version sera mise prochainement en vente en France. Reste à voir le prix, car au Royaume-Uni cette version vaut à peu près 45 euros les 50 cl. (car attention, son flacon fait bien 50 et pas les traditionnels 70 cl...).

Bushmills : On ne présente plus Bushmills ! Voir au besoin la soirée spéciale Bushmills de mars 2006. Ce qui est super pour nous membres du Club, c'est que le Bushmills présenté ce soir était différent de ceux dégustés en mars ! Et toujours dans le haut de gamme : cette fois, c'est le 21 ans (40%), single malt vieilli en fûts de madère. Rien qu'au nez, on sait qu'on a bien affaire à un Bushmills (épices, miel...). En bouche, c'est d'une finesse vraiment extra, avec les notes subtiles de fruits (agrumes) et de chocolat... or justement, ce Bushmills était à déguster avec la première association de la soirée : une alliance de glace à la vanille/mandarine avec chocolat et morceau d'orange, chaque ingrédient étant censé souligner ces arômes présents dans ce whiskey. J'ai trouvé cela intéressant, sans être pour autant vraiment convaincu. Il m'a sembleé que ce Bushmills était trop fin et peut-être pas assez puissant (40% donc) pour faire face à cette bouchée (excellente par ailleurs !). Encore un Bushmills vraiment intéressant, mais au prix un peu trop élevé (environ 140 euros).

Johnnie Walker : Je vois d'ici des mauvaises langues rire sous cape. Quoi, Johnnie Walker, dont le Red Label est le whisky le plus vendu au monde, était présent à cette soirée ? Oui... Bien qu'on puisse snober les blends, JW propose plusieurs types de "labels", avec des qualités évidemment croissantes : Red, Black, Green, Gold et Blue. Je n'avais jamais rien bu au-dessus du Black, et ça tombait bien car on nous proposait du Green, et le top du top chez JW, le Blue ! Rappelons que JW est un mélange de single malts de 4 distilleries : Cragganmore et Linkwood (du Speyside), Caol Ila (île d'Islay), et Talisker (île de Skye). La bonne idée du stand était de proposer 4 whiskies de ces distilleries pour en apprécier le nez et voir comment on en retrouvait les composantes dans les blends de JW. Le Green (43 %, 15 ans - l'âge dans un blend désignant le plus jeune âge des single malts présents dans le blend) a assez peu d'intérêt à mon avis ; on retrouve ce manque de personnalité qui caractérise les blends. Par contre, avec le Blue, je comprends qu'on puisse aimer un blend. Mais à quel niveau de prix faut-il alors monter (environ 150 euros !). Même si la qualité est surprenante, ce qui me plaît le plus dans le Blue est constitué d'arômes que j'aime dans les single malts dont il est issu (Caol Ila et Linkwood notamment). Et désolé, mais à ce prix là, personnellement je préfère aller vers des single malts de ces distilleries. Mais c'était vraiment une chouette opportunité que de pouvoir enfin faire connaissance avec le Blue à l'oeil...

Intermède bar à cocktails


Un bar à cocktails était également à notre disposition, avec des produits autres que du whisky : du gin et de la vodka. Avant de monter à l'étage, je décidais de me rincer le palais avec un cocktail amer, et c'est ainsi que je pus découvrir une superbe vodka, française de surcroît (faite à Gaillac !), distillée cinq fois à base de pépins de raisin : Cîroc. On ne le trouve pas en grande surface, mais chez les cavistes, et pour environ 30 euros, voilà une belle affaire ! Découverte "dry" (même formule que pour le gin : vodka, avec un soupçon de Noilly-Prat, et une olive !), on peut dire que ce fut un surprenant et délicieux intermède !

Ardbeg : 4ème distillerie de la soirée, et le début des choses vraiment sérieuses ! Distillerie réputée mais uniquement auprès des connaisseurs (Ardbeg produit les single malts les plus tourbés d'Ecosse), j'avais hâte de découvrir enfin cette distillerie. Il y avait en fait deux stands Ardbeg : un où l'on pouvait déguster le single malt Still Young (56,2%, cask strength), et un autre où l'on pouvait découvrir une alliance avec des cigares (faits sur place, roulés à la main devant les amateurs ébahis) avec un autre single malt, Uigeadail (54,2%, cask strength). N'aillant découvert le stand "cigare" qu'à la fin (il était "caché" afin que la fumée ne perturbe pas la dégustation générale - excellente initiative d'ailleurs), j'avoue ne pas avoir pu me faire une idée fidèle du Uigeadail (après 7 whiskies, même avec rinçages entre chaque, le palais est à la fin quelque peu perturbé). Ce que je sais, c'est qu'il a été lancé en 2003, et créé à partir de fûts sélectionnés datant des années 1990 et certains bien plus anciens ayant contenu du sherry. Par contre, je peux parler du Still Young, qui doit son nom à ses 8 ans de maturation pour la version mise en vente en 2006 (contre 10 pour la première version portant un âge dans la gamme des Ardbeg).

