29 mars 2009
Une Famille brésilienne

De Walter Salles, je n'ai vu que Carnets de voyage (sur la jeunesse du Che, avec Gael Garcia Bernal), mais c'était tellement magnifique que je suis allé voir Une Famille brésilienne sur son seul nom. Ce dernier n'est néanmoins pas à mettre sur son seul compte, puisqu'il l'a co-écrit et co-réalisé avec Daniel Thomas, avec qui il avait déjà fait duo pour les deux longs-métrages Terre lointaine et Le Premier jour.
Une Famille brésilienne est une comédie dramatique qui dépeint le portrait d'une famille de Sao Paulo qui tente de (sur)vivre dans un Brésil en état d'urgence. C'est une tranche de vie des 5 personnages qui constituent la famille : une mère qui élève seule ses 4 enfants (de pères différents), dont certains sont adultes mais habitent toujours dans la maison familiale, faute de revenus suffisants. Il n'y a pas de misérabilisme dans le film, mais au contraire une belle vitalité et un optimisme intense. Les thèmes de la religion et du football sont abordés et permettent de mieux saisir leur ancrage dans la culture brésilienne.
Sélectionné en compétition officielle du festival de Cannes en 2008, le film est reparti bredouille, mais cela n'est peut-être pas tout à fait injuste (correction : le prix d'interprétation féminine de Cannes 2008 a été décerné à Sandra Corveloni, l'actrice qui incarne la mère de famille du film). Si le film est réellement fin, sensible et aborde des sujets douloureux avec tact et intelligence, il manque un je ne sais quoi d'envergure pour l'élever vers un niveau supérieur. Cela reste néanmoins infiniment préférable aux flots de médiocrités qui sont déversés actuellement avec force sur les écrans des salles obscures.
7/10
12:26 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : walter salles, daniela thomas, sandra corveloni, joão baldasserini
23 mars 2009
The Chaser

Qu'il est bon d'aller à la rencontre de films venant de pays étrangers ! Quand on a la chance qu'ils soient distribués... Après les excellents suédois Morse et autrichien Revanche, voici dans un genre totalement différent, le coréen The Chaser. Le point commun entre ces trois films ? Une furieuse envie de sortir des sentiers battus, une vitalité et une virtuosité qui s'expriment de façon très différente mais évidente. Nos films français souvent nombrilistes et les productions hollywoodiennes stéréotypées n'en paraissent que plus honteuses.
On n'avait plus vraiment vu de bonnes surprises en provenance de Corée du Sud depuis un bon moment. C'est donc avec grand étonnement qu'on est obligé de reconnaître que ce premier long-métrage de Na Hong-jin se place directement au même niveau que ceux de Park Chan-wook et Bong Joon-ho, les deux maîtres incontestés du cinéma coréen. Hong-jin a su insuffler à The Chaser la noirceur, le suspense, la virtuosité et l'humour noir qu'on retrouve dans les œuvres de Bong Joon-ho, et la grandiloquence (par moments) de Park Chan-wook.
Projeté en sélection officielle à Cannes en 2008, mais hors compétition (on se demande bien pourquoi), The Chaser semble redéfinir le polar et ses codes autour du serial killer, comme s'il n'y avait jamais eu de film de ce genre auparavant. Le personnage principal (le "héros") est une ordure (un ex-flic devenu proxénète qui se met en tête de trouver qui fait disparaître ses filles), le serial-killer est connu dès le départ, le suspense et le rythme haletant reposent donc sur des ressorts totalement inhabituels. L'ambiance du film tient entièrement dans un espace-temps contraint (une nuit) dans un Seoul pluvieux, boueux et impénétrable. Hong-jin possède un don particulier pour la captation de petits détails, pas forcément signifiants, mais qui apportent une touche savamment mise en valeur par le montage.
S'il y a des scènes particulièrement stressantes, l'ensemble déconcerte par les ruptures de ton souvent orchestrées par un humour ravageur et totalement... coréen. Inimitable. A quoi va bien pouvoir ressembler le remake hollywoodien déjà prévu avec l'inévitable Leonardo DiCaprio ? La réponse ne m'intéresse même pas, en fin de compte, je préfère acheter le DVD et revoir ce petit chef d'œuvre. En espérant que ce n'était pas un one-shot, et qu'un cinéaste est né (une histoire, invérifiable, venant de Cannes, veut que Na Hong-jin n'avait pas encore été diplômé de son école de cinéma quand il a terminé The Chaser).
9/10
15:27 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, na hong-jin, kim yoon-seok, ha jeong-woo

