12 novembre 2009
The Flaming Lips, Ancienne Belgique, 09/11/2009

The Flaming Lips de retour en Europe à l'occasion de la sortie de leur 12e album ? Impossible de rater cela, tant leur concert d'avril 2006 au Bataclan reste pour moi un benchmark de l'euphorie que peut provoquer un groupe sur scène. Les Lips ne jouant pas en headlining à Paris sur cette tournée (ils ont fait la première partie de Coldplay au Parc des Princes en septembre), direction Bruxelles pour prendre sa dose de ce groupe addictif.

Si un show des Flaming Lips tient du rituel (bon nombre de gimmicks sont totalement incontournables et relèvent désormais pratiquement du culte), Wayne Coyne reste un des artistes les plus créatifs de la planète. De l'audace, encore et toujours : avec un nouvel album intitulé Embryonic (qui rompt fortement avec l'orientation musicale des trois précédents albums), le groupe se paye le culot d'illustrer ce titre en arrivant sur scène par l'irruption littérale hors d'une matrice féminine projetée sur leur écran géant. Wayne en profite pour s'enfermer dans sa bulle en plastique géante qui se gonfle sous nos yeux, et c'est parti pour une introduction instrumentale pendant laquelle Wayne vient dire bonjour au public en lui surfant dessus. Effet garanti !

Une fois Wayne revenu sur scène, les Lips placent tout de suite la barre très haut en attaquant par le classique et énergique Race For The Prize, et déclenchent immédiatement l'euphorie avec les machines à confettis, et à serpentins, des dizaines de ballons géants, et l'ambiance inénarrable régnant sur scène avec les fans déguisés de chaque côté de la scène. Le concert est commencé depuis quelques minutes, et c'est déjà totalement surréaliste !

Néanmoins, les Lips, ce n'est pas le cirque ; si les concerts du groupe sont unanimement salués par la critique et par le public dans le monde entier, c'est bien parce qu'à la base, les Lips œuvrent dans un rock indé aux arrangements complexes et psychédéliques, et aux paroles parfois délirantes mais souvent graves. Wayne Coyne sait mieux que quiconque comment faire passer aux spectateurs un moment inoubliable tout en sachant faire passer l'émotion et des messages, avec subtilité, au bon moment. Les nombreuses idées de mise en scène ne sont qu'une façon de rendre le public hyper réceptif et totalement en phase avec leur musique de grande qualité. C'est probablement ce qui explique l'effet euphorisant et parfois hypnotique d'un concert des Lips.
Embryonic, le nouvel album, prend d'ailleurs tout son sens sur scène. Expérimental, l'album l'est assurément, et peut se révéler difficile d'accès au néophyte. Néanmoins, sur scène, c'est grandiose, et on en vient presque à regretter qu'ils n'en jouent que cinq titres (et encore, I Can Be A Frog fut improvisée, un spectateur ayant crié ce titre pour l'obtenir !). Il est remarquable de constater que malgré leurs arrangements complexes sur disque, les chansons des Lips ne perdent aucunement de leur force sur scène (et sans aucune utilisation de samples !), preuve de la qualité intrinsèque de leurs mélodies.

On peut nourrir un seul regret, c'est la durée d'1h40 "seulement" du concert, mais mieux vaut finalement un concert d'une telle intensité et sans aucun temps mort que prendre le risque d'une dilution sur une durée plus longue. Il faudrait néanmoins que le groupe tourne plus souvent en Europe afin de pouvoir reprendre sa dose sans avoir à attendre plus de trois ans !
Setlist:
Intro (Spaceball)
Race For The Prize
Silver Trembling Hands
The Yeah Yeah Yeah Song
Fight Test
Convinced Of The Hex
Evil
I Can Be a Frog
See the Leaves
Yoshimi Battles the Pink Robots
Pompeii Am Götterdämmerung
The W.A.N.D.
She Don't Use Jelly
Rappel:
Do You Realize??
12:49 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : concert, the flaming lips, ancienne belgique
11 novembre 2009
The Box

