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08 mai 2009

Chéri

Grand inconditionnel de Stephen Frears, il m'était difficile de rater ce nouveau long-métrage, scellant les retrouvailles du réalisateur anglais avec Michelle Pfeiffer, vingt après Les Liaisons dangereuses (avec le même scénariste, Christopher Hampton). Comme pour Les Liaisons, Chéri est l'adaptation d'un roman français, de Colette cette fois. Il est évidemment tentant d'aller chercher des échos entre les deux films. S'il ne faut pas pousser l'exercice trop loin, on ne pourra s'empêcher de faire remarquer que Pfeiffer incarne dans les deux cas une courtisane ; à ses grandes heures dans Les Liaisons, elle est en fin de carrière dans Chéri. Ce n'est pas le même personnage évidemment (ni la même époque), mais l'écho est trivial. Le sujet de Chéri s'absorbe sur la cruauté du temps qui passe, inexorablement.

Si le sujet semble plus banal, Frears parvient à rester captivant par la subtilité de sa mise en scène. C'est clairement un des plus grands directeurs d'acteurs en activité, qui sait dépeindre avec une vivacité toujours surprenante le jeu social, l'apparence et les sentiments. Le casting est tiré à quatre épingles et c'est jubilatoire de retrouver Michelle Pfeiffer qui avait déserté depuis longtemps le cinéma. Petit film dans la carrière de Frears, peut-être, mais encore une sacrée belle leçon de cinéma.

8/10

07 mai 2009

OSS 117 : Rio ne répond plus

L'effet de la surprise en moins, ce deuxième volet assène sans sourciller toutes les qualités déjà bien énumérées dans le billet sur OSS 117, Le Caire nid d'espions, avec un seul bémol : il y a cette fois quelques temps morts.

Le film fonctionne plus par à-coups, avec une homogénéité moindre dans la qualité. Il y a en effet une succession de scènes inoffensives avec des gags bien plus fulgurants, bien plus irrévérencieux que dans le premier volet : les répliques concernant la communauté juive sont considérées comme limites par certains, mais gageons que les Juifs comprendront que cette outrance consiste plus à se moquer des poncifs sur les Juifs que des Juifs eux-mêmes. Mais cette forme d'humour, plutôt fine sous ces aspects "pieds dans le plat", n'est clairement pas simple à manier. C'est donc encore un tour de force du scénariste Jean-François Halin, ancien héros de l'humour Canal+, que l'on peut saluer pour autant d'audace.

Jean Dujardin se vautre avec un plaisir enviable dans la peau de l'inénarrable Hubert Bonisseur de la Bath, et le pastiche (et non pas la parodie) est peut-être encore plus abouti, techniquement, que les aventures au Caire. Difficile de bouder son plaisir tout de même.

7/10