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30 avril 2006
Silent Hill

Le troisième film de Christophe Gans est frustrant. On sait à quel point l'homme est cinéphile ; ses activités de rédacteur en chef des cultissimes (et regrettés) magazines spécialisés Starfix (dans les années 80) et HK Orient Extreme Cinéma (fin 90's) sont très souvent bien plus appréciées des cinéphiles que ses deux premiers films (Crying Freeman et Le Pacte des Loups).
Alors quand Christophe Gans s'est attaqué à son troisième film avec d'autres passionnés comme Roger Avary au scénario (le génialissime co-auteur de Pulp Fiction, mais aussi réalisateur et scénariste des Lois de l'Attraction, adapté du roman de Bret Easton Ellis) et Carol Spier comme chef décorateur (le complice de David Cronenberg qui a travaillé sur quasiment tous ses films), bien des cinéphiles s'impatientaient.
Le jeu vidéo Silent Hill a, paraît-il, révolutionné le monde des jeux de survival grâce à une ambiance unique privilégiant le psychologique à l'action. Ne jouant à aucun jeu vidéo, cela m'avait plutôt rassuré car les précédentes adaptations de jeux vidéos sur grand écran ont donné ce que l'on sait (Resident Evil, Doom... hum).
Premier bon point, Silent Hill n'est effectivement pas une grosse crétinerie où le but est de tuer un maximum d'aliens. L'histoire de cette petite fille qui disparaît dans la ville fantôme de Silent Hill joue plutôt la carte du mystère et de la détresse psychologique. Deuxième (très) bon point, l'esthétique du film est à couper le souffle, du moins à mon goût. L'arrivée de Rose (la mère de Sharon, la petite fille qui a disparu dans la ville abandonnée) à Silent Hill, sous cette fine pluie de cendres, dans cette atmosphère grisâtre et terriblement lugubre, restera sans doute gravée dans les mémoires. Gans parvient ainsi plusieurs fois à de purs moments de grâce. Que l'on cherche ensuite du côté des décors, des costumes, de la photographie, des effets spéciaux (rares, mais bien dosés et très réussis), des mouvements de caméra, tout concourt à une mise en scène plutôt stupéfiante et finalement pas étonnante de la part d'un fou de cinéma comme Gans, mais il fallait le faire. Chapeau...
Mais, il y a un gros mais. Passé la première heure, on se demande où va le film d'un point de vue de l'action. Ne connaissant pas le jeu vidéo, je ne peux pas dire si c'est voulu, mais on a le sentiment que Rose se rend de lieux en lieux comme dans un jeu vidéo, justement, et c'est désagréable, car même si cela doit faire plaisir aux fans du jeu, ce n'est pas très intéressant d'accumuler ces scènes, aussi belles et stressantes soit-elles.
Heureusement, l'action se reprend salutairement quand Rose se retrouve épaulée de personnages secondaires, mais au bout d'1h30, on comprend que le film est long, trop long, il n'a pas assez de substance pour occuper utilement ses 2h07, totalement injustifiées. La fin est en outre un gros galimatias qui part en vrille, exactement comme la fin du Pacte des Loups. Je reste donc totalement déçu qu'un talent du calibre de Roger Avary n'ait pas su proposer un scénario plus cohérent et plus concis. L'influence du producteur Samual Hadida aurait-elle joué ?
Au final, peu importe, Silent Hill a beau être sans doute la première adaptation non vaine d'un jeu vidéo au cinéma, il n'est finalement qu'un très, très bel objet à qui il a manqué un peu de fond pour être un des plus formidables films d'horreur pyschologique que l'histoire du cinéma ait compté.
7/10
09:40 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma
25 avril 2006
Slither (Horribilis)

Slither, du verbe anglais signifiant "glisser", "onduler", n'évoque rien à un Français. Le film a donc été rebaptisé de manière crétine en Horribilis. Soit. L'affiche américaine, plutôt classe, a été conservée, elle, heureusement. Il faut donc regarder de plus près pour voir en quoi consiste ce film d'horreur particulier.
Son réalisateur, James Gunn est le scénariste de l'excellent Dawn Of The Dead (L'Armée des Morts, qui a donné lieu au terrible remake parodique Shaun Of The Dead), mais aussi des deux Scooby-Doo ! Là réside son tour de force : accepter de faire du travail pour films "grand public" afin d'obtenir l'argent permettant de réaliser des projets personnels beaucoup plus audacieux. Et quand on sait que James Gunn vient de l'écurie Troma, ça promet... Troma, c'est une société de production de séries Z fauchées, terriblement incorrectes (très crades et bourrées de références sexuelles), tournées en dix jours maximum, souvent avec des acteurs amateurs (la plus connue est The Toxic Avenger, 1985, dont un extrait est visible dans Slither).
Son fondateur, Lloyd Kaufman (qui fait un caméo dans Slither), fait ainsi depuis plus de 30 ans un gros doigt à Hollywood, et offre l'opportunité à n'importe quel talent caché de se révéler, en laissant un contrôle artistique total aux jeunes à qui il permet de tenter leur chance. Le plus connu des anciens disciples de Troma est ainsi Trey Parker (le père de South Park). Mais Troma a également vu les premiers rôles d'acteurs comme Kevin Costner (!) ou Billy Bob Thorton. Même nos Edouard Baer et Ariel Wizman nationaux ont fait des apparitions dans des productions Troma. Ce dernier est encore aujourd'hui probablement le représentant des films indépendants le plus populaire de l'histoire du cinéma américain.
James Gunn n'a pas oublié d'où il venait et Slither a été pour lui l'opportunité de réaliser un film fidèle à l'esprit Troma mais avec... un gros budget. Et là, ça change évidemment tout, on passe de l'underground à un public moins pointu, ayant tâté ces derniers temps au gore, qui a le vent en poupe (ex. : The Descent, Hostel de Eli Roth - lui aussi issu de l'école Troma, tiens tiens !).
Slither situe son action dans un village de l'Amérique profonde, peuplé de red necks, dont le principal événement de l'année est l'ouverture de la chasse au cerf. Une créature venue de l'espace va féconder un riche beauf, qui se transformera en monstre repoussant et contaminera tous les habitants via des larves sanguinolentes et rampantes (d'où le titre Slither), qui s'introduisent chez les humains par la bouche...
De la série Z, Gunn a conservé l'aspect décalé, trash, crado, parfois débile. Il a su porter cela un niveau au-dessus en y ajoutant un humour satirique, parodique, cru, qui en fait une farce horrifique méchamment incorrecte. Enfin, le film arrive dans la catégorie des séries B grâce à la qualité de sa réalisation, et de ses effets spéciaux, qu'ils soient au niveau des trucages, décors ou palette numérique.
On ne peut pas dire que le film fasse peur, mais certaines scènes abominablement dégueulasses peuvent faire pousser quelques exclamations d'indignation, ou plutôt de jubilation si le film est destiné à un samedi soir entre potes, ce en quoi il constituera un divertissement d'excellente qualité.
7/10
15:45 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma
24 avril 2006
V for Vendetta