Entièrement produit dans des fûts de premier remplissage, cette mise en bouteille est la deuxième d'une série annuelle provenant du même distillat. En 2004, une version 6 ans avait été mise en vente (Very Young). Chaque année, Ardbeg va sortir une version de ce distillat jusqu'à ce que ces fûts aient atteint l'age traditionnel de 10 ans.

 

Embouteillé à un taux d'alcool musclé de 56,2, le STill Young est très impressionnant ; ce n'est pas forcément subtil, mais il faut avouer que la séduction est quasiment immédiate. Ardbeg produit les malts les plus tourbés d'Ecosse ? Et comment ! La bouche est un feu d'artifice de tourbe, de fumée et de sel, avec une finale néanmoins herbacée, fruitée et longue, mais longue... Il y a un manque de complexité lié sans doute au jeune âge, mais pour une première rencontre avec Ardbeg, quelle rencontre ! Le prix de 49 euros en fait une sacrée affaire... Bravo !

Talisker : L'unique distillerie de l'île de Skye est bien connue. Nous avions droit ici au haut de gamme de Talisker, une version 20 ans cask strength titrant 58,8 %, vieilli en fûts de bourbon. Le whisky était ici proposé avec une alliance de saumon cru (une fine tranche roulée et fourrée de tapenade d'olive noire). Je dois dire que la fatigue des sens commençait à se faire sentir et c'est extrêmement dommage car je pense être passé à côté de ce Talisker, dont le caractère iodé s'accordait vraiment bien à mon goût avec la saumon (qui était d'une qualité irréprochable), mais j'ai eu le sentiment que c'était du whisky trop haut de gamme pour être marié ainsi à de la nourriture. Bref, à regoûter, les papilles reposées et sans accompagnement.

Lagavulin : L'exceptionnel était pour la fin, et ce n'est qu'à ce moment-là que j'ai compris notre erreur tragique. En arrivant au 6ème stand, et après avoir dégusté avant 6 whiskies, une vodka et des petits fours, même avec des rinçages réguliers, le palais n'est donc plus en état d'apprécier à sa juste valeur un whisky de la classe de celui proposé par Lagavulin ce soir là : le top du top de la distillerie, le 25 ans cask strength titrant 57,2%. Il aurait donc fallu sauter quelques stands et venir directement à celui-ci, ce qu'on fait visiblement des connaisseurs par ailleurs bien peu respectueux de leurs pairs, puisque des indélicats se sont grassement servis et re-servis, tant et si bien que de nombreuses personnes n'ont rien eu (nous avons eu les dernières gouttes de l'ultime bouteille). Carton rouges à ces égoïstes et carton jaune au stand qui aurait pu assez facilement repérer qui venait se re-servir.

Le Lagavulin 25 ans, limité à 9000 bouteilles, coûte quand même la bagatelle de 240 euros. Avec 2cl dans le verre, on nous en offrait déjà en gros 7 euros de valeur commerciale. En outre, ce Lagavulin était proposé avec une alliance curieuse mais excellente : pain d'épice avec morceau de roquefort, poire et bergamote, chaque ingrédient étant censé se retrouver dans le whisky. Cette fois, j'ai pris soin de déguster séparément le whisky. J'en ai un souvenir exceptionnel. Là encore reste la frustration de ne l'avoir évidemment pas apprécié à sa juste valeur donc je n'en parlerai pas.

