18 mai 2007
Spider-Man 3

Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse... Le proverbe s'applique bien aux trilogies de super-héros : Batman, X-Men, et à présent Spider-Man. L'épisode de trop ? Oui, mais pas pour les mêmes raisons que ses prédécesseurs, pour lesquels le capitaine (respectivement, les réalisateurs Tim Burton et Bryan Singer) s'était vu remplacé par un faiseur de nanars (respectivement, Joel Schumacher et Brett Ratner). Pour Spider-Man 3, Sam Raimi est resté aux commandes, donc le naufrage est évité, mais ce troisème opus est victime d'une tendance lourde : le trop est l'ennemi du bien. Résultat, le dernier (?) volet de Spider-Man est un gros objet boursouflé malgré d'indéniables qualités.
Long, beaucoup trop long : ce film de 2h20 propose des scènes hélas bien lâches entre elles, au parfum désagréable de passages obligés, à cause d'un scénario qui tente de caser trop d'arcs pour qu'ils soient explorés tous avec assez de profondeur. Spider-Man / Peter Parker a tout un tas de soucis sur le dos : Harry Osborn veut toujours le tuer, une météorite avec une matière vivante inquiétante tombe du ciel, le meurtrier de son oncle s'évade et devient un mutant qui veut tout détruire, Mary Jane se fait virer de sa première comédie musicale et redevient serveuse, et enfin on tente de lui prendre sa place de photographe reporter au journal !
La force des deux premiers volets de Spider-Man tenait dans l'illustration d'une thématique bien précise : découverte des super-pouvoirs, puis réflexion sur la responsabilité de leur usage, avec le lot de sacrifices qui vont avec. Dans Spider-Man 3, on sent bien que Sam Raimi est toujours très intéressé par l'exploration de la personnalité du héros. L'artifice d'une matière vivante venue de l'espace décuplant le côté sombre de Parker était un matériau de premier ordre. Hélas, cette piste n'est que survolée (et tant pis pour la promesse alléchante figurant sur l'affiche même), même si elle donne lieu à des scènes parmi les plus réjouissantes du film (celle de la danse dans le pub).
Pression des producteurs ? Spider-Man 3 perd l'originalité des épisodes précédents, qui limitaient l'action pour mieux la mettre en valeur quand elle arrivait pour des scènes anthologiques. Cette fois, de l'action estampillée blockbuster pur jus, il y en a pléthore, au point de la vider de tout caractère dramatique malgré le talent toujours époustouflant de mise en scène de Raimi. C'est ce qu'on appelle gâcher son talent... Les amateurs de cinéma pop-corn n'ont que faire des étâts d'âme de Peter Parker ? Pas de problème, les vannes à cascades et effets spéciaux sont ouvertes. Et visiblement, ça marche ! CQFD.
6/10
18:47 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Cinéma