Décidément, les frères Wachowski ont un problème avec les scénarii. Si leur talent de metteur en scène n'est plus à contester, il est ainsi dommage qu'ils aient écrit (et produit) l'adaptation de cette bande dessinée et laissé la réalisation à un tiers (premier assistant habituel des Wachowski). Pourquoi ne pas avoir fait appel à un vrai scénariste, quelqu'un dont c'est la spécialité et qui sait adapter une histoire, et prendre en charge eux-mêmes la réalisation ?
En effet, où est passé l'ambiguïté du comic book d'origine d'Alan Moore ? Sans avoir pu à ce jour le lire, on m'en a tellement vanté les mérites que je m'attendais du coup à une oeuvre subversive intelligente. Le film n'est finalement qu'un blockbuster se drapant d'une respectabilité factice en faisant semblant de nous poser la question : le terrorisme est-il justifié lorsqu'il est utilisé pour une cause noble, comme faire retrouver la liberté à un peuple soumis à une dictature ?
Le film se permet une réponse sous forme d'une contradiction incroyable avec une fin incohérente où il est montré que le soulèvement du peuple peut suffire, mais vu qu'on est dans un blockbuster, il faut de l'action, donc le passage à l'acte terroriste attendu depuis le début du film sera tout de même exécuté même s'il est inutile.
Avant d'en arriver là, il aura fallu se taper 2 heures de verbiage, saupoudrées de deux scènes en particulier reprenant le fameux Wachowski-style (quand même, faut pas décevoir ceux qui étaient venus retrouver la patte des créateurs de Matrix).
Là où le film est vraiment subversif, c'est que ce blockbuster se laisse regarder malgré tout grâce à sa réalisation fluide, la beauté de ses décors, le charisme de Natalie Portman, et la composition du héros V (belle prouesse que d'avoir réussi à le doter d'une personnalité alors qu'il ne quitte pas un seul instant son masque). Oui, l'esthétique de V For Vendetta est bien plus pointue qu'un blockbuster habituel et on peut y voir sans aucun doute la patte des Wachowski derrière. Maintenant, on est en droit de se poser la question si les frangins sauront s'extirper de l'ambition de ratisser (trop) large et de pondre des divertissements certes très bien emballés, mais plutôt creux...
6/10
14:20 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma
20 avril 2006
OSS 117, Le Caire nid d'espions

Le domaine de la comédie française à grand budget semblait totalement sinistrée, à force d'être vulgarisée et/ou nivelée par le bas par les Bronzés, Michael Youn, Kad&O, etc.
Quelle surprise de trouver donc enfin une comédie impertinente sans être trash, qui ne fonctionne pas par juxtaposition de gags, et qui dispose d'une direction artistique très claire et partaitement contrôlée, servie par un budget conséquent qui, pour une fois, n'est pas parti dans des cachets de stars censées servir de faire-valoir.
OSS 117 est une réussite étonnante, qui tient avant tout au fait qu'il s'agit bien plus d'un pastiche que d'une parodie (on a affaire ici à une imitation d'un style, et pas à un détournement à l'extrême des codes comme dans Austin Powers). Les qualités du film sont si nombreuses qu'il est difficile de les citer toutes, mais en voici les grandes lignes :
1) La manière de filmer reproduit exactement la syntaxe et grammaire cinématographiques des films des années 40 et 50 : pellicule (Technicolor), trucages (maquettes pour les avions, fond déroulant lors des déplacements en automobile, etc.), décors (très grands cartons-pâtes magnifiquement soignés), éclairages (notamment ombres portées), musique d'époque marquant avec insistance les événements, prononciation des acteurs reproduisant le doublage de l'époque avec chaque syllabe appuyée, vocabulaire désuet... Les moyens employés confèrent immédiatement une authenticité redoutable. Visuellement, le style est superbe, on a l'impression de retrouver la ligne claire de BD comme Blake et Mortimer ou Tintin.
2) Le scénario, de Jean-François Halin (scénariste de l'âge d'or des Guignols, entre autres), est brillant. Non pas par sa complexité (OSS 117 étant très bête, l'intrigue ne pouvait pas être fouillée), mais par sa verve (qui ne déplaira pas à ceux qui apprécient le regretté ancien humour Canal+). L'idée géniale de Halin est d'avoir évité d'adapter un roman original d'OSS 117 pour créer une histoire de toute pièce ayant pour situation le Moyen-Orient. Il parvient ainsi avec un brio époustouflant à brocarder la France coloniale tout en jouant sur le décalage historique et l'image tendue du monde arabo-musulman d'aujourd'hui. On parvient ainsi à sourire tout au long du film, qui n'a aucun temps mort (très grande qualité), et qui ne cherche pas le gag énorme ponctuant de longues plages ennuyeuses au rôle de bouche-trou.
3) OSS 117 est le Jean Dujardin show, et on se demande qui d'autre que Dujardin aurait pu incarner ce mélange de bêtise et d'élégance. L'acteur semble totalement jubiler à incarner cet agent secret catastrophe à la fois inculte, misogyne, raciste, homophobe, condescendant, et pourtant honnête, séducteur, raffiné et naïf. Le talent comique de Dujardin est phénoménal dans ce registre à l'équilibre délicat et devrait conquérir ceux qui ont eu du mal avec la forme de Brice de Nice.
Décalé, pétillant, original, sans être jamais lourd, racoleur ni méchant, OSS 117 est la preuve qu'il ne faut pas totalement désespérer du cinéma de divertissement français. Certes, on n'est pas dans le schéma du film calibré pour un prime-time de TF1, mais j'espère que le succès sera au rendez-vous en salles. Cela pourrait être salutaire pour notre cinéma.
8/10
14:00 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma
19 avril 2006
Inside Man

Le nouveau long-métrage de Spike Lee est un film de commande, ce qui n'a rien de déshonorant, quand on voit ce que Cronenberg a fait de A History Of Violence.
Sur le thème hyper rebattu du braquage de banque, Spike Lee hérite néanmoins d'un scénario plutôt original, où le casse se fait sans aucune violence, et ressemble plus à une partie de poker entre le flic (Denzel Washington) et le cerveau de la bande (Clive Owen).
Hélas, j'ai trouvé que le film était beaucoup trop long (2h10) pour tenir le spectateur en haleine. Le suspense trébuche constamment sur des scènes verbeuses où Washington débite des blagues dans le plus pur style années 80 (je pense à John McTiernan et ses Die Hard).
Son cabotinage est un poil exaspérant et aurait été bienvenu dans un braquage de pur divertissement comme Ocean's 11 ; mais le film de Spike Lee semble hésiter entre ces deux directions : le divertissement éhonté (les personnages de policiers pas crédibles une seconde) et le thriller psychologique, saupoudré de messages politiques intégrés au scénario de manière assez lourde (critiques "gros sabots" de la violence à travers le jeu vidéo, ou encore du racisme à travers certains otages).
Le film se laisse regarder néanmoins grâce aux acteurs (irréprochables Clive Owen, Christopher Plummer, Jodie Foster, Willem Dafoe), et à la redoutable maîtrise technique de Spike Lee, épaulé de surcroît du chef opérateur de Darren Aronofsky. Mouvements de caméra fluides, cadrages futés, montage judicieux (scénes flash-back bien trouvées), photographie superbe, voilà au moins un aspect irréprochable.
Spike Lee ne fait guère plus l'objet de sélection en grands festivals (il faut remonter à She Hate Me en 2002 pour une sélection au festival de Berlin par exemple), et cela ne me surprend pas outre mesure, hélas.
7/10
10:25 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma
18 avril 2006
Dégustation du 11/04/06 - Aberfeldy, Caol Ila
La troisième dégustation de l'année était scindée en deux sessions, en raison du succès (mérité) du Club, ce qui rend impossible de faire tout le monde désormais dans le pub écossais The Auld Alliance où nous étions de retour (cf. dégustation de février).
Du coup, nous étions à peine une cinquantaine (les vacances de Pâques aidant), mais c'était plus intimiste et plus agréable : moins de brouhaha, moins de fumée (haaaa!). Par contre, pas de haggis en raison d'un "problème technique" (?), et pas de micro en raison d'un problème de sono. Pour compenser, nous eûmes le droit à la fin d'être resservi du whisky de notre choix... Classe !
Je salue le Club d'être autant à l'écoute de ses membres : cette fois, nous eûmes droit à des whiskies aux prix plus abordables (entre 40 et 70 euros), ce qui moins frustrant quand on craque pour l'un d'entre eux... et ce fut encore le cas !
Aberfeldy 1993, single cask, 46%

