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09 juillet 2006

Echo Park, L.A.



La quinceañera (titre original du film) est la fête qui célèbre le passage de l'enfance à l'âge adulte lors du quinzième anniversaire d'une jeune fille, celle-ci devenant ainsi aux yeux de sa famille une femme. C'est une étape importante dans la vie des membres de la communauté latino-américaine vivant à Echo Park, un quartier de Los Angeles.

Scandale : Magdalena, 14 ans, peu de temps avant sa quinceañera, tombe enceinte, provoquant la fureur de son père, homme de religion très à cheval sur les principes. Elle est exclue de la maison, et trouve refuge auprès de son arrière-grand-oncle, chez qui son cousin Carlos a déjà récemment emménagé, chassé lui aussi de sa maison pour avoir déshonoré sa famille en raison de moeurs dont on ne dévoilera pas ici la nature.

Ces quelques mois de vie commune entre la jeune fille, le jeune homme et le vieil homme (qui sert de "médiateur" et de conseiller spirituel dans ces problèmes familiaux) vont marquer un tournant dans la vie de chacun, tout comme dans le quartier d'Echo Park, lui aussi en profonde mutation (les Latinos sont peu à peu chassés par l'augmentation des loyers, que seuls les riches Blancs peuvent se payer).

Les réalisateurs, Richard Glatzer et Wash Westmoreland, vivent depuis 5 ans à Echo Park, et ont donc une connaissance très fine des moeurs qui y règnent. Ils ont eu recours à plusieurs acteurs non-professionnels, et l'interprétation est globalement excellentissime, tout en évitant de tomber dans le documentaire. Le film reste bien un drame, peut-être néanmoins trop modeste ou trop gentil, et n'évite pas les clichés : les pauvres sont honnêtes, les riches sont des salauds.

Echo Park, L.A, a obtenu le Grand Prix du Jury et le Prix du Public au dernier festival de Sundance, et c'est sans doute un des films à voir cet été.

7/10

12:05 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Cinéma

03 juillet 2006

Changement d'adresse



Il y a des films dont on n'attend rien de spécial et qui s'avèrent être de formidables surprises. C'est encore plus étonnant en période de disette estivale, or Changement d'adresse est sans doute un des meilleurs plans de cet été. Le troisième film d'Emmanuel Mouret a déjà créé son buzz à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes cette année, et il serait injuste qu'il passe inaperçu.

Changement d'adresse a pourtant contre lui son affiche (laide), son nom (pas très inspiré), et la présence de Dany Brillant, qui peut en faire sourire plus d'un. Qu'on se rassure, le chanteur y apparaît peu et joue correctement. Par contre, Emmanuel Mouret, le réalisateur, tient le rôle principal de manière très convaincante, tandis que Frédérique Bel, l'inénarrable interprète de la Minute Blonde sur Canal+, tient ici son premier rôle important au cinéma et c'est peu que d'écrire qu'elle totalement renversante. Il faut la voir pour comprendre.

Changement d'adresse est un chassé-croisé amoureux entre personnes maladroites, mais à mille lieues des clichés traditionnellement servis par notre production française. Ici, le budget est très faible, mais Mouret compense en soignant deux axes : l'écriture (dialogues ciselés et scénario innovateur) et la direction d'acteurs (casting parfait ; performances époustouflantes). Le tour de force est assez inattendu.

En effet, le film est à la fois burlesque, poétique, décalé, tendre, drôle, mélancolique, absurde, délicat, léger... On pense même à du Woody Allen, tellement le personnage interprété par Emmanuel Mouret est maladroit et candide. Il y a néanmoins un charme et une identité bien affirmés, et Emmanuel Mouret est logiquement un auteur à suivre de près. En tout cas, ceux qui cherchent un peu de fraîcheur sous une canicule de blockbusters savent ce qu'il leur reste à faire ! L'humour particulier du film et le jeu parfois volontairement un peu théâtral en décontenancera plus d'un, mais au moins vous verrez quelque chose de foncièrement original.

9/10

19:25 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Cinéma