24 mars 2006
Destination Finale 3

Ce troisième volet de la saga n'est ni vraiment meilleur, ni vraiment moins bon que les deux précédents. Avec Destination Finale, on n'est pas pris en traître : on sait à quoi s'attendre, et on obtient ni plus, ni moins. C'est typiquement le genre de films au plaisir coupable, pour lesquels on laisse son cerveau à l'entrée de la salle, un peu comme lorsqu'on se rend dans une fête foraine ou dans un parc d'attraction. Le but est de prendre du bon temps, sans aucune préoccupation culturelle.
La Mort a un plan : elle sait qui elle va prendre, quand et comment. Cependant, si d'aventure un humain avec des facultés un peu hors normes a des "visions", ou des prémonitions, certaines personnes peuvent échapper à une catastrophe prévue par la Grande Faucheuse. Ceci n'est pas acceptable ; les survivants constituent alors une anomalie, un bug, bref une situation qu'il faut réparer dès que possible. La Mort va donc s'acharner pour supprimer ces rescapés, et pour servir ce but, tous les moyens sont bons !
Ce pitch de base de la saga aurait pu vite tourner au ridicule si la Mort était personnifiée à l'écran, mais justement, non. La Mort ne s'incarne qu'à travers l'enchaînement malencontreux de "hasards", de circonstances qui vont aboutir à des mises en scène de morts si possible gore, fun et stressantes tout à la fois pour le spectateur.
L'intérêt de Destination Finale est dès lors son humoir noir, bien macabre et souvent méchant, où l'on assiste à un massacre progressif d'adolescents américains balayant tous les codes des comédies pour teenagers (les dindes style Paris Hilton, le reclus sur lui-même fan de Marylin Manson, le gros balèze qui ne pense qu'au sport, le frimeur obsédé, etc., tous joués avec le talent minimum pour les rendre crédibles)
Ce jeu de massacre fonctionne au final non seulement grâce à un scénario habile (certaines morts sont des petits chefs-d'oeuvre d'inventivité, et les fausses pistes sont légion), mais aussi grâce à une réalisation solide, souvent très technique : ceux qui ont vu Destination Finale 2 savent que la séquence d'ouverture de l'accident sur l'autoroute reste depuis comme une référence du cinéma catastrophe.
L'équivalent, dans Destination Finale 3, est la séquence se passant dans le grand huit de la fête foraine (cf. l'affiche du film). Avouons qu'elle est loin d'égaler son homologue de l'épisode précédent, alors qu'il y avait matière à la rendre encore plus horrible. C'est donc une occasion un peu manquée, car on peut mieux s'identifier au stress des passagers, puisque faire un tour de manège infernal est moins banal que prendre sa voiture (qui n'a jamais pensé à la possibilité d'un accident avant de monter dans un grand huit, qui est pourtant bien plus sûr qu'une autoroute ?).
Ce n'est pas grave, ça reste de bonne facture et la suite de Destination Finale 3 renoue sans problème avec les situations machiavéliques et grand-guignolesques qui provoquent à coup sûr exclamations d'effroi et rires dans la salle.
Vu le succès aux USA, on peut parier qu'il y aura un quatrème épisode. Vu l'inspiration a priori sans fin des scénaristes, on peut penser que la seule limite sera éventuellement la lassitude des spectateurs.
A lire : un classement rigolo, selon plusieurs critères, des meilleures morts des trois épisodes, par le site EcranLarge.com
7/10
16:00 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Cinéma
20 mars 2006
Renaissance

Renaissance propose la première utilisation convaincante du motion capture pour un film d'animation (après le très laid The Polar Express en 2003 de Robert Zemeckis). L'expression des visages et la fluidité des mouvements sont impressionnantes et sont mises au service d'un noir et blanc façon comic de Frank Miller. Oser un tel spectacle en France constitue indéniablement une rupture, peut-être un déclic (espérons-le).
Le scénario basé autour d'un techno-thriller d'espionnage est plutôt convenu et sans surprise, on devine facilement les dessous de l'intrigue. Peut-être par timidité, le choc visuel étant déjà à encaisser. Les personnages ne sont pas très développés, mais l'essentiel est ailleurs : Paris 2054 est le point de gravité du film. La vision poétique, fantasmée et futuriste de la capitale vaut à elle seule le détour, avec nombre d'idées que je n'énumérerai pas car la surprise vaut vraiment le coup.
J'ai noté aussi des idées de réalisation très intéressantes, car tirant parti des possibilités de l'animation, en effectuant des plans et des mouvements impossibles à réaliser avec des caméras. Nombre de transitions sont très soignées et fort habiles. Espérons qu'un tel bel objet connaîtra un succès minimum apte à en faire naître d'autres, avec cette fois, qui sait, une histoire plus originale afin d'allier niveau de la forme avec celui du fond.
7/10
13:50 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : Cinéma
Du jour au lendemain

Philippe Le Guay m'avait laissé un bon souvenir avec la comédie dramatique Le Coût de la Vie (2003), film choral sociologique sur l'argent. Hélas, Du jour au lendemain n'a cette fois rien à dire car son scénario est cousu de fil blanc. Le film ne fait que poser la question "est-on finalement fait pour être heureux, tout le temps ?". Pour apprécier les bons moments, il faut en effet en passer par de mauvais. Grande découverte !
La substance du film étant réduite à néant (avec quelques moments drôles, à peine), il ne reste que les jeux d'acteurs, et les inconditionnels de Benoît Poelvoorde seront vraiment servis car le Belge se libre ici à un excellent numéro, encore une fois différent de ce qu'il a fait jusqu'à présent. Dire qu'il porte le film sur ses épaules n'est pas un euphémisme.
5/10
13:25 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Cinéma