Single malt irlandais des Lowlands, non filtré à froid, vieilli en fût de sherry, mis en bouteille par Gordon & MacPhail.
- Nez: très alcoolisé, quelques notes de fruits type abricot. Peu inspiré pour ma part.
- Bouche: Très sèche, évoque la mirabelle, mais la pauvreté du nez est confirmée hélas en bouche à mon avis.
- Finale: très courte, ne m'a rien évoqué en particulier.
Caol Ila 1996, single cask, 57%

Single malt irlandais, cask strength, vieilli en fût de bourbon, mis en bouteille par Berry Brothers.
- Nez: épices, tourbe (en retrait), notes florales. Très joli équilibre.
- Bouche: huileuse, puissante, fumée, cendre, végétale.
- Finale: poivrée, puis sucrée.
Caol Ila 1994, small batch, 58,2%
Single malt irlandais, cask strength, vieilli en fût de bourbon, mis en bouteille par Gordon & MacPhail.
- Nez: léger mais incroyablement fin et original, mélage de fruits frais, d'agrumes et de tourbe.
- Bouche: finement épicée, magnifiquement riche et complexe. Notes herbacées, fruits mûrs...
- Finale: équilibrée et fort longue, légèrement iodée, avec toujours une persistence des fruits mûrs.
Bilan : une soirée plus relaxante, avec des whiskies plus abordables, sans sacrifier la qualité... Que demander de plus ?
11:40 Publié dans Whisky | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Alcools!
13 avril 2006
French Connection - William Friedkin à la Cinémathèque

Cette note est une exception qui confirme la règle que j'avais choisi : écarter de ce blog tous les films que je vois en reprise pour me concentrer sur les nouveautés, principalement par manque de temps. Pourtant, l'offre de reprises à Paris est pléthorique et je me suis récemment régalé de cycles consacrés à des réalisateurs (comme Krzysztof Kieslowski, j'ai pu ainsi aller voir la trilogie Trois Couleurs: Bleu, Blanc, Rouge), ou thématiques comme les MK2 Quai de Seine et Quai de Loire en propose sans arrêt (avec une programmation d'une qualité extrême, les choix s'avèrent difficiles mais j'ai récemment craqué pour The Sweet Hereafter d'Atom Egoyan ou Dead Man de Jim Jarmush).
Mais le gros poids lourd est désormais la Cinémathèque, ré-ouverte en septembre 2005 dans ses nouveaux locaux de l'ex-American Center conçu par l'architecte Frank Gehry, à Bercy. Et depuis, la Cinémathèque n'a de cesse d'aligner des expositions (Renoir/Renoir, dorénavant Almodovar...), rétrospectives, cycles, cartes blanches, d'une variété et d'une qualité telles qu'il faudrait prendre un congé sabbatique pour pouvoir vraiment en profiter. Tant bien que mal j'ai réussi à voir environ la moitié des films de David Cronenberg lors de la rétrospective qui lui était consacrée en novembre 2005 ; j'ai réussi à aller voir Kiss Me Deadly (En Quatrième Vitesse) de Robert Aldrich après m'être heurté une première fois à une séance complète (en fait, toutes le furent, et ce n'est qu'en réservant mon billet plusieurs semaines à l'avance que je pus enfin aller voir ce chef d'oeuvre), etc.
On prend conscience à quel point Paris est la capitale mondiale du cinéma non seulement grâce à l'existence et à l'activité bouillonante de ce temple du cinéma, mais aussi à l'affluence stupéfiante à laquelle la Cinémathèque fait face depuis sa ré-ouverture (il est quasiment impossible d'avoir une place dès qu'un Billy Wilder ou un Hitchcock sont programmés).
La séance d'hier soir pour French Connection (1971) ne me fait pas mentir car la plus grande salle (415 places) de la Cinémathèque, baptisée Henri Langlois, était complète. C’est une des plus 3 plus belles salles de cinéma à Paris, très confortable, avec une pente étudiée pour qu'une personne un peu "trop" grande ne gâche pas la vue à son voisin de derrière. Equipée du 16 au 70 mm en passant par le nec plus ultra numérique, et bénéficiant des meilleurs systèmes de reproduction audiophile, les conditions de projection sont d'un niveau technique redoutable. Les sous-titres s'affichent sur un panneau électronique, en dessous de l'écran, préservant ainsi totalement la vision de l'image pour ceux qui sont bilingues, et la luminosité des lettres se détachant en rouge sur le panneau permettant à quiconque de lire parfaitement les sous-titres en toutes circonstances.
Révélé au grand public pour deux succès commerciaux couverts d’Oscars (pas moins de 5 pour French Connection et 2 pour L’Exorciste), William Friedkin occupe une place à part dans le renouveau d'Hollywood dans les années 1970, aux côtés de De Palma, Scorsese, Spielberg, Lucas... Friedkin est l’auteur d’un cinéma brutal, ambigu et complexe, riche en spectaculaires morceaux de bravoure.
French Connection (1971) est un polar très documenté, célèbre entre autres pour sa folle course-poursuite en plein New York entre une voiture et une rame de métro. Avec le temps, le film s’est révélé plus encore un renouvellement profond du genre et l’une des oeuvres majeures du cinéma américain des années 70. Voir ce film plus de 30 ans après sa sortie laisse pantois devant la virtuosité des prises de vue, et le rythme infernal du film. A ce sujet, Friedkin déclare:
"Je voulais que la caméra suive tous les déplacements des personnages. Je voulais qu’on puisse filmer dans l’axe où se trouve normalement l’équipe technique ou, comme au théâtre, le public. J’ai tenté cette expérience car je trouvais intéressant que le public soit placé dans une position inconfortable, qu’il ne soit pas rassuré en quelque sorte par un cadre bien déterminé. Tout cadre doit pouvoir être brisé à n’importe quel moment et emmener ainsi le spectateur n’importe où"
Il m'est impossible d'imaginer le choc qu'a dû produire un tel film à l'époque, car même encore en 2006, le style de French Connection paraît novateur. Pour les parties caméra à l'épaule (style documentaire), la violence, et le thème à l'époque nouveau de l'ambiguité totale des personnages principaux (des flics à la dualité certaine, en aucun cas des "héros"), on pense de nos jours à la série télévisée The Shield, par exemple.
Cerise sur le gâtreau, Friedkin s'est déplacé exprès de Los Angeles pour intervenir trois fois lors de la rétrospective qui lui est consacrée, et French Connection ouvrait le bal le 12 avril. En introduction, Friedkin a fait part de son émotion (visible) de faire l'objet d'un tel hommage à la Cinémathèque, dans ce qu'il appelle le "musée mondial du cinéma". Il est vrai que la Cinémathèque, forte de sa collection de 40 000 films, la plus importante du monde, jouit d'un prestige immense à l'étranger. Friedkin a également salué le cinéaste français Olivier Assayas, ravi de le rencontrer pour la première fois, qui a reçu à son tour de chaleureux applaudissements bien qu'il n'a pas voulu monter sur scène. Friedkin a insisté sur le fait que French Connection constituait pour lui une rupture car c'était la première fois qu'il avait pu calquer son expérience des documentaires (il en réalisait dans les années 60 pour la télévision) sur un sujet qu'il avait librement choisi, et non pas imposé par un studio.
Après la projection, Friedkin est revenu, accompagné de "cadres" de la Cinémathèque, pour un débat. Hélas, si un micro devait circuler après une première question par un des cadres (normal, pour "lancer" le débat), les cadres ont monopolisé la suite des questions pendant 45 minutes, après, je ne sais pas car j'ai dû partir. Néanmoins, Friedkin a été volubile, c'est un passionné soucieux de faire passer des conseils aux réalisateurs en herbe. Le bonhomme a son franc-parler et n'a pas tari d'anecdotes sur les acteurs et le tournage, ainsi que de piques en direction de Hollywood. Seul point négatif, bien que le réalisateur s'exprime de manière très compréhensible, il fallait hélas bien entendu un traducteur ce qui ralentissait énormément le débat.
Deux autres interventions de Freidkin sont programmées, dont une passionnante "leçon" de mise en scène, GRATUITE. Voici les détails :
Friedkin par Friedkin
Une leçon de mise en scène, avec projection d’extraits (choisis par le cinéaste).
Une rencontre avec Friedkin pour évoquer ses débuts et ses premiers succès (L’Exorciste, 1972), certaines de ses oeuvres les plus marquantes : Le Convoi de la peur (1975), Police fédérale Los Angeles (1985), Traqué (2001).
=> Samedi 15 avril, 14h, salle Henri Langlois
Dialogue avec William Friedkin (projection + débat)
À la suite de la projection du film L’Exorciste
Après la réussite de French Connection, Friedkin dispose de moyens considérables pour tourner L’Exorciste, d’après un roman de William Peter Blatty. Film d’épouvante, date dans l’histoire de la représentation des interdits, là encore l’engouement s’avère phénoménal (troisième plus grand succès, l’année de sa sortie, de toute l’histoire du cinéma américain, 2 Oscars en 1973).
=> Samedi 15 avril, 19h, salle Henri Langlois
Plus de détails sur le site de la Cinémathèque
10:45 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma
12 avril 2006
Fiona Apple, Les Folies Bergère, 10/04/2006