"Son tout premier long métrage, Donnie Darko, a acquis avec les années le statut privilégié de film culte. Son second, Southland Tales, divisait davantage la critique mais confirmait que nous étions face à une personnalité de réalisateur hors normes. Avec The Box, Richard Kelly quitte les tourments adolescents mais confirme plus que jamais son refus d'entrer dans le moule hollywoodien. L'histoire s'inspire de la nouvelle Le Jeu du Bouton de Richard Matheson, un récit bref et minimaliste écrit par l'auteur en 1970 et qui avait déjà fait l'objet d'un épisode de La Quatrième Dimension en 1986. S'essayant pour la première fois à adapter l'histoire d'un autre, Richard Kelly l'extrapole pour en tirer une fable émouvante et apocalyptique portant plus que jamais sa marque, et signe par là même son film le plus adulte.
Virginie, 1976. Quelques années après les premiers pas de l'homme sur la Lune, l'être humain a les yeux tournés vers le ciel, rêve de conquête de l'espace et ambitionne de percer les mystères de la planète Mars, tandis que la littérature de science-fiction se penche sur les problèmes de nos sociétés. Un contexte qui participe pleinement à conférer à The Box une tonalité métaphysique alors même que l'histoire nous plonge d'emblée dans le quotidien banal de ses deux personnages principaux, Norma (Cameron Diaz) et Arthur Lewis (James Marsden), dont l'écriture s'inspire tout à la fois des personnages de la nouvelle et des propres parents du cinéaste (son père a effectivement travaillé pour la NASA sur un projet d'exploration de la planète rouge).
Si le film conserve le principe de la nouvelle d'origine, à savoir l'apparition dans la vie du couple d'une boîte au pouvoir effrayant, celui de procurer un million de dollars en échange de la vie d'un inconnu, l'adaptation à proprement parler ne fait l'objet que d'un premier acte. Dans les deux qui suivent, Richard Kelly se réapproprie le matériau d'origine pour en creuser le sens, révèle les richesses du récit énigmatique de Matheson à travers le prisme de ses thématiques personnelles. The Box installe un véritable mystère qui ne dévoile ses cartes qu'au compte-gouttes, distillant d'abord quelques fausses notes dans le quotidien des Lewis pour glisser vers la science-fiction pure et évoluer vers une émouvante quête de rédemption".
Jusque là, je n'aurais pas eu un seul mot à changer à la critique du film parue sur FilmsActu.com. Seulement, c'est bien ce glissement du scénario vers la science-fiction que j'ai personnellement fortement regretté, le talent de Kelly pouvant totalement s'affranchir de ce type de recours.
En effet, en convoquant des explications de genre, Kelly efface considérablement le charme et la fascination du mystère et des non-dits installés dans la première heure du film. On perd alors évidemment beaucoup de poésie ou de surréalisme, alors qu'il y réussit des scènes d'une puissance proche de Lynch, voire de Kubrick.
Néanmoins cette adaptation de la nouvelle de Matheson confirme que Kelly est vraiment un metteur en scène atypique, et foncièrement doué, si bien qu'on ne s'ennuie guère. Dès les premiers plans, on comprend qu'on est face à un travail d'orfèvre d'un niveau vraiment rarissime. Il y a même de quoi être surpris de ce qu'il a réussi à obtenir d'une actrice plutôt fade comme Cameron Diaz, qui apporte ici gravité et émotion.
Richard Kelly devrait peut-être laisser l'écriture de ses scénarios à un autre. Ici, The Box ouvre des perspectives relativement vertigineuses, mais inabouties, et c'est fortement fustrant. En attendant son prochain film, on reverra encore et toujours Donnie Darko, œuvre jalon des années 2000, toujours au top 250 d'IMDb.
8/10
18:10 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, richard kelly, cameron diaz, james marsden, frank langella

