14 janvier 2006
Mrs. Henderson Presents

J'ai une fois de plus pris une sacrée claque avec Stephen Frears, dont le dernier opus Mrs. Henderson Presents m'a totalement ravi : c'est fin, drôle, intelligent, émouvant, c'est du cinéma "à l'ancienne" comme on en fait presque plus. Sur le papier, je n'en attendais rien car l'histoire n'est pas des plus à même de susciter la curiosité.
En sortant de la salle, j'étais transporté de voir qu'il y a encore des résistants comme Frears. Evidemment, c'est plus "léger", plus "divertissant" que son avant-dernier film, Dirty Pretty Things (2002), mais tant mieux, le bonhomme change tout le temps de sujet et avec bonheur... chapeau.
Difficile de s'étendre sur un film regorgeant de qualités (scénario, mise en scène, musique, interprétation...) : c'est à voir pour comprendre. Les divertissements intelligents sont devenus rarissimes, ne ratez pas celui-là.
Lecture recommandée : la seule interview de Stephen Frears accordée en France à Positif dans son numéro de janvier.
10/10
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12 janvier 2006
Jarhead

Contrairement à la majorité, je n'étais pas tombé de ma chaise devant le premier film de Sam Mendes, Americain Beauty (1999). Pourtant, indéniablement, Mendes y montrait un talent et un ton incisif (voire acerbe) bien particuliers. Néanmoins, cette charge au vitriol contre une société américaine en voie de décadence avancée ne m'avait pas parue très réaliste, diminuant ainsi sa portée.
Peut-être est-ce à cause de ça que je n'ai pas eu envie d'aller voir son deuxième film, Road To Perdition (2002), mais la présence de Tom Hanks y était sans doute pour beaucoup aussi (désolé !). J'essaierai néanmoins de me rattraper en DVD. Un film de Sam Mendes ne peut pas se rater pour qui s'intéresse aux "jeunes" réalisateurs américains à la personnalité affirmée (= n'accouchant pas de produits hollywoodiens politiquement corrects...).
Le propos de son troisième film, Jarhead, et la présence de Jake Gyllenhaal dans le rôle principal m'ont cette fois totalement convaincu de me ruer au cinéma, c'était pour moi sans aucun doute LA sortie de la semaine (le visionnage de Mrs Henderson Presents me fit revoir cet avis quelques jours après !).
Je ne reviendrai pas sur la performance éblouissante de Jake Gyllenhaal, littéralement encensé par la presse une semaine plus tard pour Brokeback Mountain. J'avais découvert ce garçon avec Donnie Darko, et j'étais convaincu qu'il "exploserait". C'est le désormais le cas, tant mieux, nous avons gagné un "nouveau" grand acteur américain, qui devrait intéresser les plus grands réalisateurs.
Je l'avoue, j'adore les films qui ont pour sujet les guerres, quand évidemment il y a une réflexion sur le conflit (je ne suis pas fan de Rambo, en somme).
Seulement, on peut avoir l'impression que tout a déjà été fait sur le sujet : avec des monuments comme Paths Of Glory, Apocalypse Now, The Deer Hunter, Full Metal Jacket, Platoon, The Thin Red Line, il est difficile de trouver des idées originales sans donner l'impression de retomber dans du déjà-vu.
Pour désamorcer d'entrée les éventuels clichés, Mendes se paie le luxe de clins d'oeil et références directes à Full Metal Jacket, Apocalyse Now et The Deer Hunter ! Jarhead parvient néanmoins à se démarquer par la suite :
1) en s'attaquant à la première guerre du Golfe, conflit quasiment pas traité au cinéma encore (mais ça vient : à part le presque comique Les Rois du Désert (Three Kings - 2000), à voir : Syriana, produit par Soderbergh et Clooney, sortie le 22/02/06). Ceci permet au moins de voir un environnement différent (magnifiques plans du désert enflammé) et des problématiques géopolitiques différentes des conflits contemporains précédents (WWI, WWII, Vietnam...).
2) en prenant comme sujet principal l'attente du soldat face à un conflit, et des dégâts que cela cause sur leur santé mentale (entraînés pendant des mois et gonflés à bloc, ils n'attendent plus que de tuer l'ennemi, et l'attente et l'ennui dans le désert deviennent insupportables).
Le récit progresse lentement, il n'y a pas vraiment de suspense, mais Mendes enchaîne des scènes chocs, tantôt superbes, tantôt dramatiques, avec des situations assz cruelles qui rappellent clairement American Beauty.
Ce drame humain est un regard critique sur la bêtise lénifiante de la vie militaire et sur l'absurdité de cette première guerre du Golfe ; ce sera indéniablement un des films marquants de l'année 2006, qui flatte décidément les cinéphiles.
8/10
23:00 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Cinéma