Le premier et dernier concert de Fiona Apple en France remontait au 9 novembre 1996 (année de sortie de Tidal, son premier album, lorsqu'elle n'avait que 19 ans), à la Cigale, à Paris. Un concert au Bataclan, prévu en 1999, pour la tournée de When The Pawn..., fut annulé au dernier moment, au grand désespoir des fans.
10 ans plus tard, Fiona était donc véritablement de retour pour seulement deux dates seulement en Europe (Paris et Londres), et on peut donc dire que le concert du 10 avril était événementiel, vu la rareté de l'artiste sur scène (pas seulement en Europe ; elle tourne fort peu aux USA également). A apparition événementielle, salle exceptionnelle, avec les Folies Bergère, le plus vieux music-hall de France (ouvert en 1870 !), qui sert très rarement de salle de concert (à peine une fois par mois en moyenne). Pas surprenant donc que les 1700 places des Folies, toutes assises (mais prix unique raisonnable à 37 euros, ce qui est très rare aussi désormais dans la capitale), se soient envolées en clin d'oeil, et le marché noir allait bon train devant la salle...
Le placement libre n'a cependant pas occasionné de bousculade et c'est avec respect et calme que les deux files indiennes de spectateurs sont entrées dans le magnifique et mondialement célèbre cabaret. Arrivés assez tôt, nous avons pu avoir deux très bonnes places au premier étage, surplombant directement l'orchestre, à une distance idéale de la scène, permettant de bien voir tout en ayant assez de recul pour apprécier le mix façade et le lightshow (exactement comme les places situées dans la mezzanine de l'Olympia, les Folies y ressemblant assez dans leur configuration, avec une profondeur moindre mais une plus grande hauteur, les Folies comportant deux étages contre un seul à l'Olympia).
Le concert a débuté à 20h00 précises, sans première partie, et a duré 1h40, avec très peu de temps morts. Fiona était assise au départ derrière un piano à queue, disposé à gauche de la scène ; derrière elle, quatre musiciens, un bassiste (Mike Elizondo, également le co-producteur de Fiona) et un batteur (Charley Drayton - j'y reviens) au centre, et deux claviéristes de chaque côté, sur des estrades, bien en vue : David Palmer et Jebin Bruni, tous deux redoutables musiciens de session ayant travaillé aussi bien avec Alice Cooper que Tears For Fears ou encore Aimee Mann, et disposant sur scène de tout ce qui s'apparente à la famille des claviers : synthétiseurs derniers cris, antiquités analogiques, orgues Hammond, etc. La scène était assez dépouillée, sans fioritures si ce n'est des guirlandes électriques "habillant" un peu les estrades, et un grand backdrop recevait des projections vaguement animées, contribuant à installer des ambiances avec un jeu de lumières véritablement magnifique, très au-dessus de la moyenne. Le son dans la salle était d'un équilibre et d'une qualité très rares, l'absence de guitares n'étant sans doute pas non plus pour rien dans la clarté du mixage.