Conclusion : Une soirée très bien organisée (navettes pour nous emmener au MBC depuis la Porte Maillot, navettes pour le retour avec trois horaires différents...), des distilleries pour la plupart très connues mais proposant des versions très haut de gamme, des alliances avec des produits de très belle qualité, un lieu exceptionnel... Franchement, c'était fantastique, mais peut-être... trop ! Trop de bonnes choses en trop peu de temps (les deux heures sont passées à une vitesse...), et une sensation un peu absurde de frustration, du coup ! Sensation de ne pas avoir apprécié les plus beaux whiskies proposés à l'étage, faute de temps. Personnellement, il m'a manqué évidemment l'aspect chaleureux des dégustations habituelles à l'aveugle avec les commentaires de Jean-Marc ou de Corinne, mais c'était ici impossible bien entendu ! Cela aurait été plus intéressant que les échanges avec le personnel de certains stands qui nous ont pris soit pour des novices (étaient-ils au courant que c'était une dégustation pour les membres du Club de la Maison du Whisky ?), soit pour des clients potentiels à qui il fallait vendre le produit (Johnnie Walker, hum...). C'était toujours gentil, mais pas forcément adapté au profil des membres du Club. Ce sont des détails évidemment mineurs qui ne rabaissent en rien le plaisir éprouvé lors de cette soirée, dont l'existence était une véritable chance. Encore MERCI !

16:00 Publié dans Whisky | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Alcools!, alcools, alcool, whisky

15 mai 2006

Dégustation du 09/05/06 - Redbreast, Linkwood, Bowmore

La quatrième dégustation de l'année avait lieu dans le pub irlandais O'Sullivans où nous étions de retour pour la seconde fois (cf. dégustation de mars).

Contrairement à la dégustation de mars, nous n'étions pas 130 membres du Club à être présents, mais sans doute à peine la moitié ; c'est assez étonnant vu que les vacances scolaires de la zone parisienne étaient terminées, mais c'était du coup beaucoup plus calme et grâce aux dimensions confortables de la salle, tout le monde était assis. Un GRAND merci à Corinne de la Maison du Whisky pour avoir demandé aux fumeurs d'essayer de se retenir pendant la dégustation. Le plaisir du nosing en fut décuplé !

C'est extrêmement agréable de voir un Club être aussi à l'écoute de ses membres. Ceci a en outre encore été vérifié par les prix des trois whiskies dégustés ce soir là, brossant une large gamme de prix.

Redbreast 15 ans, small batch, 46%




Pure pot still irlandais provenant de l’assemblage de quelques fûts (moins de 20), ayant contenu du bourbon et du sherry.


  • Nez: puissant (alcoolisé), boisé, herbacé, quelques notes de fruits mûrs.

  • Bouche: miel, épices.

  • Finale: sucrée, puis légère amertume, (trop) courte.

Impossible de ne pas reconnaître immédiatement un whiskey. Pour 55 euros, il me paraît nettement plus intéressant niveau rapport qualité/prix que les Bushmills dégustés en mars. Je regrette tout de même vraiment la prépondérance de l'alcool ; bien qu'il ne titre que 46%, les subtilités au nez tendent à être écrasées.

Linkwood 1990, single cask, 45%




Single malt irlandais de Speyside, provenant d’un fût unique de sherry de premier remplissage (fût n° 6950). Cette version de négoce mise en bouteille par Gordon & MacPhail appartient à la gamme Single Cask créée par la Maison du Whisky.


  • Nez: mentholé, épicé.

  • Bouche: puissante, marquée par le sherry, avec des touches sucrées.

  • Finale: florale.

Ce Linkwood n'a vraiment rien à voir avec celui dégusté en février. La différence en dehors de l'âge ? Celui de 1980 provenait d'un fût de deuxième remplissage, alors que celui-ci provient d'un fût de premier remplissage, et il est très (trop pour beaucoup) marqué par le sherry. Pourtant, ce whisky ne manque pas de complexité et possède des nez, bouche et finale vraiment différenciés. Pour 54 euros, c'est une bonne affaire pour qui aime le sherry bien marqué. Pas un Speyside banal en tout cas !

Bowmore 1982, single cask, 54,7%


Single malt de l'île d'Islay provenant d'un fût unique de bourbon, mis en bouteille par Duncan Taylor.


  • Nez: assez aigre, épicé.

  • Bouche: violette très marquée en attaque, puis iode.

  • Finale: très finement tourbée, poivrée.

L'Islay le plus surprenant que j'ai pu boire jusqu'à présent ! La prépondérance de la violette en bouche est déstabilisante, mais ceci disparaît pour faire place au caractère plus marin (et habituel) des Islay. Assurément un whisky qu'on adore ou déteste, et une dégustation s'impose vu le prix (121 euros). Pour celui qui a les moyens, voilà un whisky vraiment original (et très fin...) à posséder dans sa collection pour surprendre ses amis.

17:45 Publié dans Whisky | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Alcools!