Si les musiciens qui accompagnent Fiona sont de très haut niveau (le batteur, Charley Drayton, un Black au toucher jazzy mais avec une puissance plus naturellement rock voire hard-rock, a soulevé l'enthousiasme du public ; c'est un MONSTRE de feeling et de technique, qui a joué pour Herbie Hancock, Marianna Faithful et Keith Richards, et a été bassiste pour les Stones, The Cult, Iggy Pop, etc. !), l'attraction reste bien sûr avant tout la New-Yorkaise, à tous les niveaux. Et pour la première fois en quelque 200 concerts, j'ai un peu de mal à décrire ce que j'ai vu.
Son jeu de piano percussif est très particulier, on le sait, mais c'est évidemment encore plus frappant en live (on entend bien là un jeu autodidacte, la Miss ayant appris le piano à partir de tablatures de guitare !). Quant à son chant, c'est une apothéose. Fiona sait faire passer une variété époustouflante de nuances ; son registre habituel est grave (ce qui la différencie des célèbres Tori Amos et Kate Bush, par exemple, dont elle diffère déjà à la base totalement par sa musique et ses textes), mais quand elle va chercher la voix de tête, c'est parfaitement exécuté. Fiona maîtrise également le vibrato dont elle n'abuse jamais, et sait faire passer souffles, râles, respirations avec un naturel qui la différencie grandement d'autres chanteuses peut-être plus techniques mais à l'interprétation moins "vivante". Le chant de Fiona n'est pas seulement divinement beau, il est très puissant et souvent violent. Il y a quelque chose d'indéniablement sauvage, voire masculin, en elle.
Pendant les quatre premiers titres où Fiona reste derrière le piano, on sent déjà une tension et une attention extrêmes dans la salle. Fiona est une artiste culte au sens propre du terme, et sa rareté scénique (il n'existe même pas d'albums live ou de DVD) engendre une curiosité décuplée. Fiona semble ressentir cette pression, c'est le premier concert de la tournée, et écrasée par les tonnerres d'applaudissements, on la sent un peu perdue, avec du mal à trouver ses mots : elle n'introduira qu'un seul titre, et répondra rarement aux nombreuses interjections fusant dans le silence succédant aux applaudissements. On peut vaguement discerner qu'elle semble se parler à elle-même entre les titres, poussant parfois des petits rires nerveux assez étranges, ou respirant si bruyemment qu'on l'entend dans le micro. Elle semble parfois vouloir nous dire quelque chose, ouvre la bouche, se ravise, pendant que ses musiciens l'observe et attendent son signal pour reprendre. On n'avait alors encore rien vu.
Quand Fiona quitte enfin son piano au bout de quatre titres pour venir chanter "I Know" debout derrière un pied de micro planté au milieu de la scène, on la découvre dans une longue robe bleutée, tout d'abord frêle et timide. Cependant, ceci ne dure pas. On assiste alors à la mise à nu (au sens figuré, allons messieurs !) d'une artiste troublée, au comportement aussi douloureux que ses paroles. Les paroles de Fiona, en effet souvent graves (à l'image de la musique, même lorsque le tempo est plus rapide) mais pas plaintives (à cet égard, le viol dont elle fut victime à 12 ans et qui fut déterminant pour sa carrière d'artiste n'est pas un leitmotiv dans ses textes), semblent habiter son auteur qui, à la stupéfaction quasi-générale, se met alors à se frapper (pas trop violemment tout de même), triturer sa robe, esquisser des pas de danse incohérents... comme prise de spasmes ! Mais le tout avec une certaine retenue. Le contraste entre sa féminité suggérée par son corps, ses longs cheveux, et sa robe est mis en opposition violente avec son attitude scénique à la limite de la transe et le résultat est assez fascinant, touchant, sinon embarrassant sans doute pour certains spectateurs.
Pourtant, nulle comédie perceptible là-dessous : on comprend que dès que Fiona est rentrée sur scène, elle était encore dans son monde, ce qui explique sans doute sa difficulté à communiquer, et la façon dont elle vit totalement sa musique sur scène est probablement un remède à sa timidité face à cette foule qui semble autant la combler émotionnellement que la mettre mal à l'aise (fleurs, collier - qu'elle mettra ! - petites boîtes et petits mots atterrissent de temps à autre sur la scène). Heureusement, elle alterne chansons interprétées derrière son piano et titres où elle ne fait que chanter, debout, ce qui lui permet aussi, je pense, de gérer son énergie et ses émotions.
Je ne trouve aucun point de comparaison avec la quantité de concerts que j'ai vu auparavant ; jamais je n'avais vu une telle symbiose entre une interprétation musicale de très haut niveau avec une attitude scénique d'un tel degré émotionnel, si sincère, si intense, et si bizarre (à part, peut-être les Américains de The Mars Volta, dans un registre très différent certes). Il paraît néanmoins que la chanteuse française Camille possède quelques points communs, sur scène, avec Fiona Apple...

Ce qui m'a fait plaisir, c'est de constater que Fiona Apple fait partie de ces rares artistes dont les concerts transcendent totalement leur musique sur disque. Ses albums arty (mélange inédit de rock et de jazz, graves, dynamiques, aux chansons avec structure à tiroir, recours aux mesures asymétriques...), qui mettent tous les chroniqueurs dans l'embarras tant Fiona ne semble avoir aucune influence clairement définie, sont déjà en eux-mêmes des bijoux d'inventivité et de production ; mais à ma surprise, ses compositions prennent encore une autre dimension jouées sur scène. Parce que Fiona prend le risque de tout donner sur scène, de s'exposer, et on devine qu'elle doit être littéralement vidée émotionnellement à la fin de ses concerts. D'ailleurs, comme pour s'en excuser, devant la terrible standing ovation finale, Fiona glissa au micro que de toute façon, elle ne pouvait rien jouer d'autre car tous les titres répétés avaient été joués...
Fiona Apple peut susciter l'admiration à tout point de vue : signée chez Sony à 16 ans, succès inattendu à 19 ans avec Tidal vendu à plus de 3 millions d'exemplaires rien qu'aux USA (étonnant pour une musique si peu "grand public"), auteur/compositeur/interprète ayant acquis une liberté artistique totale avec une major (son deuxième album, When The Pawn..., est encore plus recherché), liaison durable et fructueuse artistiquement avec l'estimé réalisateur Paul Thomas Anderson (Boogie Nights, Magnolia...), personnalité imprévisible (son discours scandale à MTV quand elle y reçut un Award en 1997, ou encore sa crise émotionnelle qui la fit abandonner en plein concert la scène du Roseland Ballroom à New-York en 2000), et talent hors pair sur scène...
Fiona Apple a déjà une carrière artistique de rêve, et elle n'a cette année que 29 ans, donc encore une longue carrière devant elle... Par contre, si elle peut nous éviter de mettre 6 ans à sortir son prochain album (Extraordinary Machine, sorti l'an dernier, devait sortir en 2003, fut en effet complètement ré-enregistré avec un autre produceur car Fiona n'était pas totalement satisfaite...), ou bien si elle peut aussi éviter de nous faire attendre 10 ans avant son prochain passage, on lui en sera très reconnaissant !
Setlist :
1) Get Him Back
2) Better Version Of Me
3) Shadowboxer
4) To Your Love
5) I Know
6) Sleep to Dream
7) Limp
8) Paper Bag
9) Tymps
10) Oh Well
11) On the Bound
12) Red, Red, Red
13) Not About Love
14) O'Sailor
15) Get Gone
16) Fast as You Can
Rappels:
17) Extraordinary Machine
18) Criminal
19) Parting Gift
A lire sur le web :
- une interview du batteur Charley Drayton en tournée avec Fiona Apple
- un éclairage différent sur le concert avec cet avis plus nuancé (et de très belles photos !), qui montre que l'attitude de Fiona sur scène peut déstabiliser certains spectateurs.
16:55 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : concerts
11 avril 2006
Ice Age: The Meltdown

Il était sans doute plus facile de vendre le film en l'appelant bêtement L'Age de Glace 2 que d'essayer de traduire la subtilité de meltdown du titre original. Donc, comme le titre français ne l'indique pas, cette suite reprend les aventures du trio formé par Sid le paresseux, Manny le mammouth et Diego le tigre, confrontés cette fois à la fonte du glacier où ils vivaient.
C'était une idée de suite plutôt riche pour développer un scénario plus étoffé que le premier volume, mais hélas toute vélléité d'essayer d'aller chercher Pixar sur le terrain d'un scénario costaud à plusieurs niveaux de lecture s'effondre rapidement dès que les animaux fuient le glacier pour trouver refuge sur une hypothétique "embarcation".
Côté animation, de gros progrès ont été faits, surtout en ce qui concerne les expressions des personnages, mais le studio Blue Sky est très loin de rivaliser avec la maîtrise de Pixar (encore), principalement en ce qui concerne l'élément de l'eau, réputé comme un des pires pièges en animation. Le résultat n'est pas laid mais fait un peu pâle figure de ce côté là.
Heureusement, ce nouveau volume d'Ice Age fait oublier ces points faibles grâce à deux qualités solides, qui sont le rythme et l'humour non-stop. Le point fort indéniable de cet opus réside dans ses dialogues, qui fusent en permanence et qui font mouche, pour tous les publics (les petits ne riront pas aux mêmes moments que les adultes et vice-versa). Les deux nouveaux personnages, Eddie et Crash, les opossums, n'y sont pas pour rien, tout comme l'arrivée d'un mammouth femelle, Ellie (doublée par Queen Latifah avec une surprenante réussite), qui forme ainsi un vrai couple avec Manny, propice à un grand nombre de situations comiques irrésistibles.
Les seuls moments de répit arrivent lors des intermèdes composant les péripéties de Scrat, dont les apparitions se sont multipliées par rapport au premier volume. On peut sans crainte dire que le petit écureuil à la recherche de son gland est vraiment désormais LA star de la franchise Ice Age. Scrat ne parlant pas, poussant au mieux des borborygmes, tout est axé sur un comique de situation très différent de l'humour employé dans le récit principal. Comme les péripéties sont quasiment totalement décorrélées de l'intrigue du film, les saynètes avec Scrat constituent pour ainsi dire un film dans le film. Les mésaventures de Scrat évoquent un humour anglais à mi-chemin entre les Monty Python et Mister Bean, avec des possibilités décuplées grâce à une expressivité du personnage poussée à son paroxysme (là encore, Blue Sky démontre que son point fort réside dans l'animation des expressions du visage et du corps).
Ne possédant pas les qualités techniques et narratives d'un Pïxar, L'Age de Glace 2 a su néanmoins se démarquer en proposant un type d'environnement différent du reste de la concurrence (et ce n'est pas rien vu les similitudes troublantes entre les oeuvres des différents studios), avec des idées originales et un humour décomplexé, souvent burlesque, plutôt rare dans le genre. Au final, l'objectif divertissement me semble plutôt réussi. Reste à voir si le studio saura faire autre chose que du Ice Age, leur autre long-métrage, Robots, ayant été destiné à un public plus ciblé, plus jeune.
8/10
16:00 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma
10 avril 2006
Wassup Rockers

Larry Clark est réputé comme spécialiste de films sur des adolescents américains (souvent skaters !). C'est en tout cas son 4ème long-métrage sur ce thème sur les 5 que comporte sa filmographie. Vu la réussite de Wassup Rockers, je m'en veux profondément de ne pas encore avoir vu les autres de ce cinéaste majeur, à ne pas en douter.
Larry Clark a réuni une troupe d'acteurs (pour la plupart non professionnels), pour incarner à l'écran une bande de Latinos entre 14 et 16 ans (en gros), musiciens de punk rock, skaters passionnés, aux jeans moulants et étriqués. Ils habitent à South Central, Los Angeles, quartier pauvre où ne vivent que des Noirs et des Latinos. Chaque communauté se déteste cordialement, et les Noirs les interpellent par un méprisant "wassup rockers ?" (= what's up rockers ? = alors les rockers ?).
On croirait d'emblée avoir affaire à un film social apte à déclencher des flots de compassion chez les spectateurs, mais heureusement il n'en est rien. Tout d'abord cette bande de potes (dont trois frères, à l'écran comme dans la vie) a beau être issue d'un milieu très pauvre, ils ne fument pas, ne se droguent pas, et ne boivent pas. Ils renâclent certes pour aller à l'école en se levant le matin (comme tous les étudiants, non ?), mais ils y vont, et leur hobby est bien le skateboard (aucun d'entre eux n'est d'ailleurs un as, ce n'est pas un film sur le skateboard !). Bref, le film s'attache à une bande de jeunes sains, et ça, ça change des clichés.
Deuxièmement, on ne voit pas dans ce film d'histoires de gangs ou de criminalité de la banlieue pauvre. Cette bande de Latinos est à la recherche de bons spots pour faire du skateboard, si possible des beaux escaliers et des terrains bien lisses. Leur bonheur se trouve dans Beverly Hills, et ils vont y aller en transports en commun (belle critique voilée au passage de la gageure de se déplacer dans L.A. ainsi). Clark utilise alors le procédé bien connu de lâcher des quidams dans un environnement qui n'est pas le leur pour obtenir de riches situations dramatiques. Les rencontres et les mésaventures de la bande de pauvres Latinos dans le huppé et superficiel Beverly Hills sont certes un peu prévisibles, mais Clark ne cherche sans doute pas à faire passer des messages nouveaux. Ce qu'il cherche, c'est les faire passer à l'écran avec une émotion et une énergie maximum.
Et là, il faut avouer qu'il met en plein dans le mille, grâce à une construction en deux temps : une bonne moitié du film se contente de nous présenter les personnages, leur quotidien et leurs relations entre eux. On est proche du documentaire (cf. la longue scène en plan séquence où le personnage principal, Jonathan, se présente et parle de sa vie ainsi que de ses amis ; on dirait un essai de casting !), et on comprend totalement l'intérêt d'avoir eu recours à des acteurs non professionnels, qui semblent beaucoup improviser (en fait, être eux-mêmes ! Le nom de leurs personnages est leur propre prénom). On se prend à s'attacher à ces jeunes Latinos, qui vivent dans un enfer urbain et qui semblent pourtant miraculeusement encore innocents, voire naïfs. Clark les filme avec une affection, voire une tendresse qui peut déranger (les très gros plans sur les corps), mais toujours avec tact et respect ; on le sent fasciné par cet âge charnière du passage au monde adulte.
Cette longue introduction prend tout son sens lors de la deuxième partie, plus scénarisée, celle où nos Latinos se retrouvent à Beverly Hills, où ils sont soit victimes du racisme, soit victimes de l'appétit sexuel des WASP qui voient en eux des proies faciles et jetables (du moins, pour les deux plus mignons de la bande). Ces instants de cynisme et d'horreur suggérée font mouche principalement parce que Clark les met en scène sans aucune emphase, sans aucun pathos. Le moment clé du film est sans doute la discussion d'un des jeunes de la bande, Kiko, avec une jeune fille blanche qui l'a attiré dans sa chambre. Plutôt que passer à l'acte, ceux-ci vont converser plusieurs minutes. L'abîme qui sépare leurs mondes respectifs est mis en scène ici, en quelques lignes de dialogues à la simplicité désarmante, et avec une spontanéité époustouflante des deux acteurs. Grand moment de cinéma, comme il en est de plus en plus rare.
9/10
15:05 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma
07 avril 2006
Jean-Philippe

Ce film possède une grande faille qui est son scénario, qui gâche un des pitch les plus formidables du cinéma de divertissement français :
Fabrice Luchini incarne un fan de Johnny Hallyday, qui se réveille dans un monde où l'idole des jeunes n'existe pas. Il se met alors à la recherche de Jean-Philippe Smet, et n'a plus qu'un seul but : ressusciter son idole, réveiller le "Johnny" qui sommeille en Jean-Philippe.
Hélas, le scénariste Christophe Turpin, dont c'est le premier scénario de long-métrage, sabote le film en deux temps : après un bon départ, la grosse partie du milieu est molle, terriblement molle et laborieuse (Luchini tente de convaincre Jean-Philippe, puis celui-ci se prend lentement au jeu), et la fin est un happy-end mielleux et totalement invraisemblable.
Loin, très loin de soulever des questions intéressantes sur le rapport fan/idole comme avait su le faire Podium, Jean-Philippe se contente d'être un divertissement gentil, porté par quelques gags et surtout la performance de Luchini, ici totalement exhubérant et déchaîné, ce qui ravira ses fans et fera fuir les autres.
5/10
09:54 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma
06 avril 2006
Enfermés Dehors

Ouf ! Dupontel est enfin de retour en tant que réalisateur avec son troisième long-métrage, 7 longues années après Le Créateur. Comme le bonhomme s'en est expliqué dans diverses émissions radio (comme Cinéfilms de France Inter), il y a quelques années il a reçu plusieurs appels du pied d'Hollywood et malgré le temps passé là-bas, rien n'a abouti (d'après Dupontel, tout est trop lourd : trop d'avocats, trop d'intermédiaires, etc.). Autant de temps de perdu... même si Dupontel, l'acteur, n'a certes pas été totalement absent (films majeurs comme Irréversible ou Le Convoyeur).
Avec Enfermés Dehors, on reste dans son univers particulier ; avec un pitch original, (un SDF trouve un uniforme de flic et va en profiter pour manger gratuitement à la cantine d'un commissariat, mais rapidement il va en tirer parti pour échapper à sa condition et changer le cours de la vie d'autres personnes), Dupontel se livre à ses gags burlesques, voire absurdes, sur des sujets qui ne prêtent pas forcément à rire à la base (et là est toute sa force). Malgré le divertissement imparable, la satire sociale est sous-jacente.
Le rythme effréné (mais pas frénétique, malgré le très grand nombre de plans) permet de masquer les petites faiblesses du scénario (quiproquo un peu mou, revirements de situation un peu maladroits...). La réalisation est très technique, et se démarque vraiment du niveau habituel des films français. Certains plans très travaillés au niveau de l'image (couleurs saturées, objectifs à très grand angle) rappellent par instants le travail de Jean-Pierre Jeunet, surtout que le casting a su trouver une brochette de "gueules" très photogéniques.
Dupontel parle de son film comme un cartoon (ou BD) filmé(e), et force est de constater que Tex Avery n'est pas loin. L'influence des Monty Python (surtout Terry Gilliam) est évidente mais pas écrasante ; au très grand plaisir de Dupontel, Terry Gilliam fait d'ailleurs un caméo dans le film (ce dernier aimant vraiment ce que fait Dupontel), tout comme l'autre ex-Monty Python Terry Jones (déjà présent dans Le Créateur).
Un amateur de musique, notamment rock et hard-rock comme moi ne peut pas ne pas mentionner l'utilisation de musique musclée dans la bande-originale de ce film ! Non seulement Denis Barthe et Jean-Paul Roy de Noir Désir ont composé spécialement pour le film, mais on entend aussi des titres du répertoire du groupe. J'ai particulièrement aimé un clin d'oeil en particulier : l'utilisation du morceau "Slaughter House" du groupe (obscur) de thrash américain Powermad ! Où Dupontel est-il allé chercher cela ? Sans trop m'avancer, je pense qu'on peut répondre à coup sûr que c'est grâce à la bande-originale de Wild At Heart (Sailor et Lula), de David Lynch (dont Dupontel est admirateur), car le riff de ce morceau déchaîné n'a percé que grâce au film de Lynch.
Sans être un chef d'oeuvre, le nouveau Dupontel est tellement original et tellement au-dessus du lot commun des comédies ou satires françaises qu'il est tout de même incontournable pour qui aime le rire burlesque et futé.
7/10
11:40 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma
04 avril 2006
El Aura

Voici peut-être LA pépite des films sortis en mars (mois très creux à mon avis) : le deuxième film de l'Argentin Fabián Bielinsky (probable futur prodige à continuer de surveiller de près), après le succès assez impressionnant de son premier long-métrage, Les Neuf Reines (Nueve Reinas, 2000), qui avait finit par sortir sur nos écrans en 2002 après une tournée fructueuse en récompenses des divers festivals du monde (ce qui n'a pas manqué d'attirer l'attention des Américains pour en faire un médiocre remake, Criminal, en 2004).
Nueve Reinas était un brillant exercice de style sur la manipulation, dans la lignée de films mémorables comme Memento, Usual Suspects ou encore The Game. Si le scénario était indéniablement malin, avec énormément de dialogues, la mise en scène était prometteuse par sa vivacité et sa virtuosité qui n'était pas sans me rappeler celle de Brian De Palma.
C'est cette référence qui me vient le plus à l'esprit pour la cinématographie de El Aura, qui prend néanmoins un virage total par rapport à Nueve Reinas : économie de dialogues, mélange de genres (thriller, polar, drame social...), changement total de cadre (nature splendide cette fois, à l'opposé du cadre citadin des Neufs Reines, et utilisation extrêmement intelligente des animaux dans le film ; le personnage principal étant taxidermiste, ce qu'exploite savamment Bielinsky). On retrouve néanmoins par moments, lors des rares scènes d'action, la fulgurance des Neufs Reines ; mais dans l'ensemble, le film entretient une tension constante, étouffante, et met en place un puzzle de façon lente, sans doute trop lente pour beaucoup. Le film dure 2h14 et est en effet peut-être un tout petit trop long, mais je ne vois pas vraiment quoi enlever car il est très dense, très écrit, munitieusement maîtrisé, et chaque détail, chaque élément, chaque plan compte.
Il y a un grand nombre de détails de mise en scène qui régaleront les cinéphiles amateurs de technique, donc je ne les révèlerai pas ici ; néanmoins, ce n'est jamais gratuit ou tape à l'oeil. Bielinsky est un esthète sensible et inspiré et c'est devenu ô combien rare. Côté interprétation, on est également dans le haut de gamme, et l'acteur Ricardo Darín (déjà une des deux "vedettes" des Neuf Reines) confirme ici qu'il est un surdoué, ou plutôt, un acteur-né, tant la sensation de naturel qu'il dégage est éblouissante (notamment, la palette d'émotions qu'il sait faire passer dans ses yeux est assez stupéfiante). Sa filmographie reste injustement cantonnée à des films sud-américains qui ne sortent pas toujours de leur frontière, mais peut-être est-ce dû à une absence de maîtrise de la langue anglaise.
Le cinéma sud-américain, qu'il soit filmé en langue espagnole ou portuguaise, continue à nous offrir de sacrées belles surprises et Bielinsky vient - pour moi - de rejoindre pour de bon le club des très doués, aux côtés de Fernando Mereilles, Alfonso Cuarón, Carlos Sorin, Walter Salles, etc. Un film à voir pour les cinéphiles qui se sentent peut-être blasés de ne plus voir à la fois de la maîtrise et de l'originalité sur nos écrans.
9/10
11:30 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma
03 avril 2006
David Gilmour, Olympia, 16/03/2006

Chaque apparition en concert des rarissimes membres ou ex-membres de Pink Floyd, Roger Waters et David Gilmour, fait figure d'événement, et à juste titre. On n'avait plus vu Gilmour sur scène depuis 2002, et son dernier album solo remontait à 1984 !
A l'occasion de la sortie de On A Island, son troisième album solo, David Gilmour a repris le chemin des salles des concerts européennes, et pour présenter cet album plutôt calme, il a préféré des salles plus intimistes que le Palais Omnisports de Paris Bercy. Tant mieux pour la musique, mais tant pis pour le rapport offre/demande, même avec deux dates à Paris, au Grand Rex le 15 mars et à l'Olympia le 16 mars. Deux salles exceptionnelles, avec des tickets d'entrée stratosphériques.
Néanmoins, la prestation était d'une qualité qui ne fait pas regretter l'argent investi. Gilmour n'est pas qu'un mythe grâce à ses compositions pour Pink Floyd, c'est toujours un guitariste au toucher magique, au son qui continue de désespérer des hordes d'apprentis guitaristes sur Fender Stratocaster. Le voir en chair et en os dans un cadre aussi privilégié que l'Olympia permet de comprendre que l'homme est touché par la grâce et qu'un tel talent ne s'explique pas, et ne s'approche pas ; il est unique, indicible. Lorsque Gilmour a pris le saxophone sur Red Sky At Night, on retrouvait le même phrasé, aussi fluide et rêveur.
J'avoue, je ne pensais pas être aussi ému de voir enfin cet artiste. J'ai vu près de 200 concerts et quasiment tous les plus grands guitaristes qui comptent pour moi, je suis donc forcément assez blasé et difficilement impressionnable, mais tout le groupe m'a ici laissé béat d'admiration. Loin des spectacles ou de toute mise en scène (ici, pas l'ombre d'un écran ou d'un backdrop), habillés de manière on ne peut plus sobre (un tshirt et un pantalon noir pour Gilmour), les musiciens sont ici entièrement dévoués à une prestation axée sur l'interprétation et le feeling. Il faut au moins avoir vu Comfortably Numb une fois dans sa vie jouée sur scène par Gilmour : si ce n'est pas le Paradis, c'en est la plus proche incarnation terrestre...
Gilmour a beau avoir la réputation d'un perfectionniste avec des shows où tout est minutieusement réglé, le concert de l'Olympia nous a réservé 3 surprises :
1) Pendant le premier set, normalement dédié à l'interprétation complète de On A Island, la choriste Sam Brown (qui a participé à la dernière tournée de Pink Floyd, cf. Pulse) est venue sur scène en invitée surprise pour interpréter The Great Gig In The Sky entre The Blue et Red Sky At Night ! Gilmour s'est alors tranquillement installé au lapsteel, bien entendu. Premier grand frisson de la soirée, et exclusivité sur la tournée !
2) Lors de l'intro de Shine On You Crazy Diamond, au bout de plusieurs minutes, un bruit parasite est venu perturber Gilmour, qui s'est arrêté de jouer et a préféré reprendre le morceau depuis le début ; il a néanmoins grandement accéléré l'intro, avec un style de jeu différent, et le reste du groupe a su se caler parfaitement sur lui. Bluffant ! (et merci au hasard pour le rabe, du coup...)
3) La setlist avait alors été inchangée depuis le début de la tournée, mais Gilmour a exhumé à l'Olympia le titre Fat Old Sun de l'album Atom Heart Mother (en lieu et place de Dominoes sur les autres dates).
Voici la liste des musiciens qui accompagnait Gilmour sur cette tournée. Ils assuraient tous des choeurs, selon les titres (voire tous ensemble, comme sur Take A Breath, ce qui était fort impressionnant) :
- Rick Wright, le claviériste de Pink Floyd ; on avait donc deux membres du Floyd pour le prix d'un !
- Guy Pratt à la basse, c'est le musicien qui a enregistré les parties de basse de The Division Bell et a tourné avec le Floyd lors des deux dernières tournées, c'est donc lui qu'on entend sur Delicate Sound Of Thunder et Pulse. C'est un musicien de studio illustre, qui a enregistré aussi bien pour Madonna, Tears For Fears, Robert Palmer, ou encore... Toy Matinee, avec Kevin Gilbert.
- Phil Manzanera, guitariste du mythique Roxy Music, et co-producteur du dernier Gilmour ; musicien de studio très recherché, a joué ou produit les albums de Brian Eno, Nina Hagen, John Cale, John Wetton, etc.
- Jon Carin, claviériste des tournées précédentes de Pink Floyd, touchait en fait un peu à tout : piano, orgue, effets, samples et lapsteel.
- Steve DiStanislao à la batterie (Carl Verheyen, Crosby & Nash), d'une finesse parfaite.
Quant à la setlist, elle était probablement d'un équilibre presque rêvé : un premier set dédié au dernier album de Gilmour, et un deuxième dédié à Pink Floyd, avec les incournables classiques mais aussi des pépites inespérées : Echoes (dans sa version intégrale ! Grande émotion dans la salle) et Wot's... The Deal (jamais jouée sur scène auparavant par Pink Floyd !). Avec l'entracte de 20 minutes, on a frôlé en tout les 3 heures de concert ; pas mal pour un monsieur qui venait de souffler ses 62 bougies ! En espérant que ce n'était pas la dernière fois, en tout cas, merci, Monsieur Gilmour.
Setlist:
Castellorizon
On An Island
The Blue
The Great Gig In The Sky (invitée au chant : Sam Brown)
Red Sky At Night
This Heaven
Then I Close My Eyes
Smile
Take A Breath
A Pocketful Of Stones
Where We Start
--ENTRACTE--
Shine On You Crazy Diamond
Wot's... The Deal
Wearing The Inside Out
Fat Old Sun
Breathe/Time/Breathe Reprise
High Hopes
Echoes
Rappel:
Wish You Were Here
Comfortably Numb
16:45 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : concerts

